La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
À l'affiche

"Luminescences", exposition des peintures d'Emmanuelle Amsellem - 11/03/2018

Depuis le 27 février et jusqu'au 14 mars, la peintre Emmanuelle Amsellem expose à Paris ses toiles magnifiques, qui témoignent d'une réinvention du néo-impressionnisme se fondant sur l'abstraction. Une expérience sensorielle et quasi mystique à ne pas manquer. Notons d'abord qu‘aucune photographie ne peut rendre justice à l'art d'Emmanuelle Amsellem (et donc malheureusement pas non plus celles...  

"Pierre et le loup" chez Tim Burton… - 28/10/2017

Le conte musical de Prokofiev aura bercé des générations d'enfants et amené nombre d'entre eux à aborder, tout en douceur, le continent parfois intimidant de la musique classique. Au départ, une idée aussi simple que géniale : personnaliser chaque rôle par un instrument. Le hautbois, le basson, les cors restent ainsi inséparables du canard, du grand-père et du loup. Autre atout précieux de cette...  

● Avignon Off 2017 ● "Le jour où j'ai rencontré Franz Liszt" de et avec Pascal Amoyel - 05/07/2017

De retour à Avignon après son bouleversant "Pianiste aux 50 doigts", le pianiste Pascal Amoyel nous embarque dans une épopée fantastique à la rencontre de celui qui fut la première "Star" de l'histoire. Virtuose adulé, inventeur du récital, séducteur aux mille conquêtes et fervent croyant, c'est peu dire que la vie de Franz Liszt est un roman ! C'est avec son regard émerveillé d'enfant que Pascal...  

● Avignon Off 2017 ● "Charb/Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes" - 04/07/2017

Le Théâtre K et Charlie Hebdo organisent cinq soirées événements autour du livre posthume de Charb, "Lettre aux escrocs de l’Islamophobie qui font le jeu des racistes". Alors que l’hebdomadaire fêtera ses 25 ans, Gérald Dumont, auteur et metteur en scène , présentera une lecture "irresponsable", mêlant musiques et vidéos, de ce texte finalisé deux jours avant le 7 janvier 2015. "Cette mise au...  

● Avignon Off 2017 ● "Le Quatrième Mur", Julien Bleitrach questionne la place du théâtre en temps de guerre - 03/07/2017

"La guerre est folie. La paix doit l'être aussi. Tu vas monter Antigone à Beyrouth, Georges." Seul en scène, le comédien Julien Bleitrach joue pour la première fois "Le Quatrième Mur", adapté du roman de Sorj Chalandon (grand reporter et écrivain français), publié en 2013 et lauréat du prix Goncourt des Lycéens. Une histoire sublime et déroutante sur une tentative qui donne le vertige - monter...  

● Avignon Off 2017 ● "Une cosmonaute est un souci dans notre galaxie" par L'Embellie Cie - 30/06/2017

"Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?" Pourquoi la petite fille ne déclare-t-elle jamais qu'elle veut devenir astronaute, pompière ou chauffeuse d'autobus ? Chacun sa place, pardi ! Place réservée ! Les places sont chères, ancestrales surtout. On change de place ? Axelle, 10 ans, se rêve cosmonaute. À l'image de Von Braun, père du programme Apollo, elle rejoint le club fusée. Mais Axelle est...  

● Avignon Off 2017 ● "Au bout du rouleau" de et par Gérard Dubouche et Didier Landucci - 30/06/2017

Un huis-clos captivant et divertissant qui aborde de façon originale des sujets de société et l'engagement citoyen inspiré du mouvement Colibris de Pierre Rabhi. C'est l'histoire d'une rencontre entre deux personnages, totalement opposés, dont les chemins n'auraient jamais dû se croiser. D'un côté, un grand patron, leader mondial du papier toilette, responsable de milliers d'emplois et investi...  

● Avignon Off 2017 ● "Scènes ordinères de nos vies débiles" par la Cie La clé des planches - 28/06/2017

Avant le monde était fou… Aujourd'hui, il est débile… Nos habitudes sont décortiquées avec un humour totalement hilarant et décapant par les auteurs de "Fuck OFF" et de "Train de Banlieue". Du comédien cabotinant au serveur vocal abrutissant, en passant par le sportif crétinisant ou la visite d'un 3m2 à 8 500 euros par mois (mais charges comprises), tout est passé au crible ou presque… De petites...  

● Avignon Off 2017 ● "JAZ" par la Compagnie La Camara Oscura - 28/06/2017

Avec "JAZ", Koffi Kwahulé nous conduit au coeur de ses intuitions et glisse vers le poème musical choc. "JAZ" est le récit d'un viol, où la parole devient un exutoire, l'acte nécessaire à une certaine forme de libération ; un chant tragique où toute la violence du monde vient frapper la beauté et l'innocence de l'être. Le chant de JAZ, c'est le corps musical qui bat de l'intérieur, une...  

● Avignon Off 2017 ● "Mission Neige" par la Compagnie Si & seulement La - 27/06/2017

Rien ne va plus, la neige a disparu ! On dit qu’il existe une horloge du temps, quelque part dans le monde. Une simple horloge qui permettrait aux saisons de débuter. On dit aussi que le printemps commencerait par le bourgeonnement des arbres et des fleurs, que le soleil amènerait l’été, que la pluie serait maître en automne et que Dame Neige serait en charge de lancer les premiers flocons de...  
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À découvrir

"Les femmes de la maison" L'épopée des luttes féminines sous le prisme d'une maison très spéciale

Voici la dernière pièce de Pauline Sales (écriture et mise en scène) qui a été présentée au Théâtre Paul Scarron du Mans devant un public professionnel restreint. Un privilège que d'assister à cette histoire que l'on sent chevillée au corps de sa créatrice. Il y est question de femmes artistes. Question également des femmes non artistes. Question de la liberté que les femmes ont peu à peu conquis depuis bientôt un siècle. Arrachant bribe après bribe le droit d'agir, de s'exprimer, le droit sur leur corps, leur sexualité, leurs choix. Et trouver enfin la puissance pour se détacher du diktat masculin si bien bétonné.

© Jean-Louis Fernandez.
L'histoire des "femmes de la maison" commence dans les années cinquante et se termine de nos jours. Elle va mettre en jeu une dizaine de personnages féminins sur trois périodes symboliques : les années cinquante, les années soixante-dix et 2022. Pour cela, Pauline Sales invente une maison qui sera le moyen de traverser le temps et l'espace. Cette maison est celle de Joris, un amoureux, par ailleurs cinéaste militant contre les méfaits des guerres. Il achète cette maison par amour pour une photographe, l'amour s'en va, il ne sait qu'en faire, alors il la prête à des artistes. Le hasard veut au départ que ce ne soit que des femmes - peintres, poètes, sculptrices… et cela se transforme en règle : seules des femmes artistes pourront venir un temps pour créer ici.

Première période, maison fermée entourée de bois. C'est l'après-guerre et l'artiste que Joris installe dans la maison dessine. Dessine en mode combat contre elle-même. Contre la pensée que chez elle, son mari, sa fille sont là comme une destinée de femme au foyer qu'elle refuse. Combat contre le mal que cela peut faire.

Bruno Fougniès
25/08/2021
Spectacle à la Une

"Marilyn Inside" Dévoiler Marilyn pour tenter de retrouver l'intimité secrète de Norma Jean

Qui était-elle, réellement ? Être dual, aux structures intimes complexes, celles d'une âme en quête de sérénité, de sincérité. D'un côté Marilyn, sex-symbol fabriqué par le cinéma hollywoodien des années cinquante, ou Norma Jeane, femme-enfant à la vie chaotique, ballotée entre une mère atteinte de troubles psychologiques graves et les placements dans de multiples familles d'accueil. Confrontation ou rencontre imaginaire entre ces deux fantômes, souvenirs de ces deux réalités successives, tentative de traversée du miroir, c'est ce que nous propose l'étonnant et réussi "Marylin Inside".

© Clarisse Bianco.
Incarnation féminine idéalisée jusqu'à en devenir une icône planétaire, tempête sensuelle à la robe blanche virevoltante, blonde écervelée à la jeunesse intemporelle… Elle fut tout cela tout en restant une femme mystérieuse, secrète que seules la captation de regards fugaces, la perception de fragiles coups d'œil éphémères laissaient deviner. Actrice quasi vénérée malgré ses extravagances conjugales, ses dépressions et, parfois, ses excès de consommation d'alcool et/ou de médicaments, elle était à la fois saisissante et insaisissable.

L'auteure, Céline Barcaroli, nous propose une traversée intérieure dans la dualité d'une femme publique où se confronte et se rencontre les deux faces de celle qui bouleversa à jamais la représentation cinématographique féminine - registre "blonde incendiaire" - tout en exposant involontairement, puis volontairement, ce que peuvent être les fragilités et les failles d'un être sublimé. Son propos, fondé sur du réel, nous emporte dans le fictionnel pour effleurer, parfois approcher, ce qu'ont pu être les mystères, les fêlures indicibles, les tourments naissant d'une continuelle et insatiable quête d'amour.

Gil Chauveau
01/10/2021
Spectacle à la Une

"L'âne et la carotte"… Siège de chaises !

Dans un spectacle qui mêle l'humour à la réflexion, Lucho Smit se livre à une série de numéros circassiens où, autour d'un récit, l'artiste raconte ses doutes, sa vision du monde et celle du cirque.

© František Ortmann - Letní Letná.
L'un des nombreux attraits du nouveau cirque, nommé aussi cirque contemporain, est sa capacité à surprendre et à faire découvrir aux spectateurs des arts de la scène aussi différents que du théâtre, de la chanson et/ou de la musique en plus des acrobaties. Le décor est aussi très important. Dans "L'âne & la carotte", le plateau découvre une colonne de chaises, ce dernier élément étant la matrice même de la scénographie. Ionesco aurait pu se retrouver dans celle-ci où leur amoncellement tient lieu d'œuvres de construction.

Lucho Smit tient l'équilibre pour un art, mais aussi pour une compagne du déséquilibre, les deux sont sœurs d'armes à chaque instant dans sa création. Cela démarre en trombe dans une course sur des chaises où celles-ci s'écroulent bien que l'artiste finisse assis sur la dernière de la rangée. Ce pourrait être le résumé de la représentation. Tout est en équilibre au travers des déséquilibres et s'il ne devait en restait qu'un, ce serait une et elle aurait quatre pieds et un dossier.

La voix off de Lucho Smit accompagne le spectacle pour raconter ses états d'âme, sa vision du monde et du cirque. On peut aimer cette narration comme en être agacé. J'ai eu les deux sentiments, agacé au début puis intéressé par le récit à la fin avec quelques longueurs toutefois. Les choses sont dites avec humour, même si ce n'est pas là où il excelle le plus, l'acrobatie du trait d'esprit n'étant pas celui du corps.

Safidin Alouache
05/10/2021