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Théâtre

"Vies de papier" Un road-movie immobile, une épopée de l'autodérision

Leur tournée passe peut-être pas loin de chez vous. Il faut aller voir Benoît Faivre et Tommy Laszlo et leur manière de rendre palpitant l'examen d'un album-photos anonyme et intrigant trouvé dans une brocante belge…



© Thomas Faverjon.
© Thomas Faverjon.
Dans "Vies de papier", ces documentaristes, ces nouveaux Dupond et Dupont mènent une enquête qui, par étapes, avec ses impasses, ses indices, ses objets déconcertants, toutes ces miettes d'un passé inconnu voit s'ajuster des miettes de mémoire et se constituer en une histoire allemande, une destinée. Celle d'une femme allemande pendant la guerre.

Le scénario développé est improbable et véridique, le récit est haletant. Il a la dimension d'un témoignage de chasseurs de trésors qui tatônnent et se trouvent transformés eux- même par la chasse. Par la résolution de l'énigme, les ressorts secrets de la quête.

Scéniquement, tous les codes convergent vers la réalité avec, en prime dans la présence des comédiens, cette dimension de passion délivrée par des enquêteurs devenus de magnifiques conférenciers. Qui, dans leur manière de faire la liaison entre les images et les objets, cèdent à une touchante tendance à l'auto-célébration. Comme une joie, une satisfaction, une fierté à faire partager.

"Vies de papier" est un road-movie immobile, une épopée avec ce sens de l'autodérision qui fait douter jusqu'au bout et tiens les rennes du rire. Alors cet album-photos ? Cette femme, on y croit ou on n'y croit pas ? C'est la question d'un spectateur comblé.

"Vies de papier"

© Thomas Faverjon.
© Thomas Faverjon.
Avec : Benoît Faivre et Tommy Laszlo.
Réalisation : Benoît Faivre, Kathleen Fortin, Pauline Jardel et Tommy Laszlo.
Direction artistique : Benoît Faivre, Tommy Laszlo.
Regard extérieur : Kathleen Fortin.
Prise de vues : Pauline Jardel.
Création musicale : Gabriel Fabing.
Création lumière : Marie-Jeanne Assayag-Lion.
Costumes : Daniel Trento.
Construction : Marie-Jeanne Assayag-Lion, Olivier Gaille, David Gallaire, Thierry Mathieu et Daniel Trento.
Régie : Marie-Jeanne Assayag-Lion ou Charline Dereims.
Durée : 1 h 20.
À partir de 11 ans.
Par la Cie La Bande Passante.
>> ciebandepassante.fr

Tournée

© Thomas Faverjon.
© Thomas Faverjon.
14 janvier 2020 : Auditorium de la Louvière - ATP-Vosges, Épinal (88).
Du 28 au 31 janvier 2020 : Transversales - Scène conventionnée, Verdun (55).
4 et 5 février 2020 : Théâtre de Laval - Scène conventionnée, Laval (53).
7 février 2020 : Scènes du Golfe, La Lucarne, Arradon (56).
9 et 10 février 2020 : Théâtre du Champ Exquis - Scène conventionnée, Blainville-sur-Orne (14).
Du 3 au 5 mars 2020 : Maison de la culture, Tournai (Belgique).
9 et 10 mars 2020 : Le Safran - Scène conventionnée, Amiens (80).
19 mars 2020 : La Rampe - Scène conventionnée, Échirolles (38).
29 mars 2020 : Festival Méli'Môme, Reims (51).
31 mars et 1er avril 2020 : Théâtre Au Fil de l'Eau, Pantin (93).
3 avril 2020 : ACB, Scène Nationale, Bar-le-Duc (55).
Du 7 au 9 avril 2020 : Le Salmanazar, Épernay (51).
29 et 30 avril 2020 : L'Embarcadère, Saint-Sébastien-sur-Loire (44).
7 Mai 2020 : Le Vélodrome, Plan-les-Ouates (Suisse).

Jean Grapin
Mercredi 8 Janvier 2020

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© Alexandre Pupkins.
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Yves Kafka
15/01/2021
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

Rébecca Dereims, Comédienne
19/02/2021