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Théâtre

"Qui l’eut cru ? Camille chez Rodin !"*

"Les Nocturnes du Musée Rodin", Musée Rodin, Paris

Le temps d’une saison, le comédien et metteur en scène Charles Gonzalès devient directeur artistique du Musée Rodin. C’est l’occasion d’y faire de belles rencontres théâtrales en compagnie de Brigitte Fossey, Marie-Christine Barrault, Jean-Claude Drouot et bien entendu Charles Gonzalès lui-même. Quelques monstres sacrés de la scène, de jolies balades entre les murs du musée… Attention, les arts s’entrechoquent !



Charles Gonzalès, Nocturnes du musée Rodin, 2012 © Alexis Berg.
Charles Gonzalès, Nocturnes du musée Rodin, 2012 © Alexis Berg.
Charles Gonzalès devient Camille Claudel au musée Rodin. Même s’il n’en n’est pas à son premier coup d’éclat avec ce seul en scène - absolument superbe de justesse et de précision - la conjugaison du personnage et du lieu dans lequel il l’a fait vivre valait à lui seul le déplacement… Camille chez Rodin ! L’idée est brillante et en même temps tellement évidente.

Les histoires sur Camille Claudel grouillent dans les mémoires et taraudent les consciences. Rodin a fait de l’ombre à Camille. Il serait à l’origine de sa perte et de son internement dans un hôpital psychiatrique. Camille piégée ; Camille pillée ; Camille figée. Si l’on garde à l’esprit l’interprétation superbe d’Adjani dans le film de Bruno Nuytten, celle de Charles Gonzalès est étonnante d’humanité et de beauté.

"In-carner", ou comment le verbe prend chair. Pourtant en voyant arriver le comédien en guenilles, on a d’abord peur d’y trouver "la folle de Chaillot". Mais dans sa bouche, on entrevoit la pureté des sculptures de Camille ; dans sa gestuelle (en position de supplique notamment), on reconnaît certaines de ses œuvres. Ainsi, le jeu prend une dimension qui va au-delà des mots. L’artiste se dédouble en l’artiste, et les phrases (celles de Camille dans ses lettres) frappent le cœur du spectateur. Elles roulent et se heurtent au marbre puissant de Rodin.

Comédien polymorphe, hier Charles Gonzalès devenait Camille. Demain il sera Ivan Mestrović (dont le musée accueille les œuvres jusqu’en janvier). Gageons qu’il transcendera la puissance artistique du sculpteur avec la même force. Nous ne manquerons pas d’être au rendez-vous.

*Phrase de Charles Gonzalès à la fin de son spectacle.

"Les nocturnes du musée Rodin"

Charles Gonzalès, Nocturnes du musée Rodin, 2012 © Alexis Berg.
Charles Gonzalès, Nocturnes du musée Rodin, 2012 © Alexis Berg.
"Charles Gonzalès devient Camille Claudel".
Avec : Charles Gonzalès.
A été joué le 5 septembre à 19 h, devant la façade sud de l’hôtel Biron, durée : 1 h 10.

"Moi, Ivan Mestrovic, slave".
Textes d’Ivan Mestrovic, Auguste Rodin, Antun Branko Simic, Antun Gustav Matos et Janko Polic Kamov.
Musiques de Milo Cipra.
Avec Charles Gonzalès.
Mercredi 3 octobre 2012 à 19 h.
Dans la Cour d’honneur, durée : 1 h.

"Les mains dans le marbre"
Textes de Michel-Ange, Léonard de Vinci, Auguste Rodin, Aristide Maillol, Constantin Brancusi, Henry Moore et Louise Bourgeois.
Avec Marie-Christine Barrault et Charles Gonzalès.
Mercredi 7 novembre 2012 à 19 h.
Dans le cadre de l'exposition "Rodin, la chair, le marbre". Durée : 1 h.

"Une voie vers les esprits"
Textes d’Auguste Rodin, Emile Zola, Lucie et Alfred Dreyfus, Georges Clemenceau et Paul Cézanne.
Avec Brigitte Fossey, Jean-Claude Drouot, Charles Gonzalès et la participation de l’avocat Roland Rappaport.
Mercredi 5 décembre 2012 à 19 h.
Devant le Monument à Balzac, puis à l’auditorium du musée, durée : 1 h 10.

>> musée-rodin.fr

Dimanche 16 Septembre 2012

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"La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil

Après déjà plusieurs années d'exploitation et de succès, Sylvie Dorliat reprend le très touchant conte de Philippe Claudel, "La petite fille de monsieur Linh", qu'elle a adapté pour la scène et qu'elle interprète. Une bonne occasion de découvrir ou de revoir ce spectacle lumineux et délicat parlant avec humanité tant de l'exil, de la mort, de la folie que de l'amitié et de l'espoir d'une nouvelle vie.

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Guerre, mort, fuite inéluctable pour un espoir de survie, triviale association caractérisant chaque jour toujours plus notre monde… Bateau, exil, nouvelle contrée inconnue, centre d'hébergement, accueil pour vieil homme et petite fille. Pays nouveau, pays sans odeur, sans les odeurs colorées et épicées de son Asie natale, peut-être le Vietnam ou le Cambodge.

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Gil Chauveau
09/09/2020
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Gil Chauveau
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En une forme de cabaret drolatique, foutraque, jouissif et impertinent, est rendu hommage à la révolte, à l'espérance d'une toujours future révolution, au souvenir de celles qui ont eu lieu - sans malheureusement toujours beaucoup d'efficience -, à celles et ceux - communards ou soixante-huitards - qui les imaginèrent sur le terreau de folles utopies. Régis Vlachos nous offre à nouveau un insolent et hilarant éloge d'une nouvelle rébellion à inventer, nous incitant, dans le respect de nos libertés individuelles, à nous indigner encore et toujours.

Cet hommage audacieux et - forcément - libertaire est associé subtilement, dans un intelligent second plan et en un judicieux contrepoint, à nos désespérantes actualités. Et, tour de force réussi, est généré, en complément inattendu et croustillant, une approche de mise en abyme conjugale du couple tentant de représenter le spectacle tout en l'interrompant de tempétueuses disputes, de tentatives de réconciliation… ou de négociation de définitive séparation... Instillant ainsi dans tous les tiroirs narratifs, une revendication féminine et féministe émanant historiquement de Louise Michel et, dans une contemporanéité militante, celle de la femme d'aujourd'hui que sont les comédiennes Charlotte Zotto et Johanna Garnier.

Gil Chauveau
31/08/2020