La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
La Revue du Spe La Revue du Spe

La Revue du Spectacle, le magazine de tous les arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle




Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Théâtre

Une forme de miroir contemporain avec ses diaboliques bobards… façon fake news

"Le Maître et Marguerite", Théâtre de la Tempête, Paris

"Le Maître et Marguerite" de Mikhaïl Boulgakov, c'est Dostoïevski, Gogol et Tchekhov réunis. Un roman qui est un désir de théâtre. Désir qu'Igor Mendjinsky exauce avec talent dans l'adaptation qu'il propose.



© Pascal Gély.
© Pascal Gély.
C'est une nuit de pleine lune, une nuit de plein été, et dans Moscou, certains, nombreux, rencontrent des chats qui parlent. Un homme meurt décapité par un tramway, une jeune femme meurt à l'autre bout de la ville. Un écrivain voit son œuvre raillée et censurée. Une jeune femme à la tête romanesque quitte son mari et son ennui à la recherche d'un maître. Un dramaturge qui a écrit une pièce sur Jésus et Ponce Pilate, témoin de tout cela, se trouve enfermé chez les fous. Une sorcière chevauche un balai.

Les récits se choquent, cahotent et s'amplifient jusqu'à l'absurde, jusqu'à l'inquiétude.

C'est que c'est le diable qui mène la danse, sème le désordre, installe une autre réalité, la Sienne, qui dissout toutes les autres. Le Surnaturel s'impose. Ce qui est des plus réjouissant.

Et dans cette nuit de pleine lune, l'ombre d'un pouvoir s'étend sur la ville. Comprenne qui pourra.

© Pascal Gély.
© Pascal Gély.
Dans l'adaptation qu'il fait de l'œuvre, Igor Mendjisky adopte une écriture scénique en tout point fidèle aux mouvements de l'écriture du roman, et la rigueur de jeu et de plateau renvoie à celle du livre.

Virtuose, hachée profondément drôle et intensément cohérente sous les apparences, la représentation joue à cache-cache avec l'imaginaire. Le spectateur est face à une réalité fluctuante qui joue avec le pouvoir d'illusion ou avec les remises à plats de la réalité tangible de la scène de spectacle.

Les acteurs "entrent en jeu" littéralement, imposent les changements de personnages, de lieux. Glissent des uns aux autres en une danse de plus en plus… endiablée. Dans les écarts créés, Igor Mendjisky a la très bonne idée de marquer le chevauchement des lieux et des temps (de l'antiquité à nos jours, de la fiction à la réalité) par des changements de langues et d'alphabets utilisés comme titre de cinéma ou de chapitres de livre. Pour le grand bonheur de dépaysement du spectateur qui a, par exemple, la surprise d'entendre du Lou Reed en langue russe, ou Jésus et Pilate parler en grec ancien.

Incarné par Romain Cottard, Woland (le diable) mène cette danse en escamoteur, en magicien, en bateleur, en monsieur loyal sûr de lui et dominateur. Un diable sacrément farceur des plus inquiétant. Diaboliquement nôtre. Il semblerait bien que celui-ci tende comme une forme de miroir du monde contemporain avec ses bobards qui tissent notre quotidien (fake news du web).

Le public en est témoin : foi de spectateur qui applaudit des deux mains. Assurément, il se passe quelque chose sur la scène de pas ordinaire.

Le Maître et Marguerite"

Texte : Mikhaïl Boulgakov
Adaptation (éd. L’avant-scène théâtre - 2018) et mise en scène : Igor Mendjisky.
Assistant mise en scène : Arthur Guillot.
Avec : Marc Arnaud, Romain Cottard, Adrien Gamba-Gontard, Igor Mendjisky, Pauline Murris, Alexandre Soulié, Esther Van Den Driessche et Yuriy Zavalnyouk.
Traduction du Grecque ancien : Déborah Bucchi.
Lumières : Stéphane Deschamps.
Costumes : May Kattrem.
Vidéo : Yannick Donet.
Scénographie : Claire Massard et Igor Mendjisky.
Constructions décors: J.L Malavasi.
Production Compagnie Les Sans Cou, FAB - Fabriqué à Belleville, ACMÉ Production.
Durée : 1 h 50.

Du 10 mai au 10 juin 2018.
Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.
Théâtre de la Tempête, Salle Serreau, Paris 12e, 01 43 28 36 36.
>> la-tempete.fr

Dates de tournée
6 au 27 juillet 2018 : 11 • Gilgamesh Belleville, Avignon (84).
6 au 9 mars 2019 : Grand T - Théâtre de Loire-Atlantique, Nantes (44).
12 et 13 mars 2019 : Théâtre La Piscine, Antony (92).

Jean Grapin
Lundi 21 Mai 2018

Nouveau commentaire :

Théâtre | Avignon 2018 | Avignon 2017 | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


PUB

PUB

PUB


Publicité



À découvrir

● Avignon Off 2018 ● "Gueule d'Amour - Gainsbourg for ever" de Myriam Grélard

Le parcours d'un Dom juan pas comme les autres à travers le regard de sa sœur jumelle.
De Lucien à Serge, de Juliette à Charlotte… des destinées se croisent, s'aiment, s'enrichissent, se déchirent… pour donner vie à une légende.
L'inspiration que Serge Gainsbourg a trouvée en ces femmes a fait de lui un personnage éternel.

● Avignon Off 2018 ●
"Gueule d'Amour" pour évoquer Serge Gainsbourg semble bien paradoxale, si l'on se souvient qu'il s'identifiait plutôt à un "homme à tête de chou". Et si ce personnage cynique et arrogant qu'il laissait paraître était au fond qu'un être sensible et vulnérable ? Un homme généreux et attachant ? Chéri par sa mère, entouré de deux sœurs, dont une jumelle, Lucien Ginsburg (de son vrai nom) a été dès son plus jeune âge fasciné par les femmes. Complexé par son physique et doté d'une timidité maladive, ses relations avec la gente féminine s'annonçaient compliquées.

Mais voilà que l'homme a hérité d'une culture musicale très riche… et voilà que l'homme a du talent, de l'esprit, qu'il vénère la poésie. Et le voilà avec un charme fou.

J'ai choisi de donner à Liliane, sa sœur jumelle, le rôle de narratrice. Méconnue du grand public et malgré la grande distance qui les séparait, elle ressentait de près ce que vivait son frère. Le but étant de livrer aux spectateurs l'intimité de Serge Gainsbourg d'une façon tendre et fraternelle. Mon fil conducteur est le rapport avec les femmes de sa vie, qu'il soit amical, amoureux ou paternel. Toutes ayant un point commun : l'inspiration qu'elles lui procuraient et qui a fait naître une légende de son vivant… La légende que nous connaissons tous.

Annonce
26/05/2018
Spectacle à la Une

● Avignon Off 2018 ● Du 9 au 21 juillet - Île Piot "L'Occitanie fait son cirque en Avignon"

Pastille 96 du journal du Off

12e édition de ce rendez-vous avec le cirque contemporain dans le off d'Avignon. "L'Occitanie fait son cirque en Avignon" présente cette année 11 compagnies venues d'Occitanie, de France et d'Europe (Belgique et Catalogne).
En salle, sous chapiteau (climatisés) ou en plein air, un slow festival dans l'effervescence avignonnaise !

● Avignon Off 2018 ● Du 9 au 21 juillet - Île Piot
Depuis plus de 10 ans, "L'Occitanie fait son cirque en Avignon" crée l'événement et permet à des compagnies émergentes ou renommées de donner à voir l'ingéniosité et la diversité de la création circassienne d'aujourd'hui.

Pour cette 12e édition, un chapiteau, un dôme et une salle de spectacle (tous climatisés) recréent un véritable village de cirque pour découvrir 11 spectacles d'Occitanie et d'ailleurs.
Un simple pont à traverser depuis la ville intra-muros pour s'offrir une respiration dans l'effervescence du festival, profiter d'une programmation de qualité et se restaurer au bar restaurant à l'ombre du chapiteau d'accueil.

Une opération impulsée par la Région Occitanie avec le soutien de la ville de Toulouse, d'Alès Agglomération, du Grand Auch Cœur de Gascogne et coordonnée par quatre structures représentatives de la filière circassienne en Occitanie : La Verrerie d'Alès, producteur délégué, La Grainerie, Le Lido et CIRCa.

Annonce
06/06/2018
Sortie à la Une

Lili Cros et Thierry Chazelle… Artistes distillateurs de chansons de vie aux saveurs poétiques et pétillantes

"Peau neuve", Ciné XIII Théâtre, Paris et en tournée

Avec la bonne humeur accrochée en bandoulière et le sourire affiché comme une signature, Lili Cros et Thierry Chazelle, dans une harmonie en habit de duettiste, font "Peau neuve" pour unir leur poétique et charmeuse fraîcheur en un vocal et musical duo de music-hall.

Lili Cros et Thierry Chazelle…  Artistes distillateurs de chansons de vie aux saveurs poétiques et pétillantes
Dès le début, le ton est donné. On sait qu'on va passer un bon moment, que des éclairs de poésie vont illuminer ce spectacle-concert et que des traits d'humour dessineront des sourires sur nos visages, mais aussi que les textes de chansons et les répliques échangées auront parfois une teneur plus sérieuse, abordant la vieillesse ("Le vieux chien"), la mort d'un ami ("L'éclaireur") - tout en tristesse et tendre beauté, où la voix de Lili bouleverse -, la séparation ("L'anneau"), les problèmes sociaux ("Les petits attributs"), l'enfance meurtrie ("Le petit soldat")…

Mais "Le rythme est amour" et l'harmonisation des voix de Lili Cros et Thierry Chazelle régale, telle une douce friandise, nos pavillons auditifs qui hissent haut… et naviguent - entre acoustique et électrique, entre rire et émotion - sur des musiques au groove chaloupé et sur des phrasés limpides et volubiles, voire aériens et riches en couleurs tonales.

Et l'une des particularités de leur approche artistique de la composition est une pratique bien particulière de la cadence avec des appuis marqués de la voix sur les syllabes accentuées, marquant la répartition rythmique des éléments d'une phrase et créant un système de percussions vocales bâti spécifiquement pour chaque chanson où le procédé est utilisé.

Gil Chauveau
16/04/2018