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La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Théâtre de la Ville… Ensemble, tentons de réenchanter notre présent  30/10/2020

"Le Tambour de soie" © Christophe Raynaud de Lage.
Aujourd'hui, nous nous engageons avec l'ensemble des équipes du Théâtre de la Ville dans la voie de la réinvention. Notre premier engagement est une solidarité totale envers les soignants, mais aussi les enseignants, qui une fois encore seront en première ligne durant cette période si particulière et que la culture doit accompagner pleinement dans cette lutte pour la vie et la santé de chacune et chacun.

Face au virus et à la crise que nous traversons et à l'annulation de nos représentations de novembre, nous restons debout et oeuvrons, face à ce moment si douloureux pour tous, à ce que le monde de la culture reste présent pour le plus grand nombre et contribue à la création d’un nouvel imaginaire.

Pour cela, nous vous proposons un nouveau programme : une dizaine de rendez-vous artistiques en direct sur notre site internet.

Premier rendez-vous :
"Le Tambour de Soie"
de Kaori Ito & Yoshi Oïda.
qui se jouera en direct et en streaming live depuis l'Espace Cardin
Vendredi 30 octobre 2020 à 19 h et samedi 31 octobre 2020 à 15 h.
>> Spectacle en direct

Ce nouveau programme sera proposé tout au long du mois de novembre et réunira des artistes de plusieurs disciplines : Scali Delpeyrat, David Lescot, Nicole Garcia, Fréderic Bélier-Garcia, Emmanuel Demarcy-Mota et la Troupe du Théâtre de la Ville, Hosfesh Shechter , Euripides Laskaridis… ainsi que des rencontres et débats.

Tous ces artistes et scientifiques, en direct depuis l'Espace Cardi, proposeront pour un moment inédit une introduction de leur invention avant chaque représentation.

Ces propositions seront gratuites et ouvertes à tous.

Par ailleurs, comme pour la première phase de confinement, des remboursements vous seront proposés pour tous les spectacle annulés ; ce processus sera enclenché plus rapidement. Vous pourrez également, si vous le souhaitez, effectuer un don qui nous permettra de soutenir les artistes qui sont encore une fois, durement touchés par cette crise.

Merci à toutes et à tous.
Prenez soin de vous, prenons soin de nous.

Emmanuel Demarcy-Mota

Photo : "Le Tambour de soie" © Christophe Raynaud de Lage.
La Rédaction

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Isabelle Lauriou
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"Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins

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© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.

Yves Kafka
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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19/02/2021