La scène découvre un cabinet sombre, celui de Freud (Hervé Dubourjal), situé au Berggasse 19 à Vienne. Se trouve, côté cour, un confortable divan bleu foncé, et côté jardin, une table basse où trois statuettes sont installées.
Des images vidéo répétitives d'effondrement d'un bâtiment, dès l'entame du spectacle, allongent le temps de plusieurs minutes et plantent un contexte de désolation. Allongé parfois sur son divan, Freud est au début pris de fatigue, mais a aussi très souvent des moments de vitalité. Nous sommes en 1934. Il a soixante-dix-huit ans et est au crépuscule de sa vie. Se joint ensuite rapidement fille Anna (Moana Ferré). Créée par Aude de Tocqueville, la pièce a été écrite à partir du roman "Freud, journal des années noires 1934-1939" de Jean-Marie de Sinety qui narre les dernières années de la vie du savant.
Cigare toujours au bec, il n'a plus tout à fait la main sur sa vie avec le poids de l'âge, de la maladie et du nazisme. Les souvenirs remontent à sa mémoire avec, entre autres, Jung dont il en faisait son possible successeur. Wilhem Fliess est absent, resté dans l'Histoire, car il a suivi, en confident scientifique dans une correspondance essentiellement épistolaire, Sigmund Freud dans ses recherches, alors qu'il était encore neurologue et inconnu.
Des images vidéo répétitives d'effondrement d'un bâtiment, dès l'entame du spectacle, allongent le temps de plusieurs minutes et plantent un contexte de désolation. Allongé parfois sur son divan, Freud est au début pris de fatigue, mais a aussi très souvent des moments de vitalité. Nous sommes en 1934. Il a soixante-dix-huit ans et est au crépuscule de sa vie. Se joint ensuite rapidement fille Anna (Moana Ferré). Créée par Aude de Tocqueville, la pièce a été écrite à partir du roman "Freud, journal des années noires 1934-1939" de Jean-Marie de Sinety qui narre les dernières années de la vie du savant.
Cigare toujours au bec, il n'a plus tout à fait la main sur sa vie avec le poids de l'âge, de la maladie et du nazisme. Les souvenirs remontent à sa mémoire avec, entre autres, Jung dont il en faisait son possible successeur. Wilhem Fliess est absent, resté dans l'Histoire, car il a suivi, en confident scientifique dans une correspondance essentiellement épistolaire, Sigmund Freud dans ses recherches, alors qu'il était encore neurologue et inconnu.
Entre Anna et Sigmund, le duo théâtral est particulièrement réussi dans une relation autant familiale que psychanalytique. Hervé Dubourjal prête vie corporellement au fondateur de la psychanalyse en maniant, à l'aide de sa voix, aussi bien une force de conviction que des moments de fragilité, lui donnant un cachet de vérité allant jusqu'à l'intimité.
Nous replongeons sur sa théorie initiale de la séduction, la "neurotica", qu'il critique et qu'il a reniée. Il raconte son père Jakob, sa vie avec sa femme Martha et avec Minna Bernays, sa belle-sœur, sujet à controverses et qui alimente jusqu'à aujourd'hui nombre de ses détracteurs. Anna met en relief ces différentes zones d'ombres et non-dits familiaux. Leur relation est très franche et évolue dans un cadre qui flirte parfois avec l'analyse, renversant ainsi un rapport familial initial de domination filiale.
Les propos de Freud deviennent de temps en temps forts et critiques, ou épris de doute et de perplexité. Sa fille dénonce des trappes nourries de non-dits et une domination qu'il avait sur elle plus jeune. Ces confidences établissent une mise en abyme d'un Freud où apparaît un visage à la Janus de père de famille, contesté, et de commandeur de la psychanalyse qui perd un peu son sceptre.
Nous replongeons sur sa théorie initiale de la séduction, la "neurotica", qu'il critique et qu'il a reniée. Il raconte son père Jakob, sa vie avec sa femme Martha et avec Minna Bernays, sa belle-sœur, sujet à controverses et qui alimente jusqu'à aujourd'hui nombre de ses détracteurs. Anna met en relief ces différentes zones d'ombres et non-dits familiaux. Leur relation est très franche et évolue dans un cadre qui flirte parfois avec l'analyse, renversant ainsi un rapport familial initial de domination filiale.
Les propos de Freud deviennent de temps en temps forts et critiques, ou épris de doute et de perplexité. Sa fille dénonce des trappes nourries de non-dits et une domination qu'il avait sur elle plus jeune. Ces confidences établissent une mise en abyme d'un Freud où apparaît un visage à la Janus de père de famille, contesté, et de commandeur de la psychanalyse qui perd un peu son sceptre.
Face à lui, en effet, Anna Freud remet en question le complexe d'Œdipe. Elle l'a fait aussi publiquement, ayant été une psychanalyste reconnue qui a eu par ailleurs un rôle important par ses travaux. La pièce donne à voir chez Sigmund Freud, un homme en proie au questionnement sur ses recherches psychanalytiques passées. Anna incarne au fil des scènes l'image probable de la relève de Sigmund dans le champ psychanalytique, du moins celle qui peut apporter sa pierre à l'édifice.
Difficile d'aborder la psychanalyse dans le théâtre, encore trop rarement traitée, où la parole est première dans celle-ci quand dans celle-là, même si elle l'est pour l'analysant, c'est l'attention flottante et le silence qui prédominent chez l'analyste. Le pari est toutefois réussi avec une mise en scène d'Hervé Dubourjal qui nous montre l'intimité de Freud où sont accueillis sans distinction novices, curieux et tout autre visiteur.
◙ Safidin Alouache
Difficile d'aborder la psychanalyse dans le théâtre, encore trop rarement traitée, où la parole est première dans celle-ci quand dans celle-là, même si elle l'est pour l'analysant, c'est l'attention flottante et le silence qui prédominent chez l'analyste. Le pari est toutefois réussi avec une mise en scène d'Hervé Dubourjal qui nous montre l'intimité de Freud où sont accueillis sans distinction novices, curieux et tout autre visiteur.
◙ Safidin Alouache
"Freud, dernier combat"
Texte : Aude de Tocqueville et Jean-Marie de Sinety.
Mise en scène : Hervé Dubourjal.
Avec Moana Ferré et Hervé Dubourjal.
Décors : Emmanuelle Verani.
Costumes : Sandrine Weill.
Lumières : Jean-Marie Prouvèze.
Vidéo : Jean Allevato.
Son : Abdellah Souni.
Production : Compagnie Transfert.
À partir de 12 ans.
Durée : 1 h 15.
Du 27 août au 10 octobre 2026.
Du jeudi au samedi à 19 h.
Studio Hébertot, 78 bis, boulevard des Batignolles, Paris 17ᵉ.
Téléphone : 01 42 93 13 04.
>> Billetterie
>> studiohebertot.com
Mise en scène : Hervé Dubourjal.
Avec Moana Ferré et Hervé Dubourjal.
Décors : Emmanuelle Verani.
Costumes : Sandrine Weill.
Lumières : Jean-Marie Prouvèze.
Vidéo : Jean Allevato.
Son : Abdellah Souni.
Production : Compagnie Transfert.
À partir de 12 ans.
Durée : 1 h 15.
Du 27 août au 10 octobre 2026.
Du jeudi au samedi à 19 h.
Studio Hébertot, 78 bis, boulevard des Batignolles, Paris 17ᵉ.
Téléphone : 01 42 93 13 04.
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