La série de confrontations entre la manager, si elle débute par un anodin entretien d'évaluation après une embauche, va vite prendre une tournure inquiétante. Au fil du temps, des mois, puis des années, la main invisible du pouvoir de l'entreprise va peu à peu étouffer toute velléité de liberté de la jeune recrue au point de complètement s'immiscer dans sa vie privée.
Le texte de Mike Bartlett agit par petites touches. Les mots, dans cette entreprise où tout est surveillé, où tout est contractualisé, sont trompeurs, comme en politique. Un peu comme dans Big Brother, rien ne doit être dit qui puisse être interprété comme une menace ou une injonction. La mise en scène de Rana Khoury joue ainsi avec les silences, les non-dits, les supposés, les sous-entendus. La langue de bois éclate ici de belle manière et parvient à faire passer les injonctions sous des apparences de bienveillance.
Jusqu'à quel point la crainte du licenciement, la peur de se retrouver sans emploi, les sirènes hurlantes de la récession et de la crise peuvent-elles influencer les vies personnelles ? La poursuite d'une carrière valorisante, mais surtout la crainte de l'échec social et la menace de la pauvreté sont des aiguillons que "Contractions" montre à nu : capables d'annihiler totalement le libre arbitre.
Ce duel entre la manager et la jeune employée, un duel perdu d'avance tant le pouvoir de l'une et la dépendance de l'autre sont tous les deux flagrants, montre l'insidieuse manière dont la nécessité imposée par les grandes entreprises parvient à modeler à sa guise les esprits de ses machines humaines. Humaines ? Humaines comme un cheval, avec des œillères, qui ne voit que la route à suivre pour exister.
◙ Bruno Fougniès
Le texte de Mike Bartlett agit par petites touches. Les mots, dans cette entreprise où tout est surveillé, où tout est contractualisé, sont trompeurs, comme en politique. Un peu comme dans Big Brother, rien ne doit être dit qui puisse être interprété comme une menace ou une injonction. La mise en scène de Rana Khoury joue ainsi avec les silences, les non-dits, les supposés, les sous-entendus. La langue de bois éclate ici de belle manière et parvient à faire passer les injonctions sous des apparences de bienveillance.
Jusqu'à quel point la crainte du licenciement, la peur de se retrouver sans emploi, les sirènes hurlantes de la récession et de la crise peuvent-elles influencer les vies personnelles ? La poursuite d'une carrière valorisante, mais surtout la crainte de l'échec social et la menace de la pauvreté sont des aiguillons que "Contractions" montre à nu : capables d'annihiler totalement le libre arbitre.
Ce duel entre la manager et la jeune employée, un duel perdu d'avance tant le pouvoir de l'une et la dépendance de l'autre sont tous les deux flagrants, montre l'insidieuse manière dont la nécessité imposée par les grandes entreprises parvient à modeler à sa guise les esprits de ses machines humaines. Humaines ? Humaines comme un cheval, avec des œillères, qui ne voit que la route à suivre pour exister.
◙ Bruno Fougniès
"Contractions"
Texte : Mike Bartlett
Mise en scène : Rana Khoury.
Assistante à la mise en scène : Pauline Darrieu.
Avec : Mélanie Bouexière et Elara Le Floch.
Compagnie Les Flâneuses.
À partir de 13 ans.
Durée : 1 h 10.
•Avignon Off 2026•
Du 4 au 25 juillet 2026.
Tous les jours à 11 h 30. Relâche le mercredi.
Théâtre Au Coin de la Lune, 24, Rue Buffon, Avignon.
Téléphone : 04 90 86 96 28.
>> Billetterie en ligne
>> luna-theatres.fr
Mise en scène : Rana Khoury.
Assistante à la mise en scène : Pauline Darrieu.
Avec : Mélanie Bouexière et Elara Le Floch.
Compagnie Les Flâneuses.
À partir de 13 ans.
Durée : 1 h 10.
•Avignon Off 2026•
Du 4 au 25 juillet 2026.
Tous les jours à 11 h 30. Relâche le mercredi.
Théâtre Au Coin de la Lune, 24, Rue Buffon, Avignon.
Téléphone : 04 90 86 96 28.
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