"French cancan géant"… On avait beau être prévenu du côté bling bling de l'opération – "Avec en ligne de mire, établir le record mondial du plus grand nombre d'interprètes pour un french cancan géant, authentifié par le célèbre Guinness World Records" (cf. plaquette) – on est ressorti littéralement sidéré… Non par la magnificence annoncée de cet événement hors norme – organisé, faut-il le rappeler, dans le cadre de la Saison Cabaret initiée en 2025 par Rachida Dati, alors ministre et grande amie de la Culture (de perles) – mais plombé par cette forme d'un autre temps véhiculant à l'insu de son plein gré des valeurs à faire lever des bataillons de féministes, rejoints volontiers par toutes celles et ceux, iels y compris, ne pouvant souffrir de voir le corps humain, celui de la femme essentiellement, ainsi dupliqué, cloné à l'identique et instrumentalisé en objet standardisé de consommation.
Une Madame Loyale "cancaneuse" avait bien essayé de nous vendre la chose en l'enrobant dans un écrin enrubanné de références historiques… "le quadrille du Paris 1830… le Cabaret du Moulin-Rouge où, en 1889, est né le french cancan… danse par laquelle les femmes en levant très haut la jambe se sont affranchies des bonnes mœurs, etc. ". Ces propos, sentant un chouia la naphtaline, deviendront carrément irrespirables lorsqu'elle ajoutera, enthousiaste : "Le french cancan, symbole de l'émancipation féminine, a traversé les siècles sans prendre une ride"… Tant d'affirmations loufoques, alignées avec l'entrain qui leur sied, pourraient prêter sérieusement à rire si les enjeux n'étaient pas d'une autre nature.
Une Madame Loyale "cancaneuse" avait bien essayé de nous vendre la chose en l'enrobant dans un écrin enrubanné de références historiques… "le quadrille du Paris 1830… le Cabaret du Moulin-Rouge où, en 1889, est né le french cancan… danse par laquelle les femmes en levant très haut la jambe se sont affranchies des bonnes mœurs, etc. ". Ces propos, sentant un chouia la naphtaline, deviendront carrément irrespirables lorsqu'elle ajoutera, enthousiaste : "Le french cancan, symbole de l'émancipation féminine, a traversé les siècles sans prendre une ride"… Tant d'affirmations loufoques, alignées avec l'entrain qui leur sied, pourraient prêter sérieusement à rire si les enjeux n'étaient pas d'une autre nature.
En effet, tordre effrontément l'Histoire est déjà le signe d'un point de vue relevant de l'intox – qui, en 1889, pouvait ignorer que ces numéros d'exhibition systémique étaient conçus essentiellement par des hommes, pour le plaisir des hommes ? –, mais transposer ici et maintenant les vertus de ces chorégraphies datées questionne sur le projet assigné à la culture dans le monde actuel… Quelle femme du XXIᵉ siècle pourrait voir dans ces figures stéréotypées le moindre signe de liberté ? Considérer le jeté de jambe généreusement tendue à la verticale ou le fameux montré de la culotte bouffante avec son locataire se trémoussant à l'envi en guise de salut final, comme pièces d'un patrimoine à préserver, en dit long sur les arrière-pensées de la culture populiste et à l'objet-femme qui en constitue l'appât de choix.
Au moment même où le budget de la culture vient d'être réduit comme "peau de chagrin" (0,7 % du budget global de l'État, au lieu du 1 % précédent) mettant en réel péril la survie de nombreuses institutions culturelles et les arts vivants en général, ce choix démentiellement "coûteux" questionne… ou plus exactement prend tout son sens.
Au moment même où le budget de la culture vient d'être réduit comme "peau de chagrin" (0,7 % du budget global de l'État, au lieu du 1 % précédent) mettant en réel péril la survie de nombreuses institutions culturelles et les arts vivants en général, ce choix démentiellement "coûteux" questionne… ou plus exactement prend tout son sens.
"Gaza Ô ma joie" et "Poetria"… Deux propositions pour une même soirée poétique accueillies au Glob Théâtre, dont le nom seul résonne comme un écho au théâtre essentiel de Shakespeare. Ici, tout ne sera que volupté, y compris dans les plis d'une détresse transcendée par le désir de vivre… Une invitation au voyage abolissant les frontières, ces faiseuses d'exclusion, pour explorer la Méditerranée, la Mare Nostrum des anciens, non plus prise comme un tombeau liquide ensevelissant les cris des migrants, mais comme une source inépuisable d'énergie vivante.
"Gaza Ô ma joie" est en effet à entendre comme un prodigieux défi, celui de résister aux massacres systémiques des Gazaouis par la seule force de sa voix de poétesse prise dans les rets israéliens des "crimes de guerre" (expression authentifiée par l'ONU). Dressée comme le roseau de la fable, incarnation de la fragilité résiliente, Hend Jouda va égrener en arabe, sa langue, ses mots envoûtants. Face à un pupitre portant ses feuillets manuscrits, son regard reflète les heurs et malheurs de tout un peuple, le sien, qui même sous les décombres continuent à faire vivre l'espoir.
"Gaza Ô ma joie" est en effet à entendre comme un prodigieux défi, celui de résister aux massacres systémiques des Gazaouis par la seule force de sa voix de poétesse prise dans les rets israéliens des "crimes de guerre" (expression authentifiée par l'ONU). Dressée comme le roseau de la fable, incarnation de la fragilité résiliente, Hend Jouda va égrener en arabe, sa langue, ses mots envoûtants. Face à un pupitre portant ses feuillets manuscrits, son regard reflète les heurs et malheurs de tout un peuple, le sien, qui même sous les décombres continuent à faire vivre l'espoir.
"Jour de beauté ô monde… J'ai faim de mon humanité avant que ne me dévore le dernier missile", le ton d'emblée est donné. Suivra l'évocation des jours de miroirs brisés, des explosions de peur dessinant les contours floutés d'une civilisation humaine en voie de disparition. Surtout, maintenir la tête bien haute pour ne pas être ensevelie sous les gravats, se frayer des nouveaux chemins. Être une femme debout qui, dans son miroir, fait floraison de la débâcle du khôl… "Cendrillon a quitté Gaza, ses chaussettes tachées de l'ADN des oubliés. Aucun Prince ne viendra la sauver, tant les vieux contes sont des mensonges inventés pour recouvrir l'ignominie génocidaire. Jusqu'à la nuit qui se demande s'il y aura encore une place pour une nouvelle étoile"…
Que signifie être poète en temps de guerre ? Une question obsédante, renvoyant au titre auquel l'actualité confère statut d'oxymore. Car au milieu des arbres brûlés, des maisons éventrées et des enfants morts, comment ne pas avoir honte de sourire, de porter des vêtements propres, de disposer d'eau potable… d'être tout simplement encore en vie ? "Le désespoir est un pêcheur obstiné, je suis son poisson convoité", conclut-elle, bien vivante, fragile et forte face à nous public, bouleversé autant qu'elle par ses mots à fleur de peau.
Que signifie être poète en temps de guerre ? Une question obsédante, renvoyant au titre auquel l'actualité confère statut d'oxymore. Car au milieu des arbres brûlés, des maisons éventrées et des enfants morts, comment ne pas avoir honte de sourire, de porter des vêtements propres, de disposer d'eau potable… d'être tout simplement encore en vie ? "Le désespoir est un pêcheur obstiné, je suis son poisson convoité", conclut-elle, bien vivante, fragile et forte face à nous public, bouleversé autant qu'elle par ses mots à fleur de peau.
"Poetria" se glisse dans le sillon tracé pour proposer un voyage musical et poétique nous transportant sur les rivages de la Méditerranée. Revisitant les textes des poétesses qui y ont vécu, femmes de toutes les époques et de tous les pays, les performeuses musiciennes vont en leur prêtant voix leur redonner vie.
Au gré des représentations, Clio T, à la voix de soprano exhaussée par son piano acoustique, invite des complices animées par la même fibre sensible. Ensemble, le temps d'une soirée, elles vont improviser un paysage-monde, le même toujours différent. Ce soir, les voix de Waed Bouhassoun et de son oud aux sonorités chaudes, celle inspirée de Lina Bel Aïd et de son violoncelle, et celle envoûtante d'Isabelle Fruleux se mêleront à la sienne pour nous embarquer dans un voyage sonore aux effets hypnotiques rendus encore plus sensibles par de troublants éclairages sculptant l'espace gagné de fumerolles vaporeuses.
De leur voix parlée-chantée ensorcelante, elles égrèneront les paroles d'une pléiade de femmes poètes. À leur suite, on se retrouvera transporté en Mésopotamie, au Liban, en Sicile, ou encore sur les terres sauvages d'Andalousie pour sentir l'odeur du sol où poussent les palmiers, celle des orangers en fleurs ou se laisser bercer par le bruit incessant de la mer venant s'échouer sur le rivage… Des nappes d'images sonores et poétiques, déployées en chœur et avec la complicité du public, pour faire "entrer la lumière" dans des histoires non épargnées par le tragique qui les traverse.
◙ Yves Kafka
Spectacles vus le 30 septembre 2026 au Miroir d'eau et au Glob Théâtre de Bordeaux, dans le cadre de la 11ᵉ édition du FAB - Festival international des Arts de Bordeaux métropole.
Au gré des représentations, Clio T, à la voix de soprano exhaussée par son piano acoustique, invite des complices animées par la même fibre sensible. Ensemble, le temps d'une soirée, elles vont improviser un paysage-monde, le même toujours différent. Ce soir, les voix de Waed Bouhassoun et de son oud aux sonorités chaudes, celle inspirée de Lina Bel Aïd et de son violoncelle, et celle envoûtante d'Isabelle Fruleux se mêleront à la sienne pour nous embarquer dans un voyage sonore aux effets hypnotiques rendus encore plus sensibles par de troublants éclairages sculptant l'espace gagné de fumerolles vaporeuses.
De leur voix parlée-chantée ensorcelante, elles égrèneront les paroles d'une pléiade de femmes poètes. À leur suite, on se retrouvera transporté en Mésopotamie, au Liban, en Sicile, ou encore sur les terres sauvages d'Andalousie pour sentir l'odeur du sol où poussent les palmiers, celle des orangers en fleurs ou se laisser bercer par le bruit incessant de la mer venant s'échouer sur le rivage… Des nappes d'images sonores et poétiques, déployées en chœur et avec la complicité du public, pour faire "entrer la lumière" dans des histoires non épargnées par le tragique qui les traverse.
◙ Yves Kafka
Spectacles vus le 30 septembre 2026 au Miroir d'eau et au Glob Théâtre de Bordeaux, dans le cadre de la 11ᵉ édition du FAB - Festival international des Arts de Bordeaux métropole.
FAB 2026
"French cancan géant"
Création 2026, premières mondiales.
Organisé dans le cadre de la "Saison Cabaret", initiée et soutenue par le ministère de la Culture, ce spectacle rassemble les principaux cabarets de la région Nouvelle-Aquitaine : L'Ange Bleu (33), Le Bambino (24), Le Tapis Rouge (87), Le Navy Blue (64), Le Grain de Folie (33), Le Petit Paradis (47), Le Cabaret Gaillard (19), Le Domaine des Chais (17), La Castafiore (17) et 4 écoles de danse.
Représenté le mercredi 30 septembre 2026. "Prélude en cabaret" à 15 h et 17 h (durée : 20 minutes) sur La Place de la Bourse et "French cancan géant" à 15 h 30 et 17 h 30 (durée : 5 minutes) sur Le Miroir d'eau.
Création 2026, premières mondiales.
Organisé dans le cadre de la "Saison Cabaret", initiée et soutenue par le ministère de la Culture, ce spectacle rassemble les principaux cabarets de la région Nouvelle-Aquitaine : L'Ange Bleu (33), Le Bambino (24), Le Tapis Rouge (87), Le Navy Blue (64), Le Grain de Folie (33), Le Petit Paradis (47), Le Cabaret Gaillard (19), Le Domaine des Chais (17), La Castafiore (17) et 4 écoles de danse.
Représenté le mercredi 30 septembre 2026. "Prélude en cabaret" à 15 h et 17 h (durée : 20 minutes) sur La Place de la Bourse et "French cancan géant" à 15 h 30 et 17 h 30 (durée : 5 minutes) sur Le Miroir d'eau.
"Gaza Ô ma joie"
Hend Jouda - Palestine.
Spectacle avec le soutien de l'Institut français dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026.
Spectacle en arabe, surtitré en français.
Poèmes extraits de "Gaza ô ma joie", éditions Héros Limite, Genève, 2025.
Poétesse et interprète : Hend Jouda.
Direction artistique : Henri Jules Julien.
Son, lumière : Zouheir Atbane.
Durée : 50 minutes.
Représenté le 30 septembre 2026 à 20 h au Glob Théâtre de Bordeaux.
Tournée
3 avril 2027 : La Manufacture + Salon du livre d'ailleurs, Nancy (54).
10 avril 2027 : La Filature, Mulhouse (68).
12avril 2027 : Théâtre du Jura, Delémont (28).
14 avril 2027 : Mixt + Maison Poésie, Nantes (44).
"Poetria"
Cleo T. et invitées - Nouvelle Aquitaine.
Spectacle avec le soutien de l'Institut français dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026.
Conception, direction, interprétation (piano et voix) : Cleo T.
Oud, voix : Waed Bouhassoun.
Voix : Isabelle Fruleux.
Violoncelle, voix : Lina Bel Aïd.
Durée : 1 h.
Représenté le 30 septembre 2026 à 21 h au Glob Théâtre de Bordeaux.
FAB - 11ᵉ Festival International des Arts de Bordeaux Métropole.
Du 26 septembre au 10 octobre 2026.
9, rue des Capérans, Bordeaux (33).
>> fab.festivalbordeaux.com
Hend Jouda - Palestine.
Spectacle avec le soutien de l'Institut français dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026.
Spectacle en arabe, surtitré en français.
Poèmes extraits de "Gaza ô ma joie", éditions Héros Limite, Genève, 2025.
Poétesse et interprète : Hend Jouda.
Direction artistique : Henri Jules Julien.
Son, lumière : Zouheir Atbane.
Durée : 50 minutes.
Représenté le 30 septembre 2026 à 20 h au Glob Théâtre de Bordeaux.
Tournée
3 avril 2027 : La Manufacture + Salon du livre d'ailleurs, Nancy (54).
10 avril 2027 : La Filature, Mulhouse (68).
12avril 2027 : Théâtre du Jura, Delémont (28).
14 avril 2027 : Mixt + Maison Poésie, Nantes (44).
"Poetria"
Cleo T. et invitées - Nouvelle Aquitaine.
Spectacle avec le soutien de l'Institut français dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026.
Conception, direction, interprétation (piano et voix) : Cleo T.
Oud, voix : Waed Bouhassoun.
Voix : Isabelle Fruleux.
Violoncelle, voix : Lina Bel Aïd.
Durée : 1 h.
Représenté le 30 septembre 2026 à 21 h au Glob Théâtre de Bordeaux.
FAB - 11ᵉ Festival International des Arts de Bordeaux Métropole.
Du 26 septembre au 10 octobre 2026.
9, rue des Capérans, Bordeaux (33).
>> fab.festivalbordeaux.com



























