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À l'affiche

● Avignon Off 2016 ● "À plates coutures"

Un combat, une révolte, une prise de conscience ou une révélation, un peu tout cela à la fois pour un groupe d'ouvrières des ateliers textiles Lejaby qui, en 2010, ont commencé le combat pour sauvegarder leurs emplois.



© Xavier Cantat.
© Xavier Cantat.
Quatre comédiennes et un musicien prêteront leur corps et leur voix aux hommes et aux femmes de cette histoire faite de résistance. À la suite d'un collectage de paroles dans différents sites d’ateliers de lingerie, Claudine Van Beneden (metteur en scène et comédienne: "Qu'est-ce qu'on attend", "Darling") a confié ce matériau à l'autrice Carole Thibaut pour que ces mots deviennent un texte de théâtre sur le monde ouvrier au féminin.

Mais ici pas de misérabilisme, pathos ou regard défaitiste, non bien au contraire, elles sont fortes, parfois émouvantes et souvent drôles. La musique entre en scène. Bruit de moteurs, de chaîne de montage ou autres presses à tissu. La création de Simon Chomel reprendra comme pour le texte une partie des bandes sonores enregistrées sur site et des créations originales à la guitare électrique.

Ici on fabrique du rêve, du glam, du sensuel et du charnel. On chante à la gloire de la femme au travail sur des parodies de chansons, on vit tout simplement.

Ce qui nous intéresse c’est ce que ça raconte de nos humanités et de nos vies dans ces sociétés que nous continuons à coudre malgré tout, jours après jours.

"À plates coutures"

Inspiré du combat des ouvrières Lejaby.
Théâtre musical.
Texte : Carole Thibaut.
Mise en scène : Claudine Van Beneden, assistée de Raphaël Fernandez.
Avec : Claudine Van Beneden, Angeline Bouille, Chantal Peninon, Barbara Galtier et Simon Chomel.
Musique : Simon Chomel.
Scénographie : Sophie Toussaint.
Conseil en chorégraphie : Yann Raballand.
Lumières : Clémentine Gaud.
Son : Magali Burdin.
Cie Nosferatu.
Durée : 1 h 20.

● Avignon Off 2016 ●
Du 7 au 30 juillet 2016.
Espace Roseau Tenturiers,
45, rue des Teinturiers.
Tous les jours à 12 h 45.
Tél. : 04 90 03 28 75.

Diffusion :
La BC Jérôme Sonigo, 06 87 28 36 78.

Annonce
Dimanche 3 Juillet 2016

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© Laurence Guenoun.
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Isabelle Lauriou
05/02/2021
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"Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins

L'ombre fantomatique du vieux Roi légendaire n'est pas prête à laisser en paix les générations qui se suivent, tant les interrogations posées par William Shakespeare sont d'une historicité atemporelle. Désirs de pouvoir et de sexe intimement reliés l'un à l'autre pour les rendre consanguins, trahison et fidélité à un moi idéal déposé en soi par les vœux des pères, guerres des sexes et guerres intestines ou intracommunautaires se recouvrant à l'envi, ce magma incandescent parle en nous comme une matière en fusion à jamais constitutive de l'humain.

© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.

Yves Kafka
15/01/2021
Sortie à la Une

J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

Rébecca Dereims, Comédienne
19/02/2021