La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Théâtre

Tout un homme : Une histoire des mineurs de Lorraine, du monde, un récit de l'homme... apaisé

"Tout un homme", Théâtre Nanterre-Amandiers, Nanterre, Hauts-de-Seine

Jean Paul Wenzel s’est attaché dans son œuvre à représenter le personnage de l’ouvrier bien peu présent dans le répertoire. Trente-huit ans après "Loin d'Hagondange" et treize ans après "Faire bleu", il retourne en Lorraine et dépeint l’histoire oubliée des mineurs d’Algérie et du Maroc.



© Éric Didym.
© Éric Didym.
Tiré de témoignages authentiques, de ceux qui ont traversé l’histoire de la migration économique des années soixante et soixante-dix, le texte cristallise en un récit les moments remarquables de toute une vie. Le village, le mariage arrangé, le rêve de richesse, l’arrivée en France terre promise, le travail c’est-à-dire l’enfer, l’accident et les copains morts, la fraternité des hommes, la communauté des femmes, les fêtes familiales, le rêve du retour au pays.

Sous le pittoresque de ces destins modestes, sous l’humour affiché, se mesure le drame et l’héroïsme de ces hommes qui ne furent au bout du compte que des déracinés. Sur ces terres de Lorraine où leurs ancêtres sont morts pour la France. Qui y ont vécu comme en une fatalité et la révolte est vaincue par le temps qui passe, le corps usé, les souvenirs des bons temps, l’aisance relative acquise au fil du temps et l’image complexe acquise par eux. Ni de là-bas, ni d’ici.

© Éric Didym.
© Éric Didym.
En filigrane, le spectateur comprend comment, dans les incidences du récit, les industriels et les politiques ont commencé de peser sur les coûts de production et quel était l’enjeu du statut pour les mineurs. Début de mondialisation et exploitation ultime des réserves de charbon. L’histoire des mineurs de Lorraine est un histoire du monde, une histoire de l’Homme.

Les comédiens sont porteurs d’un récit à la forme apaisée. Leur jeu est remarquable à la fois par la pudeur et l’exubérance affirmées. Leur plaisir de jouer est comme une révérence pleine de tact et d’émotion. À partager.

"Tout un homme"

© Éric Didym.
© Éric Didym.
Texte et mise en scène : Jean-Paul Wenzel.
Adaptation théâtrale : Arlette Namiand et Jean-Paul Wenzel.
Assistante à la mise en scène : Charlotte Lagrange.
Avec : Hovnatan Avédikian, Fadila Belkebla, Mounya Boudiaf, David Geselson et Hammou Graïa.
Les musiciens : Hassan Abd Alrahman et Jean-Pierre Rudolph.
Son : Philippe Tivillier.
Lumière : Philippe Tivillier, Vassili Bertrand.
Costumes : Cissou Winling.
Durée : 2 h 30.
Par Dorénavant Cie.
Le livre "Tout un homme (récit)" est publié aux éditions Autrement, collection Littératures.

© Éric Didym.
© Éric Didym.
Jusqu'au 9 décembre 2012.
Mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20 h 30, jeudi à 19 h 30, dimanche à 15 h 30.
Théâtre Nanterre-Amandiers, Salle Transformable, Nanterre (92), 01 46 14 70 00.
>> nanterre-amandiers.com

Tournée à venir.

© Éric Didym.
© Éric Didym.

Jean Grapin
Vendredi 30 Novembre 2012

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






    Aucun événement à cette date.



À découvrir

"Sabordage" Comme une synthèse de la modernité… une implosion écologique à venir, avenir sombre de notre monde…

Elle fut riche et belle, plaisante et paradisiaque, pays de cocagne… puis devint consommatrice et opulente, industrieuse, minière et calamité écologique, pour finir mendiante et désespérée, à l'avenir destructif d'une future terre qui coule à pic… C'est la "belle" histoire de l'île de Nauru*, miroir de notre prochain anéantissement - au délicat (!) mais définitif intitulé "6e extinction de masse" -, qui nous est contée par le talentueux Collectif Mensuel.

Narration aux allures de débats, de commentaires, d'échanges réalistes… Scénographie en une forme d'actions documentaires, visible au lointain par report vidéo "en direct", en rappel de notre monde de l'image, expression ironique de nos chaînes d'infos en continu pour une structure créative d'un théâtre pédagogique, d'un reportage théâtralisé… Car ici tout est vrai, le drame, les horreurs économiques, le dézingage des ressources et de l'environnement… le sabordage de l'île a vraiment eu lieu, sans parler des perspectives radieuses d'une fin en version sous-marine !

Le récit - dans un préambule exposant un éden de rêve aux allures de paradis touristique, sis à quelques encablures de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (près de 2 700 km quand même !) - se construit sur un montage cinématographique et télévisuel où le collectif puise dans les séries et films des années soixantes-dix quatre-vingt, tous célèbres et ancrées dans nos imaginaires collectifs…

Gil Chauveau
11/10/2019
Spectacle à la Une

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !
Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, "Cap au pire" (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.

Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, "il" rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.

Yves Kafka
07/07/2019
Sortie à la Une

"Fake"… Un "Peer Gynt" pour explorer le monde de l'info et de l'intox

"Fake - Tout est faux, tout est fou", Gare de l'Est, Paris

L'homme vagabonde sous les toits ferroviaires, au carrefour des âmes voyageuses… il est conteur. Peer Gynt partit aussi à l'aventure, cheminant entre rêve et réalité. Le narrateur s'en inspire pour démêler le vrai du faux… de notre réalité… Extraire le fake à l'ère des news…

Spectacle déambulatoire, performance de rues (ici intérieure), Fake convoque un conteur, un concepteur compositeur, des musiciens, pour une exploration d'un nouveau type où le spectateur, équipé d'un casque audio, se laisse emmener, au sens littéral comme virtuel dans une promenade découverte entre vraies et fausses informations.

Dans ce périple artistique, ce dernier garde toute liberté d'action, plus précisément de mouvements, déambulant dans l'espace proposé au fil de ses envies, de ses inspirations ou guidé par l'histoire, narration sonore, vocale et musicale, composée en direct et diffusée dans le casque et/ou influencé par la vue, le cheminement de l'acteur, Abbi Patrix, interprétant à sa façon Peer Gynt, exprimant son ressenti du lieu, posant des questions sur la véracité du réel ou interrogeant le badaud passant.

Les éléments sonores audibles dans le casque sont superposés, sans apparente cohérence mais peuvent stimuler ou orienter la perception du spectateur qui fait le choix d'être actif ou passif, ponctuellement ou de manière permanente, redevenant alors un simple observateur.

Gil Chauveau
10/10/2019