Le plateau est large et sobre. Se presse un ensemble de suivants autour d'un protagoniste qui, à nu, se loge dans une baignoire pour se laver. Il se sèche pour repartir toujours accompagné par ceux-ci. Il n'y a nul contact entre eux.
En arrière-scène, en lettres blanches sur fond noir, se glisse, affichée, une question sur l'identité de cet homme. Comme si un doute pouvait naître quant à la réponse. Tartuffe (Christophe Montenez), ce faux dévot, se lave le corps comme Pilate pouvait bien se laver les mains. La scénographie de Koen Tachelet est de couleur noire et blanche. Les éléments sont disposés par des accessoiristes, situés en arrière-scène, qui se mêlent aux protagonistes. Ils interviennent en tant que témoins d'un drame qui se construit par leur aide, sans pouvoir intervenir pour le faire modifier.
Les rituels sont très présents dans l'adaptation de Ivo Van Hove. Ce sont des rituels d'entrée et de présentation des personnages. Pour Tartuffe, ces deux procédés sont combinés. À l'entame du spectacle, comme nous l'avons vu précédemment, on le découvre, entouré, dans un toilettage fait en silence et plus loin, il se fouette le dos pour rejoindre les escaliers et ensuite le plateau, comme pour se laver de ses pêchés dans le premier cas et s'en punir pour le second.
En arrière-scène, en lettres blanches sur fond noir, se glisse, affichée, une question sur l'identité de cet homme. Comme si un doute pouvait naître quant à la réponse. Tartuffe (Christophe Montenez), ce faux dévot, se lave le corps comme Pilate pouvait bien se laver les mains. La scénographie de Koen Tachelet est de couleur noire et blanche. Les éléments sont disposés par des accessoiristes, situés en arrière-scène, qui se mêlent aux protagonistes. Ils interviennent en tant que témoins d'un drame qui se construit par leur aide, sans pouvoir intervenir pour le faire modifier.
Les rituels sont très présents dans l'adaptation de Ivo Van Hove. Ce sont des rituels d'entrée et de présentation des personnages. Pour Tartuffe, ces deux procédés sont combinés. À l'entame du spectacle, comme nous l'avons vu précédemment, on le découvre, entouré, dans un toilettage fait en silence et plus loin, il se fouette le dos pour rejoindre les escaliers et ensuite le plateau, comme pour se laver de ses pêchés dans le premier cas et s'en punir pour le second.
Durant la représentation, en arrière-scène, s'étalent sur un écran noir et en lettres blanches des propos et des questionnements en relation directe avec ce qui se joue sur les planches. Comme si le public devait se questionner sur certains temps forts ou à découvrir leur contexte par ces indications, parfois ouvertes ou fermées. L'approche est presque brechtienne, sans que le jeu le soit.
Tartuffe est savamment mis en exergue dans ses caricatures. On le voit se fouetter le dos, recouvert de sa chemise. Dans chaque tableau se joue un suspense dramaturgique. Chaque séquence est un temps fort qui débute scénographiquement avec une lumière blanche, accompagnée d'un son sec et claquant, qui éclaire la scène et deux protagonistes, souvent face à face, dans un périmètre de jeu délimité par un plateau blanc. Tout est à distance, mais les contacts sont constants. On s'empoigne, on se bat, on s'engueule, on crie, on gesticule, on se caresse, on s'enjambe, on se cache, on se voit, on s'espionne. Tout le panel des émotions est décliné autant par le verbe que par le geste, autant par la parole que par le corps, autant par le cri que par l'éclat. Le silence fait aussi ses entrées en donnant aux propos une résonance qui va au-delà des mots pour les habiller du costume du ressenti.
Tout est tension. Tartuffe, superbement interprété par Christophe Montenez, est presque diabolique quand il hurle, ses cris accompagnant une gestuelle des mains très physique, ample et parfois violente. Le reste du temps, sa voix est posée, à dessein traînante et pesante, pour porter avec elle une obole de suspicion, de doute. Ainsi, avant même qu'un mot ne sorte de sa bouche, c'est par son maintien et son attitude qu'est décliné Tartuffe. L'habit fait ainsi le moine.
Ivo Van Hove a adapté la version du classique de Molière en trois actes, interdite en 1664. C'est un inédit. Celui-ci est plus tranché, rapide, violent dans les ruptures dramaturgiques et dans le conflit familial qui oppose Orgon (Thierry Hancisse) à son fils Cléante (Loïc Corbery), et dans l'attrait sexuel et de fausse séduction entre Elmire (Marina Hands), la femme d'Orgon, et Tartuffe.
La musique apporte une touche presque tragique. L'habillement est contemporain. Costumes, cravates pour les hommes, tailleurs et jupes pour les femmes. C'est assez strict, comme les mots qui sont pesés et dits avec beaucoup d'intention et d'attention pour, entre autres, Tartuffe qui reste un parangon dans ses démonstrations religieuses et lubriques. Son hypocrisie, dénoncée par les autres personnages, emporte avec elle un maniérisme qui lui sied.
Tartuffe est savamment mis en exergue dans ses caricatures. On le voit se fouetter le dos, recouvert de sa chemise. Dans chaque tableau se joue un suspense dramaturgique. Chaque séquence est un temps fort qui débute scénographiquement avec une lumière blanche, accompagnée d'un son sec et claquant, qui éclaire la scène et deux protagonistes, souvent face à face, dans un périmètre de jeu délimité par un plateau blanc. Tout est à distance, mais les contacts sont constants. On s'empoigne, on se bat, on s'engueule, on crie, on gesticule, on se caresse, on s'enjambe, on se cache, on se voit, on s'espionne. Tout le panel des émotions est décliné autant par le verbe que par le geste, autant par la parole que par le corps, autant par le cri que par l'éclat. Le silence fait aussi ses entrées en donnant aux propos une résonance qui va au-delà des mots pour les habiller du costume du ressenti.
Tout est tension. Tartuffe, superbement interprété par Christophe Montenez, est presque diabolique quand il hurle, ses cris accompagnant une gestuelle des mains très physique, ample et parfois violente. Le reste du temps, sa voix est posée, à dessein traînante et pesante, pour porter avec elle une obole de suspicion, de doute. Ainsi, avant même qu'un mot ne sorte de sa bouche, c'est par son maintien et son attitude qu'est décliné Tartuffe. L'habit fait ainsi le moine.
Ivo Van Hove a adapté la version du classique de Molière en trois actes, interdite en 1664. C'est un inédit. Celui-ci est plus tranché, rapide, violent dans les ruptures dramaturgiques et dans le conflit familial qui oppose Orgon (Thierry Hancisse) à son fils Cléante (Loïc Corbery), et dans l'attrait sexuel et de fausse séduction entre Elmire (Marina Hands), la femme d'Orgon, et Tartuffe.
La musique apporte une touche presque tragique. L'habillement est contemporain. Costumes, cravates pour les hommes, tailleurs et jupes pour les femmes. C'est assez strict, comme les mots qui sont pesés et dits avec beaucoup d'intention et d'attention pour, entre autres, Tartuffe qui reste un parangon dans ses démonstrations religieuses et lubriques. Son hypocrisie, dénoncée par les autres personnages, emporte avec elle un maniérisme qui lui sied.
La mise en scène de Van Hove est simple et directe, comme en écho à la sobriété des décors très bien agencés. Un voile très énigmatique entoure le final où les personnages sont en costumes de ville avec, entre autres, Orgon portant une longue cape rapiécée et Cléante, habillé d'un jean, avec un porte-voix à la main. C'est un retournement situationnel autant dans les mœurs, contestataire dans cette scène, que social, par leur urbanité populaire, où les mœurs religieuses du XVIIe siècle ont quitté leur lit pour aller épouser celle d'une modernité beaucoup plus épanouissante. Comme celle que nous a donnée à voir Ivo Van Hove !
◙ Safidin Alouache
◙ Safidin Alouache
"Tartuffe ou l'hypocrite"
Version interdite en trois actes de 1664.
Restituée par Georges Forestier avec la complicité d'Isabelle Grellet.
Mise en scène : Ivo Van Hove.
Assistant à la mise en scène : Laurent Delvert.
Avec la troupe de la Comédie-Française : Thierry Hancisse, Sylvia Bergé, Loïc Corbery ou Stéphane Varupenne en alternance, Christophe Montenez, Julien Frison, Marina Hands, Christine Brücher, Diego Andres, Chahna Grevoz, Hippolyte Orillard, Lila Pelissier, Alessandro Sanna, Sara Valeri.
Dramaturgie : Koen Tachelet.
Scénographie et lumières : Jan Versweyveld.
Assistant à la scénographie : Jordan Vincent.
Assistant aux lumières : François Thouret.
Costumes : An D'Huys.
Musique originale : Alexandre Desplat.
Collaboration musicale : Solrey.
Édition musicale : Galilea Music.
Son : Pierre Routin.
Vidéo : Renaud Rubiano.
Production : Comédie-Française. Coréalisation : La Villette.
Déconseillé au moins de 15 ans.
Durée : 2 h avec entracte.
Restituée par Georges Forestier avec la complicité d'Isabelle Grellet.
Mise en scène : Ivo Van Hove.
Assistant à la mise en scène : Laurent Delvert.
Avec la troupe de la Comédie-Française : Thierry Hancisse, Sylvia Bergé, Loïc Corbery ou Stéphane Varupenne en alternance, Christophe Montenez, Julien Frison, Marina Hands, Christine Brücher, Diego Andres, Chahna Grevoz, Hippolyte Orillard, Lila Pelissier, Alessandro Sanna, Sara Valeri.
Dramaturgie : Koen Tachelet.
Scénographie et lumières : Jan Versweyveld.
Assistant à la scénographie : Jordan Vincent.
Assistant aux lumières : François Thouret.
Costumes : An D'Huys.
Musique originale : Alexandre Desplat.
Collaboration musicale : Solrey.
Édition musicale : Galilea Music.
Son : Pierre Routin.
Vidéo : Renaud Rubiano.
Production : Comédie-Française. Coréalisation : La Villette.
Déconseillé au moins de 15 ans.
Durée : 2 h avec entracte.
Du 21 mai au 11 juillet 2026.
Grande Halle de la Villette, 211 avenue Jean Jaurès, Paris 19ᵉ.
Téléphone : 01 40 03 75 75.
>> Billetterie en ligne
>> lavillette.com
Grande Halle de la Villette, 211 avenue Jean Jaurès, Paris 19ᵉ.
Téléphone : 01 40 03 75 75.
>> Billetterie en ligne
>> lavillette.com

















