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Théâtre

"Sosies" ou le strip-tease corrosif de la vie rêvée de Céline Dion, Michel Berger et Francis Cabrel…

Quentin Defalt et sa compagnie Teknaï reviennent sur la scène avec une toute nouvelle création : "Sosie". L’humour y est tout aussi corrosif que dans le cycle des "Cadouin" ("Monsieur Martinez", entre autres, joué au Théâtre 13), bien que le sujet ne soit pas le même. Dans l'esprit de l'émission "Strip-tease", "Sosie" raconte la vie rêvée de ces gens qui tentent de ressembler à leurs idoles. Ils font peine à voir. Mais c’est acide comme on aime…



© Quentin Defalt.
© Quentin Defalt.
Tout est parti d’un documentaire sur le sujet vu sur Arte. Quentin Defalt a alors décidé d’en écrire une pièce. Il faut dire que le thème est tentant. Ce travail est le fruit d’une réflexion et co-écriture entre Juliette Coulon, Thomas Poitevin et son fidèle collaborateur et brillant comédien Gaëtan Peau.

Au menu, vie ratée et inavouée de Sandrine Coste qui se rêve en Céline Dion. Pour Jérôme Planchet, le sosie de Michel Berger est un bon moyen de fuir une vie de vieux garçon bourré aux psychotropes. Enfin, reste Franck Lopes, sosie de Cabrel par nécessité, qui "cachetonne" de petits rôles en petits boulots, parce qu’il n’a pas d’autres choix.
Pour agrémenter le tout, Quentin Defalt dresse en fond de scène un écran géant sur lequel on observe de temps en temps ces sosies dans leur intimité, comme sous forme de mini reportages vidéo…

On est encore au tout début de cette création. Reste à espérer qu’il emportera l’adhésion d’un certain nombre de programmateurs et de directeurs de lieux. C’est l’objet des deux représentations qui ont lieu à la Maison du Théâtre et de la Danse d’Épinay-sur-Seine

En attendant, voici l'interview particulièrement réussi du personnage de Sandrine Coste (la jolie comédienne Juliette Coulon en interprète le rôle). C'est presque bluffant...

"Sosies"

Texte, mise en scène, scénographie et vidéos : Quentin Defalt.
Assistant à la mise en scène : Damir Žiško.
Texte et avec : Juliette Coulon (Sandrine Coste, sosie de Céline Dion), Gaëtan Peau (Franck Lopes, sosie de Francis Cabrel) et Thomas Poitevin (Jérôme Planchet, sosie de Michel Berger).
Avec l'aimable participation de : Laury André, Lucien Barse, Brita, Leïla Guérémy, Matthieu Hornuss, Jørgen, Anne-Charlotte Lesquibe et Nastassia Silve.
Son : Ludovic Champagne.
Costumes : Juliette Coulon et Martine Briand.
Production : Teknaï.
Coproduction : Maison du Théâtre et de la Danse d’Épinay-sur-Seine avec le soutien du Théâtre 13.
Teknaï est en résidence à la Maison du Théâtre et de la Danse d’Épinay-sur-Seine.
Durée 1 h 15.

16 et 17 janvier 2016.
Création à la Maison du Théâtre et de la Danse d’Épinay-sur-Seine (93).
Renseignements : 01 48 26 45 00.
>> Maison du Théâtre et de la Danse

>> compagnie-teknai.com


Vendredi 15 Janvier 2016

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© Alexandre Pupkins.
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Yves Kafka
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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