La scénographie découvre une scène nue avec Mohammad Al Qudwa. Incarne-t-il un personnage ? On l'aurait souhaité. Tout ce qui est dit, et toujours avec poésie, est inscrit avec le sang des souffrances et de la tragédie palestinienne. Il est de Gaza et, avec lui, nous sommes à Gaza. On n'ose pas lui demander s'il a dû édulcorer ou non la réalité, la maquiller du pastel de la fiction pour ne pas la montrer dans sa réalité brutale et inimaginable, trop occultée que nous sommes par un nombre de morts qui nous fait glisser chacun vers un manque d'empathie en écho à la cruelle sentence du journaliste et écrivain allemand Kurt Tucholsky (1890-1935) : "Un mort, c'est la catastrophe, cent mille une statistique".
Mohammad Al Qudwa débute par sa naissance qu'il décrit comme un événement fade, car, en Palestine, on y côtoie la violence de l'occupant, la prison, souvent gratuitement, les privations, les humiliations, la douleur de vies arrachées près de vous et la mort comme compagnon de route. Son père a accepté sa naissance parce que "Quand il y en a pour deux bouches, il y en a aussi pour trois". Sa mère ne la souhaitait sans doute pas, même si, comme il le dit, elle aurait eu un sentiment de culpabilité.
La trame est la guerre à Gaza. Laquelle ? Difficile de le dire. Possiblement la dernière où le nombre de morts depuis 2023 est évalué officiellement à plus de 73 000 Palestiniens, dont au moins 21 500 enfants (1). Sans compter les morts sous les décombres, qui pour nombre d'historiens et de militaires équivaut à multiplier par deux les chiffres officiels.
Mohammad Al Qudwa débute par sa naissance qu'il décrit comme un événement fade, car, en Palestine, on y côtoie la violence de l'occupant, la prison, souvent gratuitement, les privations, les humiliations, la douleur de vies arrachées près de vous et la mort comme compagnon de route. Son père a accepté sa naissance parce que "Quand il y en a pour deux bouches, il y en a aussi pour trois". Sa mère ne la souhaitait sans doute pas, même si, comme il le dit, elle aurait eu un sentiment de culpabilité.
La trame est la guerre à Gaza. Laquelle ? Difficile de le dire. Possiblement la dernière où le nombre de morts depuis 2023 est évalué officiellement à plus de 73 000 Palestiniens, dont au moins 21 500 enfants (1). Sans compter les morts sous les décombres, qui pour nombre d'historiens et de militaires équivaut à multiplier par deux les chiffres officiels.
Des bruits, d'abord sourds puis de plus en plus sonores, symbolisant les bombardements, accompagnent le récit avec aussi la musique douce et mélodique d'Anelena Toku. Les accessoires scéniques sont une chaise, un seau en aluminium, un magnétophone et une roue de vélo dégonflée. L'acteur porte un blouson noir au-dessus de son maillot de même couleur, et ensuite un kimono. Il invite aussi sur le plateau quatre spectateurs en leur montrant comment il voit la reconstruction de son quartier, craie à la main. C'est la fin de la guerre que veut l'artiste palestinien. Il le répète à de multiples reprises.
Sa poésie est couleur de sang et a le goût de cendres. Ses mots sont souffles et respirations. Dans une mise en scène faite en collaboration avec Martha Kiss Perrone, son jeu est physique et allie tension et équilibre. Le récit est beau et poignant. Un moment, sur sa chaise, l'interprète est sur un pied, le bras droit replié, cachant un peu son visage et semblant emporter avec lui tout son corps vers sa gauche. Tout est expression chez lui sans être démonstratif.
Il y a aussi ses amis disparus, sa famille endeuillée comme elle peut l'être pour chaque Palestinien avec, entre autres, Youssef qui "délivre de la mort, guitare à la main, chaque matin de chaque jour". Et qui, lors d'un bombardement, a été livré à la mort. Avec sa guitare.
Sous les envolées poétiques, c'est intense, habité et vécu. Cet artiste palestinien, sportif aussi de haut niveau au sein de l'équipe nationale de Palestine de Karaté, a tout juste vingt-deux ans et a vécu cinq guerres à Gaza. Son père avait "vingt ans de plus que lui/moi, mais une guerre en moins".
L'espace nu est habité de sa présence tout à la fois forte, douce et émouvante. Gaza revit avec lui. La poésie et le théâtre sont ses armes. Avec "3 saisons et 1 corps", sa mère est proche et son père, Youssef, Ali et tous les autres renaissent le temps d'un instant.
◙ Safidin Alouache
(1) Source Wikipédia.
>> À lire aussi dans le Rapport Mondial 2025 de l'Human Rights Watch la partie concernant "Israël et Palestine"
Sa poésie est couleur de sang et a le goût de cendres. Ses mots sont souffles et respirations. Dans une mise en scène faite en collaboration avec Martha Kiss Perrone, son jeu est physique et allie tension et équilibre. Le récit est beau et poignant. Un moment, sur sa chaise, l'interprète est sur un pied, le bras droit replié, cachant un peu son visage et semblant emporter avec lui tout son corps vers sa gauche. Tout est expression chez lui sans être démonstratif.
Il y a aussi ses amis disparus, sa famille endeuillée comme elle peut l'être pour chaque Palestinien avec, entre autres, Youssef qui "délivre de la mort, guitare à la main, chaque matin de chaque jour". Et qui, lors d'un bombardement, a été livré à la mort. Avec sa guitare.
Sous les envolées poétiques, c'est intense, habité et vécu. Cet artiste palestinien, sportif aussi de haut niveau au sein de l'équipe nationale de Palestine de Karaté, a tout juste vingt-deux ans et a vécu cinq guerres à Gaza. Son père avait "vingt ans de plus que lui/moi, mais une guerre en moins".
L'espace nu est habité de sa présence tout à la fois forte, douce et émouvante. Gaza revit avec lui. La poésie et le théâtre sont ses armes. Avec "3 saisons et 1 corps", sa mère est proche et son père, Youssef, Ali et tous les autres renaissent le temps d'un instant.
◙ Safidin Alouache
(1) Source Wikipédia.
>> À lire aussi dans le Rapport Mondial 2025 de l'Human Rights Watch la partie concernant "Israël et Palestine"
"3 saisons et 1 corps"
Spectacle en arabe, surtitré en français.
Texte : Mohammed Al Qudwa.
Traduction française : Omaïma Machkour.
Conception : Mohammed Al Qudwa.
Mise en scène : Martha Kiss Perrone et Mohammed Al Qudwa.
Avec : Mohammed Al Qudwa.
Dramaturgie : Maëlle Poésy.
Musique : Anelena Toku.
Collaboration musicale : Waseem Al Sisi et Juliano Abramovay.
Collaboration danse : Aurore Giaccio.
Création lumière : Sebia Falk, en collaboration avec Giorgia Tolaini.
Scénographie : Jeanne Knoplioch.
Production : Théâtre Dijon Bourgogne, Centre dramatique national.
À partir de 12 ans.
Durée : 1 h 15.
Les représentations ont eu lieu les 30 et 31 juillet à 18 h 30 au lycée Henri Bergson, Paris 19ᵉ.
Tournée
5 novembre 2026 : Transversales – Scène conventionnée, Verdun (55).
Festival Paris L'Été - 36ᵉ édition
Du 11 juillet au 4 août 2026.
>> parislete.fr
>> Programme
>> Billetterie en ligne
Texte : Mohammed Al Qudwa.
Traduction française : Omaïma Machkour.
Conception : Mohammed Al Qudwa.
Mise en scène : Martha Kiss Perrone et Mohammed Al Qudwa.
Avec : Mohammed Al Qudwa.
Dramaturgie : Maëlle Poésy.
Musique : Anelena Toku.
Collaboration musicale : Waseem Al Sisi et Juliano Abramovay.
Collaboration danse : Aurore Giaccio.
Création lumière : Sebia Falk, en collaboration avec Giorgia Tolaini.
Scénographie : Jeanne Knoplioch.
Production : Théâtre Dijon Bourgogne, Centre dramatique national.
À partir de 12 ans.
Durée : 1 h 15.
Les représentations ont eu lieu les 30 et 31 juillet à 18 h 30 au lycée Henri Bergson, Paris 19ᵉ.
Tournée
5 novembre 2026 : Transversales – Scène conventionnée, Verdun (55).
Festival Paris L'Été - 36ᵉ édition
Du 11 juillet au 4 août 2026.
>> parislete.fr
>> Programme
>> Billetterie en ligne























