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Théâtre

Un "théâtre documentaire" minimaliste et poignant... pour une nouvelle fraternité...

"Très nombreux, chacun seul", Théâtre du Soleil, Paris

Depuis "Le Banquet de la Sainte-Cécile" joué près de mille fois, Jean Pierre Bodin, du rire aux larmes, construit une œuvre, fait entendre l’intimité, l’humanité de personnes discrètes de la vie quotidienne auxquelles il confère le statut de personnages. Œuvre de partage.



© Vincent Arbelet.
© Vincent Arbelet.
Il avait engagé un travail sur les ouvriers de sa région natale lorsqu’un fait divers paru dans Libération du 15 avril 2009 (un suicide reconnu comme accident du travail) a fait diverger le projet et l’a conduit, lui le bateleur du bonheur, à affronter, de face, sans concession, le problème de la souffrance au travail.

Jean-Pierre Bodin élabore, avec le soutien de Jean-Louis Hourdin, talentueux homme de théâtre, et de Christophe Dejours, psychiatre, une œuvre radicale et sombre. Minimaliste dans son dispositif, "Très nombreux, chacun seul" devient un authentique documentaire à la tension esthétique maîtrisée.

Poignant, empreint à la fois de beaucoup de colère contenue et d’amour pudique, cette proposition, qui mêle témoignages et prise de parole, qui fait dialoguer le comédien, le rideau de scène et le support filmique, suscite, pour les survivants que nous sommes tous, un désir de fraternité nouvelle.

"Très nombreux, chacun seul"

© Didier Goudal.
© Didier Goudal.
Sur une idée de : Jean-Pierre Bodin, Alexandrine Brisson.
Collectif de réalisation : Roland Auzet, Jean-Pierre Bodin, Alexandrine Brisson, Jean-Louis Hourdin.
Mise en scène : Jean-Louis Hourdin.
Musique : Thibault Walter.
Images : Alexandrine Brisson assistée de Frédéric Mousson.
Chorégraphie : Cécile Bon.
Lumières : Gérard Bonnaud.
Costumes : Alexandrine Brisson.
Régie générale : Jean-Pierre Dos.
Régie lumière et constructions : Jean-Baptiste Herry.
Régie son et images : Bruno Michelet.
Compagnie La Mouline.
Durée : 1 h 30.

Avignon Off 2012
A été joué du 7 au 28 juillet 2012.
Tous les jours à 19 h (relâche le 17 juillet), Salle du Chapitre.
Théâtre des Halles, rue du Roi René, Avignon, 04 32 76 24 51.

10 décembre 2015 au 10 janvier 2016.
Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.
Relâche les lundis 14, 21 et 28 décembre et 4 janvier ; les jeudi 24, vendredi 25 décembre, jeudi 31 décembre et vendredi 1er janvier.
Théâtre du Soleil, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 74 24 08.
>> theatre-du-soleil.fr

16 janvier 2015 : 18 h, Théâtre Sénart - Scène Nationale, Sénart (77), 01 60 34 53 60.

Jean Grapin
Vendredi 11 Décembre 2015

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"Vies de papier" Un road-movie immobile, une épopée de l'autodérision

Leur tournée passe peut-être pas loin de chez vous. Il faut aller voir Benoît Faivre et Tommy Laszlo et leur manière de rendre palpitant l'examen d'un album-photos anonyme et intrigant trouvé dans une brocante belge…

Dans "Vies de papier", ces documentaristes, ces nouveaux Dupond et Dupont mènent une enquête qui, par étapes, avec ses impasses, ses indices, ses objets déconcertants, toutes ces miettes d'un passé inconnu voit s'ajuster des miettes de mémoire et se constituer en une histoire allemande, une destinée. Celle d'une femme allemande pendant la guerre.

Le scénario développé est improbable et véridique, le récit est haletant. Il a la dimension d'un témoignage de chasseurs de trésors qui tatônnent et se trouvent transformés eux- même par la chasse. Par la résolution de l'énigme, les ressorts secrets de la quête.

Scéniquement, tous les codes convergent vers la réalité avec, en prime dans la présence des comédiens, cette dimension de passion délivrée par des enquêteurs devenus de magnifiques conférenciers. Qui, dans leur manière de faire la liaison entre les images et les objets, cèdent à une touchante tendance à l'auto-célébration. Comme une joie, une satisfaction, une fierté à faire partager.

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Jean Grapin
08/01/2020
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Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine
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Et, ici, Pauline Bureau nous rappelle que l'histoire du football féminin est indissociable de l'évolution de la société et de ses luttes. Femmes footballeuses, femmes ouvrières, l'un peut être l'échappatoire de l'autre, enquête historique, en quête d'histoire… Plusieurs aspects de la condition de la femme sont abordés, montrés. Et dans les années soixante, de la famille à l'usine, les exemples ne manquent pas, actualités sociales sur fond de rendement à la chaîne, de taux horaires, flagrantes et énormes disparités de salaires entre les hommes et les femmes (ça a changé ?), etc.

Gil Chauveau
06/12/2019
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C'est un petit bijou que ce spectacle. Le mariage réussi de deux grandes écoles apparemment éloignées : la tragédie élisabéthaine et l'art du clown. Politiques, conflits historiques, guerres et meurtres d'un côté, dérision, naïveté lumineuse, enfance et poésie de l'autre. Les deux mêlés font exploser le drame de Macbeth en feu d'artifice, entre rire et effroi.

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Mais comment s'étonner que cette manière de mettre en scène l'écriture de Shakespeare, lui qui n'a jamais cessé d'introduire dans la plupart de ses pièces, un fou, un bouffon, un clown ou un personnage tiré de la simplicité du peuple qui avec ses mots simples, ose dire ce que les autres n'osent pas. En cela, les deux clowns de cette histoire sont des passeurs entre ces héros tragiques et le public.

Bruno Fougniès
11/02/2020