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● Avignon Off 2021 ● Hommes Par la Compagnie du Soleil Noir

Qu'est-ce qu'un homme ? Un dominant viril et déterminé comme on en voit partout à la télé ? Ou une pluralité d'individus avec des doutes, des interrogations, des craintes, qui doivent sans cesse se comparer à cet idéal de virilité auquel ils ne ressemblent pas ?



© DR.
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"Hommes" est un seul en scène drôle et tendre qui présente sept personnages masculins à différents âges : un petit garçon qui ne comprend pas, un adolescent qui se cherche, un jeune adulte qui se sent seul, un homme qui se chagrine d'amour, un père qui a peur, un homme qui veut (re)vivre, un vieux qui n'est pas si con que ça.

On rencontre ces personnages à des moments charnières qui bouleversent leur vie d'hommes : la conscience de son genre, la découverte de la sexualité ou encore l'apprentissage de la paternité. On découvre leurs façons d'être hommes et comment ils se construisent ou se sont construits. Tous, à leur manière, sont confrontés et s'interrogent sur les stéréotypes qui définissent comment ils devraient être et se comporter pour être des hommes.

Peut-être à la fin du spectacle pourra-t-on affirmer : on ne naît pas homme, on le devient. Et s'interroger sur nos manières de construire et de parler des masculinités.

Le comédien, Wilhem Frénée, a reçu le 1er prix d'interprétation masculine au Festival de Bougival en octobre 2020 pour le rôle de Mercutio dans "Roméo et Juliette" mis en scène par Amal Nakkache. En 2017, il est diplômé de l'école de théâtre parisienne Les Ateliers du Sudden (renommée depuis Les Cours Acquaviva) dirigée par Raymond Acquaviva.

© DR.
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Texte : Laëtitia Leroy.
Mise en scène : Laëtitia Leroy.
Avec : Wilhem Frénée.
Réalisation sonore : Alexandra Vépierre.

● Avignon Off 2021 ●
Du 7 au 31 Juillet 2021.
Tous les jours à 11 h, relâche les 12, 19 et 26 juillet.
Théâtre La Petite Caserne, 119, rue de la Carreterie, Avignon.
Réservations : 04 90 86 85 79.
>> theatrelapetitecaserne.fr

>> Réservation en ligne

Annonce
Mercredi 23 Juin 2021

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Dead Can Dance : "Les morts peuvent danser" ! Beauté, Lisa Gerrard est ma chanteuse préférée… J'ai assisté à la représentation de "Cendres sur les mains" sans avoir pris le temps de me renseigner. Bien m'en a pris ! Par les temps qui courent, j'aurais pu penser que ce spectacle allait ajouter au blues de la saison et au retour des contaminations, encore un peu plus de dépression. Et non !

© Jon. D Photographie.
Ce que je retiens, c'est d'abord une voix, celle de Prisca Lona. Envoûtante et habitée. Comme celle de Lisa Gerrard que je cite plus haut et à qui, un temps, elle m'a fait penser. Prisca Lona, la silhouette fine, le costume taillé sur mesure et la beauté lumineuse rattrapée par la bougie dans une semi-obscurité. Une "survivante" revenue des morts… de la mort.

Puis, progressivement, le plateau s'ouvre et s'éclaire juste un peu plus devant nous. Des sacs portés par deux hommes. Un duo. Ils pourraient être frères tant leur ressemblance physique est frappante. Ils portent la même tenue, ils sont fossoyeurs. Ils transportent des corps et les entassent. Tous deux côtoient les cadavres, manipulent des bidons d'essence et se retrouvent dans une marée de cendres. Une mer d'horreur ! Ils font ce qu'on leur demande de faire sans aucun autre retour que de devoir appliquer sans broncher ce "travail" insoutenable, monstrueux qui va s'attaquer à leur propre corps et à leur âme.

Isabelle Lauriou
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© Frédéric Ferranti.
C'est là qu'entre en jeu la spécificité de la compagnie La Voltige et plus particulièrement celle de l'un de ses créateurs, Nicolas Bonneau. C'est un conteur, original moderne, dont les spectacles s'inscrivent en général dans notre époque, se sourçant au terroir ou à sa propre histoire (citons "Sortie d'usine", "Le combat du siècle", "Qui va garder les enfants ?" ou encore "Mes ancêtres les Gaulois" : tous extraits de notre époque, de notre réalité). "Monte-Cristo" dévie en apparence de ces inspirations. En apparence, car les thèmes qu'il développe et le monde dont il parle ne sont pas si éloignés des nôtres. En cette période trouble du début du XIXe siècle naissait le capitalisme qui nous berce toujours de ses rêves et de ses dévastations. "Il y a dans Le Comte de Monte-Cristo une pertinence philosophique et un esprit de revanche sur la naissance du capitalisme qui résonne avec notre monde actuel", dixit Nicolas Bonneau.

Voici pour le fond de l'histoire. Mais quand il s'agit de raconter cette épopée dantesque (oui, le héros s'appelle Edmond Dantès… mais rien à voir ?), qui mieux qu'un habile conteur comme Nicolas Bonneau pour prendre Edmond et la verve furieuse de Dumas à bras le corps et nous la faire vivre ? Toujours avec douceur, précautions, fluidité et surtout art du langage, c'est ainsi que procède ce conteur moderne, jamais dans l'intention d'imposer sa vision, mais toujours sur une intensité qui fait jaillir de ses mots les images. Ce qui ne l'empêche pas de jeter son habit de conteur dans l'ombre pour se glisser dans la peau de certains personnages, donnant la vie à certaines scènes.

Bruno Fougniès
05/05/2022
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© Thomas Faverjon.
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