"La terre s'en va sous nos pieds" réunit deux compagnies, le Collectif libanais Kahraba et la Cie Basingua basée dans le Gard, animées l'une et l'autre au-delà de leur grammaire différente par l'ardent désir de créer des liens forts contrebalançant la fragmentation (au propre comme au figuré) de notre humanité mise à mal… La quarantaine "d'habitantes et d'habitants" bénévoles faisant corps avec les artistes prennent possession de l'esplanade écrasée de soleil en ce samedi de début octobre. À pas ralentis, dévisageant les spectateurs pour les inclure dans leur histoire, ils déclinent leur prénom accompagné de mots qui parlent – "je suis d'ici et j'aime l'ailleurs", "j'habite ici et mes enfants sont nomades", "dans le village de ma grand-mère, toutes les maisons sont blanches" – des mots qui s'agglutinent les uns aux autres pour faire communauté.
Au micro, on nous parle d'une maison construite d'argile et de paille, de la chaux enduisant de blanc les murs au toit rehaussé pour accueillir les hirondelles, chacune hébergeant l'âme d'un défunt. Alors, habitantes et habitants pris dans le même élan dansent, portant à bout de bras leurs maisons miniatures faites de papier dentelle virevoltant joyeusement dans l'air. Une grand-mère marionnette rejoint le groupe en liesse, célébrant son retour parmi eux par un festin où la pastèque – symbole de la résistance palestinienne – occupe une place de choix au milieu des musiques de fête… jusqu'à ce que retentissent des sirènes hurlantes entraînant la fuite éperdue d'hommes et de femmes emportant avec eux ce qui reste de leurs maisons détruites. Une voix commente : "Quatre-vingts villages détruits au sud du Liban". Suit la litanie de leur nom accompagnée du son plaintif d'un archet sur un triangle de fer.
Au micro, on nous parle d'une maison construite d'argile et de paille, de la chaux enduisant de blanc les murs au toit rehaussé pour accueillir les hirondelles, chacune hébergeant l'âme d'un défunt. Alors, habitantes et habitants pris dans le même élan dansent, portant à bout de bras leurs maisons miniatures faites de papier dentelle virevoltant joyeusement dans l'air. Une grand-mère marionnette rejoint le groupe en liesse, célébrant son retour parmi eux par un festin où la pastèque – symbole de la résistance palestinienne – occupe une place de choix au milieu des musiques de fête… jusqu'à ce que retentissent des sirènes hurlantes entraînant la fuite éperdue d'hommes et de femmes emportant avec eux ce qui reste de leurs maisons détruites. Une voix commente : "Quatre-vingts villages détruits au sud du Liban". Suit la litanie de leur nom accompagnée du son plaintif d'un archet sur un triangle de fer.
Des créatures géantes surmontées de têtes de "biches du Liban", figures de la force de la vie toujours prête à renaître de ses cendres, accompagnent l'attelage funéraire où les maisons détruites seront empilées. Les bras tendus des habitants, paumes des mains peintes, projettent alors vers le ciel une nuée d'yeux, rejoints par ceux des spectateurs qui, mains ouvertes, témoignent, eux aussi, de ces crimes de guerre face au monde endormi. Désormais, c'est dans le ciel, en compagnie de funambules oiseaux – pour qui les frontières n'existent pas – que se jouera le combat de la vie fragile à opposer aux forces barbares. Secondée par un groupe d'hommes oiseaux munis de branches, la funambule et son coéquipier défieront le fragile équilibre pour une traversée de haut vol au-dessus des territoires de guerre.
Une fable contemporaine mise artistiquement en jeu (chœur et musique à l'unisson) par deux Compagnies invitant généreusement participantes et participants bénévoles et public assemblés à se réunir dans le même hasardeux voyage au centre de l'(in)humain.
Une fable contemporaine mise artistiquement en jeu (chœur et musique à l'unisson) par deux Compagnies invitant généreusement participantes et participants bénévoles et public assemblés à se réunir dans le même hasardeux voyage au centre de l'(in)humain.
"The Weight of Water", de la Cie Panama Pictures, projette "grandeur nature" les chamailleries risibles de politiciens plus avides de pouvoir personnel que de prendre "à bras-le-corps" les problèmes climatiques. Embarqués tous les cinq sur un mobile des plus instables les brinquebalant d'un point à un autre de l'édifice flottant dès que l'un d'entre eux risque prendre l'ascendant, ils passent leur temps à se disputer la préséance alors que la planète, elle, est au bord de sombrer.
Couvertes en grande partie par la musique en live et un chant mélodieux, des bribes du discours creux des politiciens (cf. celui du Président Macron annonçant sa Convention citoyenne pour le climat dont les conclusions n'ont pratiquement jamais été suivies d'effets) accompagnent discrètement leurs gesticulations acrobatiques, si ahurissantes qu'elles les précipitent (et nous avec !) au bord du gouffre ouvert sous leurs pieds, quand ce n'est pas carrément au fond des eaux (de la Garonne).
Autre fable contemporaine mobilisant "spectaculairement" les prouesses acrobatiques de cinq artistes, sachant tirer parti d'un problème planétaire ici mis au service de leur art circassien… qu'ils maîtrisent à la perfection.
◙ Yves Kafka
Les spectacles ont été vus les 4 et 9 octobre 2026, dans le cadre de la 11ᵉ édition du FAB - Festival international des Arts de Bordeaux métropole.
Couvertes en grande partie par la musique en live et un chant mélodieux, des bribes du discours creux des politiciens (cf. celui du Président Macron annonçant sa Convention citoyenne pour le climat dont les conclusions n'ont pratiquement jamais été suivies d'effets) accompagnent discrètement leurs gesticulations acrobatiques, si ahurissantes qu'elles les précipitent (et nous avec !) au bord du gouffre ouvert sous leurs pieds, quand ce n'est pas carrément au fond des eaux (de la Garonne).
Autre fable contemporaine mobilisant "spectaculairement" les prouesses acrobatiques de cinq artistes, sachant tirer parti d'un problème planétaire ici mis au service de leur art circassien… qu'ils maîtrisent à la perfection.
◙ Yves Kafka
Les spectacles ont été vus les 4 et 9 octobre 2026, dans le cadre de la 11ᵉ édition du FAB - Festival international des Arts de Bordeaux métropole.
FAB 2026
"La terre s'en va sous nos pieds"
Création 2026 – Liban/France.
Collectif Kahraba & Cie Basinga.
Avec le soutien de l'Institut français du Liban, dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026.
Avec : Taleb Arafat, Tamara Badreddine, Tatania-Mosio Bongonga, Deborah Benveniste, David Couillaud, Éric Deniaud, Louisa Gesset-Hernandez, Gaël Honegger, Natasha Karam, Jan Naets, Samer Zaher, Aurélien Zouki
… et une quarantaine d'habitantes et habitants bénévoles.
Durée : 50 minutes.
Représenté le 27 septembre à 16 h ,Parc du Bourdieu à Saint-Médard (33) et les 3 et 4 octobre 2026 à 16 h 30 à la CitéCirque, Esplanade des Terres Neuves à Bègles (33).
Création 2026 – Liban/France.
Collectif Kahraba & Cie Basinga.
Avec le soutien de l'Institut français du Liban, dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026.
Avec : Taleb Arafat, Tamara Badreddine, Tatania-Mosio Bongonga, Deborah Benveniste, David Couillaud, Éric Deniaud, Louisa Gesset-Hernandez, Gaël Honegger, Natasha Karam, Jan Naets, Samer Zaher, Aurélien Zouki
… et une quarantaine d'habitantes et habitants bénévoles.
Durée : 50 minutes.
Représenté le 27 septembre à 16 h ,Parc du Bourdieu à Saint-Médard (33) et les 3 et 4 octobre 2026 à 16 h 30 à la CitéCirque, Esplanade des Terres Neuves à Bègles (33).
"The Weight of Water"
Cie Panama Pictures - Pays-Bas.
Chorégraphie : Pia Meuthen.
Acrobatie, danse (en alternance) : Tarek Rammo, Petra Steindl, Francesco Barba, Fynn Neb, Toon Theunissen, Yaniv Dagan, Lucy Steinfeld, Róisín Harten.
Musique live, composition : Davide Bellotta, iET.
Costumes : Sanne Reichert.
Répétiteur, entraînement : Miquel de Jong.
Design escalier : Rob van Dam.
Durée : 30 minutes.
Représenté le 9 octobre à 16 h et 18 h et le 10 octobre 2026 à 15 h et 17 h, au Bassin à Flot, Quai Lawton à Bordeaux (33).
FAB - 11ᵉ Festival International des Arts de Bordeaux Métropole.
A eu lieu du 26 septembre au 10 octobre 2026.
9, rue des Capérans, Bordeaux (33).
>> fab.festivalbordeaux.com
Cie Panama Pictures - Pays-Bas.
Chorégraphie : Pia Meuthen.
Acrobatie, danse (en alternance) : Tarek Rammo, Petra Steindl, Francesco Barba, Fynn Neb, Toon Theunissen, Yaniv Dagan, Lucy Steinfeld, Róisín Harten.
Musique live, composition : Davide Bellotta, iET.
Costumes : Sanne Reichert.
Répétiteur, entraînement : Miquel de Jong.
Design escalier : Rob van Dam.
Durée : 30 minutes.
Représenté le 9 octobre à 16 h et 18 h et le 10 octobre 2026 à 15 h et 17 h, au Bassin à Flot, Quai Lawton à Bordeaux (33).
FAB - 11ᵉ Festival International des Arts de Bordeaux Métropole.
A eu lieu du 26 septembre au 10 octobre 2026.
9, rue des Capérans, Bordeaux (33).
>> fab.festivalbordeaux.com

























