La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Diane Landrot et Yan Allegret à la tête de Gare au Théâtre  04/07/2019

© Gare au Théâtre.
Diane Landrot et Yan Allegret sont nommés à la direction de Gare au Théâtre, lieu pluridisciplinaire dédié à la création contemporaine à Vitry-sur-Seine.

Parmi les quarante-cinq candidatures reçues, c'est le projet de Diane Landrot et Yan Allegret qui a retenu l'attention finale du conseil d'administration. Issu d'une complicité professionnelle et artistique débutée en 2011, le duo prendra ses fonctions en septembre 2019, succédant à Mustapha Aouar.

Forte d'une expérience de dix ans à la tête du service du spectacle vivant de Mains d’œuvres à Saint-Ouen et cofondatrice de plusieurs festivals dont "FRAGMENT(S)", Diane Landrot est reconnue pour son expertise dans l'accompagnement de l'émergence. Aguerrie aux particularités propres aux lieux intermédiaires, elle apportera un regard neuf sur Gare au Théâtre.

Auteur dramatique, Yan Allegret est édité notamment chez Gallimard Jeunesse, Quartett, Espaces 34… Il est également metteur en scène, acteur et directeur de la compagnie (&) So Weiter, conventionnée par la région Île-de-France. Ses spectacles sont présentés en France et à l'étranger. Il entretient une relation singulière avec Gare au Théâtre où il a régulièrement écrit, répété et créé 7 spectacles depuis 1998.

Dans la continuité de leur prédécesseur, Diane Landrot et Yan Allegret souhaitent faire de Gare au Théâtre un lieu majeur pour l'émergence artistique, un espace de découvertes, de rencontres et de partages où la richesse de l'écriture dramatique constitue la dynamique du lieu.

Leur projet "Aiguillages" est fondé sur trois axes : la promotion de la création contemporaine, l'engagement pour l'écriture et l'ancrage sur le territoire.

Mustapha Aouar se réjouit de cette nomination : "Ce duo dynamique et engagé signe une renaissance pour Gare au Théâtre. Le travail artistique de Yan Allegret mêlé à l'expertise de Diane Landrot permettront à Gare au théâtre de se réinventer, d'imaginer d'autres formes scéniques mais aussi d'autres liens entre les artistes et les publics et d'accroitre son rayonnement dans le paysage culturel local, départemental, francilien et national.

Mustapha Aouar qui a fondé et dirigé Gare au Théâtre depuis 1996 va se consacrer désormais à sa propre compagnie Delagare & Cie.

Il est également à l'origine du célèbre contre-estival "Nous n'irons pas à Avignon" dont la 21 édition (et donc la dernière qu'il orchestrera) se déroulera du 11 juillet au 4 août 2019. Pour l'occasion, il interprètera avec Roland Cahen et Alexandra Radulescu, "Nuage & pantalon" du 18 au 20 juillet, un concert futuriste qu'il a mis en scène.

Photo : © Gare au Théâtre.

Communiqué de presse.
La Rédaction

Nouveau commentaire :








À découvrir

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique

L'histoire se passe au Québec. Dans "Antioche" de Sarah Berthiaume, Antigone est une adolescente un peu foutrac, qui fait un peu n'importe nawak avec son djin troué et sa toga praetexta. Normal, elle voudrait jouer Anouilh et son Antigone, et articuler parfaitement le Français standard plutôt que jouer les fièvres du samedi soir…

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique
… Quant à sa copine Jade, elle ne vaut pas mieux qui s'emmure dans les toiles d'Internet, universelle araigne maléfique, pendant que sa mère qui a fui la Syrie fait des listes de mots pour les mémoriser.

Dans cette terre d'exil et d'accueil, dans cette terre d'immigration qui mêle réfugiés du Proche-Orient et descendants des acadiens entourés d'Anglais, cette terre qui veut échapper au globish et se pose la question de sa présence au monde, les deux copines rêvent de fugues, vivent intensément le sentiment de la liberté ou de l'enfermement. C'est que le confort matérialiste ou l'exaltation romantique sont autant de pièges à éviter. Pour elles le retour aux origines est problématique. La pièce noue les contradictions contemporaines.

Le langage est populaire, direct et inventif. Et le spectacle évolue de la comédie populaire et farcesque au drame suspendu au dessus des têtes. Les personnages connaissent des paroxysmes et dans les allers et les retours de leurs rêves, dans leurs errances, leurs désirs de fugues se lit la construction d'une mémoire et d'une identité. Jusqu'à ce que les deux héroïnes, en bordure du danger, croisent le chemin de la fatalité et du destin. Le retour aux origines devient tentation de l'intégrisme, du terrorisme.

Jean Grapin
29/06/2019
Spectacle à la Une

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !
Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, "Cap au pire" (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.

Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, "il" rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.

Yves Kafka
07/07/2019
Sortie à la Une

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et "bio-éthique" à dévorer tout cru

D'abord dire le choc artistique lié au mix d'un slam magnétique, d'une voix parlée aux résonances philosophiques, d'une musique live et de live painting se répondant l'une et l'autre, le tout réuni sur le même plateau pour créer l'univers poétique où deux histoires différentes - quoique… - se rencontrent au point de chute. Les contes partagent cela en commun, ils "parlent" au-delà de leur contenu et réservent des surprises "sans fin" qui nous mettent en appétit (d'ogre).

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et
Ensuite, dire que l'on ne doit pas se laisser abuser par le mot conte… Comme beaucoup de contes, il n'est pas destiné aux enfants même s'il peut être vu avec intérêt par eux aussi… ne serait-ce que pour qu'ils expliquent aux adultes que leur faim de bien faire - rêve d'une vie bio et écologique à tous crins - peut s'avérer à la fin, "une vraie tuerie"…

(Il était une fois) un ogre dont i["À [son] retour [sa] douce avait dressé la table/Préparée comme jamais des mets gorgés d'odeur"]i (il parle, l'ogre, en alexandrins slamés) et qui aimait ses sept filles plus que tout au monde, les bisoutant, les cajolant et veillant à ce que rien ne leur manquât de nourriture raffinée et autres conforts domestiques. Un père de famille au-dessus de tout soupçon…

Certes, les mets gorgés d'odeurs mijotés par sa femme ogresse étaient exquis à son goût mais ogre il était, et son penchant "naturel" pour la chair fraîche humaine ne pouvait longtemps rester au garde-manger.

Yves Kafka
27/07/2019