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Festivals

38e édition de Mimos, festival des arts du geste de Périgueux, une version 2021 majoritairement en plein air

Créé en 1983 par Ginette et Paul Tellier, Mimos est devenu au fil de ses 37 éditions l'un des plus grands festivals des arts du mime et du geste d'Europe… et le seul qui défend cette esthétique en France. Chaque année, il s'efforce de refléter la diversité de ces expressions artistiques qui reposent sur le corps : mime, théâtre gestuel, performance corporelle, danse, cirque, théâtre d'objets, marionnettes. Composé d'un In et d'un Off, il s'adresse à toutes et à tous, petits et grands, professionnels et amateurs.



"MIO" par le Spina Theatre © Maud Dréano.
"MIO" par le Spina Theatre © Maud Dréano.
Mimos a connu de nombreux grands moments, nous offrant de belles, d'étonnantes et de spectaculaires aventures artistiques, toutes les éditions ayant été riches en spectacles de qualité et vécues avec plaisir par les Périgourdins, les fidèles spectateurs venant de toute la France - et parfois de l'étranger -, mais jamais celle de cette année n'aura été autant espérée, attendue, après la difficile période que nous venons de vivre… et qui n'est malheureusement pas totalement finie.

Les responsables du festival ont donc choisi, dans ce contexte si particulier, de proposer une édition majoritairement en plein air, pour avancer le plus sereinement possible avec l'équipe de L'Odyssée et les compagnies invitées. Dans ce cadre-là, Mimos poursuit sa mise en lumière des arts du geste dans leur diversité et interroge l'évolution du mime dans le paysage scénique en se ressourçant auprès des esthétiques novatrices et contemporaines, irriguées par des formes allant de la performance à la marionnette, en passant par le clown, masqué ou démasqué. Cette édition se veut également revitalisante et particulièrement ouverte aux artistes émergents.

"White out" par Piergiorgio Milano © Andrea Macchia.
"White out" par Piergiorgio Milano © Andrea Macchia.
Elle s'inscrit aussi clairement dans le cœur de ville afin d'ancrer plus profondément le festival au sein du territoire dans lequel il se déploie. Dans ce sens, invitation a été faite à plusieurs artistes pour des performances dans l'espace public ou des créations in situ à imaginer selon les lieux. 2021 initie donc une transformation en profondeur, et en douceur, de l'histoire écrite depuis près de quarante ans. L'objectif est de consacrer Périgueux comme cité emblématique des esthétiques des arts du geste… une manière de créer pour demain, dans cette "capitale" de la Dordogne, un foyer créatif vivant, pensant… et toujours plus sensibles aux vibrations émises par l'imaginaire artistique.

Clownstrum" par Munstrum Theatre © Darek Szuster.
Clownstrum" par Munstrum Theatre © Darek Szuster.
Compagnies et spectacles du IN 2021
Henri Devier - Melkior Théâtre • "Wilden Monument" - France (24).
Cie Les Attentifs • "Désobérire" - France (68).
Cie So • "Mon infinie solitude" - France (24).
Ludor Citrik • "Qui sommes-je ?" - France (24).
Fabrizio Solinas • "Little garden" - Italie.
Pierre Guillois & Olivier Martin-Salvan • "Les gros patinent bien" - France (29).
Cie Focus & Cie Chaliwaté • "Dimanche" - Belgique.
Cie Paon dans le ciment • "Hune" - France (24).
Gilles Viandier • "Street Pantone" - France (04).
Piergiorgio Milano • "White out" - Belgique/Italie.
Cie Troisième Génération • "Manifeste pratique pour un décloisonnement des arts du mime" - France (24).
Munstrum Theatre • "Clownstrum" - France (67).
Silvano Volto & Spina Theatre • "MIO" - Italie/France (69).
Cie La Pendue • "Poli dégaine" - France (38).
Cie La Pendue • "Tria fata" - France (38).
ESNAM (École Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette) • "Solos" - France (08).

"Hune" par la Cie Paon dans le ciment © Stéphane Klein – Sud-Ouest.
"Hune" par la Cie Paon dans le ciment © Stéphane Klein – Sud-Ouest.
Le festival Mimos, c'est aussi le OFF avec dix compagnies sélectionnées, la 2e Académie d'été des Arts du Geste, trois stages pour enfants, un workshop avec des enfants autour du spectacle "MIO", deux master class, des trainings corporels, une librairie éphémère, des siestes-lectures, trois expos…

Festival Mimos
Du 7 au 10 juillet 2021.
Renseignements : L'Odyssée, Esplanade Robert Badinter - 24000 Périgueux
Tél : 05 53 53 18 71.
>> Billetterie en ligne
billetterie.mimos@odyssee.perigueux.fr
Mimos est accessible aux personnes sourdes ou malentendantes ; un matériel sonore est à disposition (avec le soutien du Fonds d'accessibilité de la DRAC Nouvelle-Aquitaine et de l'association Accès Culture).

"Les gros patinent bien" par Pierre Guillois & Olivier Martin-Salvan © Xavier Cantat.
"Les gros patinent bien" par Pierre Guillois & Olivier Martin-Salvan © Xavier Cantat.

Gil Chauveau
Jeudi 1 Juillet 2021

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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022