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Théâtre

Un message humaniste qui a le rire et les larmes pour passeport universel

"Chiche l'Afrique", Théâtre de Bellevillle, Paris

Gustave Akakpo est un jeune artiste togolais né en 1974. Auteur, conteur, plasticien, interprète, il se veut passeur. À la fois généreux et malicieux dans "Chiche, l’Afrique", il fête dignement la décolonisation de l’Afrique française et les années d’interdépendance et d’amitié de l’indépendance.



© Éric Legrand.
© Éric Legrand.
Il croque avec gourmandise les chefs d’état de son enfance vus à la télé de là-bas. Et certains étaient des dictateurs doués en propagandes. Tous étaient portés par de grands discours et de grandes réunions tenues avec les grands frères blancs venus de France. Célèbres, respectés, craints, mieux connus maintenant, moins ou plus respectables.

Son premier bonheur (qu’il partage avec le spectateur) est de communiquer Sa liberté de rire de Sa françafrique...

La galerie de portraits tirée est pittoresque. C’est foudroyant comment en s’appuyant sur la marche du temps Gustave Akakpo fait apparaitre les ridicules et les mensonges, ressentir la vanité des ambitions et l’étroitesse des résultats politiques. Il stabilise les images.

© Éric Legrand.
© Éric Legrand.
Gustave Akakpo décrit la comédie du pouvoir en terre africaine et, avec gourmandise, livre un message humaniste qui a le rire et les larmes pour passeport universel. "Chiche l’Afrique" est drôle et juste et relie toutes les couleurs.

Un geste, une mimique libère des frayeurs des illusions et des amertumes.

Par certains côtés les personnages sont familiers, attendrissants. Devenus inoffensifs, certains gardent leur aspect glaçant. Ses chefs d’État vus à la télé sont aussi les nôtres.

"Chiche l'Afrique"

© Éric Legrand.
© Éric Legrand.
De et avec Gustave Akakpo.
Mise en scène : Thierry Blanc.
Univers sonore : Stéphane Monteiro.
Lumières : Leslie Sozansky-Sanchez.
Durée : 1 h 20.

Spectacle du 4 septembre au 17 novembre 2012.
Du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 15 h.
Relâches exceptionnelles : 4, 5 et 6 octobre ; 10 novembre.
Théâtre de Belleville, Paris 11e, 01 48 06 72 34.
>> theatredebelleville.com

Jean Grapin
Mardi 25 Septembre 2012

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© Alexandre Pupkins.
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Yves Kafka
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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19/02/2021