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Théâtre

"Un furieux désir de bonheur"… Vœu pieux !

Beaucoup de mots puissants dans le titre de cette pièce, des mots qui rendent compte de la volonté de l'auteur et du metteur en scène de lancer sur le plateau de l'énergie positive, de l'optimisme et de la clarté dans un discours ambiant souvent proche de la déprime. Les vies incarnées par les sept interprètes forment effectivement un patchwork coloré, tressé de bonne humeur où la réalisation des désirs et la quête du bonheur servent de fil conducteur.



© Christophe Rainaud De Lage.
© Christophe Rainaud De Lage.
Sept vies donc, qui gravitent autour de Léonie, la grand-mère, dont le septantième anniversaire ouvre le spectacle. Un anniversaire qui est censé être le dernier, mais, comme la mort promise ne vient pas, qui s'avère être le début d'une vie. Une vie de liberté, d'absence de contrainte, de lâcher-prise. Elle est la première à décider de suivre ses désirs. Les autres personnages (fille, petite-fille et entourage) suivront à peu près tous le même parcours, chacun dans la particularité de ses combats pour faire admettre ses choix, aux autres, à la société.

Fort de ses interprètes qui mêlent les disciplines du cirque, de la danse et du jeu d'acteur, la mise en scène d'Olivier Letellier s'appuie essentiellement sur le travail chorégraphique de Sylvère Lamotte et la création sonore de Mikaël Plunian. Des chorégraphies souvent en groupe et des utilisations des corps qui finissent par réduire la narration à l'accessoire, peut-être pour remplir un vide laissé par la simplicité du texte de Catherine Verlaguet.

Ce texte, qui se présente au départ à la manière d'un conte, se décline ensuite en monologues et en portraits un peu trop génériques, et charmants. C'est ainsi qu'outre le tronc central formé par la famille de Léonie, on y rencontre un entrepreneur qui n'ose pas avouer son homosexualité, un prof d'EPS en lutte contre l'administration, une réfugiée orpheline, un adolescent souffrant de tocs, amoureux éperdu. Il faut dire que le spectacle est destiné à la jeunesse et la volonté de l'auteur a sans doute été que celle-ci s'identifie aux personnages.

© Christophe Rainaud De Lage.
© Christophe Rainaud De Lage.
Au plateau, le travail choral des interprètes est totalement abouti. Les différents talents, que chacun déploie, donnent l'énergie et la joie affichée à tout le spectacle. Acrobaties, danses et constructions de personnages sont marqués par une fluidité constante, qui transforme ce groupe humain en créature mouvante, changeante, impalpable. Au début de l'histoire, ils sortent d'ailleurs de costumes rigides et translucides comme des chrysalides, ils y retournent à la fin. Cigales ayant chanté.

Furieux, en fin de compte, ce spectacle ne l'est pas vraiment. Et s'il propose quelques clefs pour que chacun découvre la force d'aller au bout de ses désirs, en se cantonnant à l'univers de la classe moyenne, voire de la petite bourgeoisie, il reste excessivement sage, plus esthétique que déroutant.

"Un furieux désir de bonheur"

© Christophe Rainaud De Lage.
© Christophe Rainaud De Lage.
Texte : Catherine Verlaguet.
Mise en scène : Olivier Letellier.
Avec : Thomas Guené, Marie-Julie Debeaulieu, Julien Bouanich, Jeanne Favre, Geneviève de Kermabon, Ninon Noiret, Matéo Thiollier-Serrano, Jules Sadoughi.
Chorégraphie : Sylvère Lamotte.
Collaborateur artistique : Jonathan Salmon.
Création sonore : Mikaël Plunian.
Création lumières & scénographie : Sébastien Revel.
Costumes : Juliette Gaudel.
Durée : 1 heure
À partir de 8 ans.

Vu le vendredi 26 février 2021 au Théâtre de la Ville - Les Abbesses, Paris 18e, dans le cadre d'une représentation professionnelle.

>> theatredelaville-paris.com

Bruno Fougniès
Jeudi 4 Mars 2021

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© DR.
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Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

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