"Ravel en ville"… Et pour prélude à l'après-midi de ce samedi caniculaire, quoi de plus retentissant qu'une ouverture symphonique assurée par l'ONBA, orchestre de renommée mondiale qui, échappé des ors du théâtre à l'italienne du Grand Théâtre de Bordeaux, interprète "à ciel ouvert" une œuvre à sa mesure… Imaginez les musiciennes et musiciens de l'ONBA, en leurs habits ordinaires (maillot sportif, T-shirt, peignoir…), apparaître en solo ou à plusieurs aux fenêtres entourant la Place du Parlement (anciennement Place du Marché-Royal, puis Place de la Liberté à La Révolution), après qu'en procession leurs instruments (flûte traversière, saxophone, hautbois, cor, cymbale, etc.) fendent la foule massée autour de la Fontaine centrale pour les rejoindre…
Féérie visuelle bientôt doublée d'une autre sonore, aux effets hypnotiques lorsque la baguette du jeune et souriant chef d'orchestre, du haut de la nacelle de "travaux publics" où il est perché, règle en maître le tempo du Boléro…
Féérie visuelle bientôt doublée d'une autre sonore, aux effets hypnotiques lorsque la baguette du jeune et souriant chef d'orchestre, du haut de la nacelle de "travaux publics" où il est perché, règle en maître le tempo du Boléro…
Rien semble-t-il n'est laissé au hasard dans le choix de l'œuvre mythique, à l'ostinato obsédant, mise ici en scène superbement par "l'agitatrice des espaces publics" qu'est la Compagnie bordelaise de l'Opéra Pagaï… Cyril Jaubert, son directeur passionné (et passionnant) ne se plaît-il pas à confier que "Ravel était un homme sincèrement engagé dans une époque troublée et que le Boléro est à entendre comme une métaphore politique… un long crescendo au thème lancinant faisant écho aux discours en boucle des propagandistes politiques annonçant déjà la montée des nationalismes qui aboutiront à la guerre"…
"Ravel en ville", une performance musicale théâtralisée artistiquement hors norme, venue à la rencontre du public du FAB dans un lieu porteur de symboles historiques… et résonnant au plus fort de notre actualité.
"Ravel en ville", une performance musicale théâtralisée artistiquement hors norme, venue à la rencontre du public du FAB dans un lieu porteur de symboles historiques… et résonnant au plus fort de notre actualité.
"Re-Lighthouse"… Autre moment fort de cette inauguration, le vernissage de l'installation monumentale que l'on doit à Shareef Sarhan, présent ce soir aux côtés de Julie Kretzschmar, commissaire générale de la manifestation culturelle "La Saison Méditerranée 2026" dédiée à l'accueil des artistes en exil. Ce phare, baptisé à plus d'un titre "Re-Lighthouse", est chargé d'Histoire…
En effet, en 2015, l'artiste palestinien avait réalisé, sur la terre de Gaza, un phare ouvert sur la Méditerranée et servant symboliquement de boussole (comme il en était du Phare d'Alexandrie) au désir de paix des Gazaouis. Cette œuvre artistique avait trouvé sa matière – réellement, mais aussi métaphoriquement – dans les ruines de la guerre… laquelle en 2023, sous les chenilles d'un char israélien, la réduisit à néant.
Loin d'ensevelir dans les décombres le rêve de paix que ce monument tourné vers la Méditerranée représentait, Shareef Sarhan a reconstruit "Lighthouse" (presque) à l'identique avec pour projet d'anéantir les frontières entre les hommes en faisant renaître et voyager son œuvre de ville en ville… Ainsi, après avoir été inauguré en mai dernier où il a éclairé le Mucem de la cité phocéenne, c'est au tour de Bordeaux de bénéficier de la visite "fabuleuse" de ce phare devenu mythique, (re)donnant artistiquement et symboliquement vie à tout un peuple victime des crimes de guerre documentés par l'ONU… avant, rêve absolu, de retrouver Gaza son port d'attache.
En effet, en 2015, l'artiste palestinien avait réalisé, sur la terre de Gaza, un phare ouvert sur la Méditerranée et servant symboliquement de boussole (comme il en était du Phare d'Alexandrie) au désir de paix des Gazaouis. Cette œuvre artistique avait trouvé sa matière – réellement, mais aussi métaphoriquement – dans les ruines de la guerre… laquelle en 2023, sous les chenilles d'un char israélien, la réduisit à néant.
Loin d'ensevelir dans les décombres le rêve de paix que ce monument tourné vers la Méditerranée représentait, Shareef Sarhan a reconstruit "Lighthouse" (presque) à l'identique avec pour projet d'anéantir les frontières entre les hommes en faisant renaître et voyager son œuvre de ville en ville… Ainsi, après avoir été inauguré en mai dernier où il a éclairé le Mucem de la cité phocéenne, c'est au tour de Bordeaux de bénéficier de la visite "fabuleuse" de ce phare devenu mythique, (re)donnant artistiquement et symboliquement vie à tout un peuple victime des crimes de guerre documentés par l'ONU… avant, rêve absolu, de retrouver Gaza son port d'attache.
"Maria en ballon"… Dans le ciel peu à peu gagné par la nuit, une bouffée de poésie mise en scène par la Cie Aérosculpture vient souffler un vent léger aux effets rafraîchissants… Suspendue entre ciel et terre à un gigantesque ballon d'un blanc lumineux connecté au sol par des filins actionnés par trois complices, une acrobate lunaire dessine des arabesques gracieuses projetant au firmament un étrange ballet peuplé de ses apparitions et disparitions furtives.
Jouant avec le voilage immaculé qui la relie à la sphère aérienne, elle apparaît et disparaît, Pierrot rêveur assis sur son croissant de lune, observant en toute sérénité la foule pressée à ses pieds, avant de jouer l'instant d'après les filles de l'air, s'éclipsant drapée dans le voile dont elle se revêt… De qui est-elle le nom ? Est-ce un être diaphane affranchi des pesanteurs terrestres et s'adonnant à la contemplation des fourmis humaines ? Ou bien est-elle une hallucination aux effets hypnotiques ? Peu importe, pourvu que l'on ait l'ivresse… poétique.
Jouant avec le voilage immaculé qui la relie à la sphère aérienne, elle apparaît et disparaît, Pierrot rêveur assis sur son croissant de lune, observant en toute sérénité la foule pressée à ses pieds, avant de jouer l'instant d'après les filles de l'air, s'éclipsant drapée dans le voile dont elle se revêt… De qui est-elle le nom ? Est-ce un être diaphane affranchi des pesanteurs terrestres et s'adonnant à la contemplation des fourmis humaines ? Ou bien est-elle une hallucination aux effets hypnotiques ? Peu importe, pourvu que l'on ait l'ivresse… poétique.
"Selam"… "Bonjour"… décliné corporellement et linguistiquement par les quatre danseurs de hip-hop de la Compagnie marocaine Chara nous propulse dans un parcours riche en émotions multiples. Si, dans un premier tableau au pied du majestueux Opéra de Bordeaux, le ton des chorégraphies et des jeux avec les spectateurs "invités dans la danse" est résolument joyeux, progressivement l'intensité dramatique se déplace pour exploser proche du fleuve Garonne.
Saluer se décline selon les pays de façon différente ; doigts joints, main écartée, main sur le cœur, regard adressé... Accompagnés de leur sourire ravageur, les artistes jouent avec les spectateurs comme s'ils devenaient des amis que l'on honore avant d'entreprendre un périple où chacun est convié – de la rive ou en les rejoignant – à les suivre. Le deuxième tableau les découvre dans d'époustouflantes figures de hip-hop où chacun excelle d'ingéniosité créative.
Une débauche d'énergie les conduit vers la dernière station, le troisième tableau, tout autant investi, mais de tonalité plus sombre. Dans des scènes "vivantes", comme tournées au ralenti, les quatre danseurs de hip-hop jouent et rejouent le combat pour leur survie des migrants se débattant dans la Méditerranée, immense tombeau trouvant ici sa réplique liquide dans la proximité du fleuve… Fascinant en tous points le parcours initié par la Compagnie Chara dont l'itinéraire proposé est transcendé par une expertise chorégraphique hors du commun.
Saluer se décline selon les pays de façon différente ; doigts joints, main écartée, main sur le cœur, regard adressé... Accompagnés de leur sourire ravageur, les artistes jouent avec les spectateurs comme s'ils devenaient des amis que l'on honore avant d'entreprendre un périple où chacun est convié – de la rive ou en les rejoignant – à les suivre. Le deuxième tableau les découvre dans d'époustouflantes figures de hip-hop où chacun excelle d'ingéniosité créative.
Une débauche d'énergie les conduit vers la dernière station, le troisième tableau, tout autant investi, mais de tonalité plus sombre. Dans des scènes "vivantes", comme tournées au ralenti, les quatre danseurs de hip-hop jouent et rejouent le combat pour leur survie des migrants se débattant dans la Méditerranée, immense tombeau trouvant ici sa réplique liquide dans la proximité du fleuve… Fascinant en tous points le parcours initié par la Compagnie Chara dont l'itinéraire proposé est transcendé par une expertise chorégraphique hors du commun.
"Domte"… La Cie Nacho Flores ne fait pas dans la dentelle (c'est le moins que l'on puisse avancer) en mettant en jeu un paysan autant rustre que débonnaire, hirsute, crasseux et dépenaillé à l'envi, partant à la recherche d'un équilibre improbable constitué par un amas de billes de bois et de planches à assembler. Flanqué d'un complice musicien activant ingénieusement des percussions de bric et de broc, il va rendre le public complice de ses essais défiant la loi de l'attraction terrestre.
Bon… on sourit parfois, on grommelle (comme le protagoniste) souvent, on reste finalement un peu dans l'expectative face à une performance "en équilibre instable", hésitant entre le cirque de rue, la farce de tréteaux et le divertissement Puy du Fou "mettant en selle" les damnés de la terre pour en faire des spécimens à exp(l)oser. Pour tout dire, malgré un accueil plutôt favorable du public, on n'a pas été entièrement convaincu de l'intérêt de cette programmation dans ce Festival des Arts.
◙ Yves Kafka
Tous ces spectacles ont été vus les 26 et 27 septembre 2026 lors du week-end d'ouverture de la 11ᵉ édition du FAB - Festival international des Arts de Bordeaux métropole.
Bon… on sourit parfois, on grommelle (comme le protagoniste) souvent, on reste finalement un peu dans l'expectative face à une performance "en équilibre instable", hésitant entre le cirque de rue, la farce de tréteaux et le divertissement Puy du Fou "mettant en selle" les damnés de la terre pour en faire des spécimens à exp(l)oser. Pour tout dire, malgré un accueil plutôt favorable du public, on n'a pas été entièrement convaincu de l'intérêt de cette programmation dans ce Festival des Arts.
◙ Yves Kafka
Tous ces spectacles ont été vus les 26 et 27 septembre 2026 lors du week-end d'ouverture de la 11ᵉ édition du FAB - Festival international des Arts de Bordeaux métropole.
FAB 2026
"Ravel en ville"
Opéra Pagaï et Orchestre National Bordeaux Aquitaine.
Création 2026 in situ - premières mondiales en coréalisation avec l'Opéra National de Bordeaux et avec la complicité des commerçants(es) et des habitants(es).
Mise en scène Opéra Pagaï : Cyril Jaubert.
Direction ONBA : Kyrian Friedenberg.
Durée : 30 minutes.
Représenté le 26 septembre à 15 h 30, 16 h 30 et 17 h 30, Place du Parlement, Bordeaux.
Opéra Pagaï et Orchestre National Bordeaux Aquitaine.
Création 2026 in situ - premières mondiales en coréalisation avec l'Opéra National de Bordeaux et avec la complicité des commerçants(es) et des habitants(es).
Mise en scène Opéra Pagaï : Cyril Jaubert.
Direction ONBA : Kyrian Friedenberg.
Durée : 30 minutes.
Représenté le 26 septembre à 15 h 30, 16 h 30 et 17 h 30, Place du Parlement, Bordeaux.
"Re-Lighthouse"
Shareef Sarhan, Palestine.
Création 2026 - premières françaises.
Direction artistique : Shareef Sarhan.
Accompagnement artistique : Collectif L'Échelle.
Scénographie : les Ateliers Sud Side.
Vernissage de l'installation le 26 septembre à 19 h 15, en place du 26 septembre au dimanche 11 octobre 2026.
Tournée
Du 15 au 25 octobre 2026 : L'Atelline - Scène conventionnée d'intérêt national, Juvignac (34).
Shareef Sarhan, Palestine.
Création 2026 - premières françaises.
Direction artistique : Shareef Sarhan.
Accompagnement artistique : Collectif L'Échelle.
Scénographie : les Ateliers Sud Side.
Vernissage de l'installation le 26 septembre à 19 h 15, en place du 26 septembre au dimanche 11 octobre 2026.
Tournée
Du 15 au 25 octobre 2026 : L'Atelline - Scène conventionnée d'intérêt national, Juvignac (34).
"Maria en ballon"
Direction artistique : Jean-Pierre David
Acrobate aérienne : Manon Murtin
Manipulateurs : Grégoire Pénicaud, Laurent Grosman, Cyprien Donnet
Durée : 30 minutes.
Représenté le 26 à 20 h et 22 h et le 27 septembre à 14 h 30, 16 h 30 et 18 h 30, Quai Richelieu et Miroir d'eau, Bordeaux.
Direction artistique : Jean-Pierre David
Acrobate aérienne : Manon Murtin
Manipulateurs : Grégoire Pénicaud, Laurent Grosman, Cyprien Donnet
Durée : 30 minutes.
Représenté le 26 à 20 h et 22 h et le 27 septembre à 14 h 30, 16 h 30 et 18 h 30, Quai Richelieu et Miroir d'eau, Bordeaux.
"Selam"
Compagnie Chara, Maroc, premières françaises.
Création, chorégraphie : Yassine Alaoui Ismaili, Friederike Frost.
Avec : Houssein Ait Belbaz, Mohamed Bouriri, Mohammed Guechri, Omar Bourich, Othman Oubella, Fatima Zahra El Mamouny.
Musique : Abdellah M. Hassak, Massive Attack, hip-hop mixtape.
Durée : 30 minutes.
Représenté à Bordeaux le 26 à 17 h 30 et le 27 septembre à 14 h et 16 h 30, Place de la Comédie ; le 2 octobre à 14 h 30, Place des Capucins ; le 4 octobre à 12 h 30, Place Saint-Michel. À Pessac le 26 septembre, les 1ᵉʳ et 3 octobre ; à Talence le 29 septembre.
Compagnie Chara, Maroc, premières françaises.
Création, chorégraphie : Yassine Alaoui Ismaili, Friederike Frost.
Avec : Houssein Ait Belbaz, Mohamed Bouriri, Mohammed Guechri, Omar Bourich, Othman Oubella, Fatima Zahra El Mamouny.
Musique : Abdellah M. Hassak, Massive Attack, hip-hop mixtape.
Durée : 30 minutes.
Représenté à Bordeaux le 26 à 17 h 30 et le 27 septembre à 14 h et 16 h 30, Place de la Comédie ; le 2 octobre à 14 h 30, Place des Capucins ; le 4 octobre à 12 h 30, Place Saint-Michel. À Pessac le 26 septembre, les 1ᵉʳ et 3 octobre ; à Talence le 29 septembre.
"Domte"
Cie Nacho Flores, Espagne-Catalogne.
Idée originale : Nacho Flores.
Mise en scène : Gary Shochat et Nacho Flores.
Interprètes : Nacho Flores, Céline Vitrolles ou Roc Sala.
Paysage sonore : Roc Sala, Céline Vitrolles.
Construction scénographique : Uli Weigel, Jeremias Fanjul Dominguez, Jaume Valls.
Costumes : Maite Martín.
Durée : 50 minutes.
Représenté à Bordeaux les 26, 27 septembre 2026, Place Jean Jaurès et le 1ᵉʳ octobre 2026, Square Paul Antin. À Bruges le 29 septembre ; à Villenave d'Ornon le 30 septembre ; à Mérignac le 2 octobre ; à Saint-Médard les 3 et 4 octobre.
Tournée
9 octobre 2026 : Festival international de théâtre, Carballo (Espagne).
21 octobre 2026 : Salle du Mûrier, Craon (53).
Cie Nacho Flores, Espagne-Catalogne.
Idée originale : Nacho Flores.
Mise en scène : Gary Shochat et Nacho Flores.
Interprètes : Nacho Flores, Céline Vitrolles ou Roc Sala.
Paysage sonore : Roc Sala, Céline Vitrolles.
Construction scénographique : Uli Weigel, Jeremias Fanjul Dominguez, Jaume Valls.
Costumes : Maite Martín.
Durée : 50 minutes.
Représenté à Bordeaux les 26, 27 septembre 2026, Place Jean Jaurès et le 1ᵉʳ octobre 2026, Square Paul Antin. À Bruges le 29 septembre ; à Villenave d'Ornon le 30 septembre ; à Mérignac le 2 octobre ; à Saint-Médard les 3 et 4 octobre.
Tournée
9 octobre 2026 : Festival international de théâtre, Carballo (Espagne).
21 octobre 2026 : Salle du Mûrier, Craon (53).
23 au 25 octobre 2026 : Cirkotober – Festival de cirque, Séville (Espagne).
6 novembre 2026 : Montijo (Portugal).
14 au 16 novembre 2026 : Santander (Espagne).
24 et 25 novembre 2026 : Malaga (Espagne).
FAB - 11ᵉ Festival International des Arts de Bordeaux Métropole.
Du 26 septembre au 10 octobre 2026.
9 rue des Capérans, Bordeaux (33).
>> fab.festivalbordeaux.com
6 novembre 2026 : Montijo (Portugal).
14 au 16 novembre 2026 : Santander (Espagne).
24 et 25 novembre 2026 : Malaga (Espagne).
FAB - 11ᵉ Festival International des Arts de Bordeaux Métropole.
Du 26 septembre au 10 octobre 2026.
9 rue des Capérans, Bordeaux (33).
>> fab.festivalbordeaux.com
































