Alice d'Arceaux interprétant Marilyn Monroe ? Vous voulez rire ? Cette gracile brunette vue la saison passée au Théâtre Poche-Montparnasse dans "Les Petites Misères de la vie conjugale" d'après Balzac et "Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc" de Charles Péguy ? Très talentueuse et très jolie certes, plus que crédible en épouse bourgeoise du XIXᵉ siècle ou en amie d'enfance de la jeune Jeannette, mais à des années-lumière physiquement de l'interprète de "Certains l'aiment chaud"… Et pourtant…
Alice d'Arceaux rêvait de jouer Marilyn Monroe. Son amie Sophie Forte, en bonne fée, a décidé d'exaucer son souhait. L'autrice-metteuse-en-scène-chanteuse-comédienne s'est alors plongée, avec la complicité de l'intéressée, dans la vie extraordinaire et tragique de Norma Jeane Baker pour lui concocter, avec l'esprit et l'humour que nous lui connaissons, une partition de choix. Il en ressort une sorte de conte musical où, à travers tenues iconiques et chansons emblématiques, défilent les différentes étapes de la vie de la star. Un récit très documenté, livré avec légèreté et dérision, et non sans émotion, dans lequel Alice d'Arceaux chante et danse comme la vraie Marilyn.
Alice d'Arceaux rêvait de jouer Marilyn Monroe. Son amie Sophie Forte, en bonne fée, a décidé d'exaucer son souhait. L'autrice-metteuse-en-scène-chanteuse-comédienne s'est alors plongée, avec la complicité de l'intéressée, dans la vie extraordinaire et tragique de Norma Jeane Baker pour lui concocter, avec l'esprit et l'humour que nous lui connaissons, une partition de choix. Il en ressort une sorte de conte musical où, à travers tenues iconiques et chansons emblématiques, défilent les différentes étapes de la vie de la star. Un récit très documenté, livré avec légèreté et dérision, et non sans émotion, dans lequel Alice d'Arceaux chante et danse comme la vraie Marilyn.
Car, découvrons-nous avec joie, la comédienne s'avère également une excellente chanteuse et danseuse, formée dès son plus jeune âge à la danse classique et contemporaine auprès de Solange Cheloudiakoff, puis auprès du maître de ballet Edward Arckless. Nous l'imaginons aisément, enfant, rêver devant les films de Marilyn Monroe et l'imiter, tant elle connaît son idole sur le bout des doigts. Le comédien-musicien Guillaume Nocture l'accompagne à la guitare et interprète, par ailleurs, tous les autres personnages de l'histoire.
Sur scène, pas de décor, mais deux portants avec quantité de costumes, une malle en osier entre les deux (où les tenues viendront progressivement s'échouer, une fois portées). À jardin, une guitare et un siège contre lequel repose un cadre vide (accessoire qui servira, de temps à autre, aux deux comédiens pour jouer leurs scènes). Le musicien s'installe et entame "Diamonds Are a Girl's Best Friend", chanson mythique du film "Les hommes préfèrent les blondes". Paraît alors "Marilyn", perruque blonde, sexy en diable dans la célèbre robe rose du film d'Howard Hawks, nous rejouant son fameux numéro musical.
Puis, dans une adresse directe au public, et un franglais plein d'autodérision (ne perdons pas de vue que derrière Marilyn se trouve Alice ; une mise en abyme des plus pertinentes, évitant l'écueil de la prétention et de la fatuité), la comédienne entreprend de nous raconter comment la petite Norma Jeane est devenue la grande Marilyn. Retour à la case départ, donc, et la comédienne réapparaît, brune, cheveux longs, dans une simple robe noire, bégayante, pour raconter les débuts de sa tragique existence.
Celle-ci ayant de quoi faire pleurer dans les chaumières, elle a décidé "de nous la faire courte", ou plutôt sur un rythme soutenu : des antécédents familiaux catastrophiques, onze familles d'accueil, une agression sexuelle à neuf ans, un mariage sans amour à seize… le ton est léger et factuel, le récit louvoie entre le tragique et le comique, et les saynètes s'enchaînent dans ce bel esprit de distanciation instaurée depuis le départ, évitant tout pathos ridicule.
Sur scène, pas de décor, mais deux portants avec quantité de costumes, une malle en osier entre les deux (où les tenues viendront progressivement s'échouer, une fois portées). À jardin, une guitare et un siège contre lequel repose un cadre vide (accessoire qui servira, de temps à autre, aux deux comédiens pour jouer leurs scènes). Le musicien s'installe et entame "Diamonds Are a Girl's Best Friend", chanson mythique du film "Les hommes préfèrent les blondes". Paraît alors "Marilyn", perruque blonde, sexy en diable dans la célèbre robe rose du film d'Howard Hawks, nous rejouant son fameux numéro musical.
Puis, dans une adresse directe au public, et un franglais plein d'autodérision (ne perdons pas de vue que derrière Marilyn se trouve Alice ; une mise en abyme des plus pertinentes, évitant l'écueil de la prétention et de la fatuité), la comédienne entreprend de nous raconter comment la petite Norma Jeane est devenue la grande Marilyn. Retour à la case départ, donc, et la comédienne réapparaît, brune, cheveux longs, dans une simple robe noire, bégayante, pour raconter les débuts de sa tragique existence.
Celle-ci ayant de quoi faire pleurer dans les chaumières, elle a décidé "de nous la faire courte", ou plutôt sur un rythme soutenu : des antécédents familiaux catastrophiques, onze familles d'accueil, une agression sexuelle à neuf ans, un mariage sans amour à seize… le ton est léger et factuel, le récit louvoie entre le tragique et le comique, et les saynètes s'enchaînent dans ce bel esprit de distanciation instaurée depuis le départ, évitant tout pathos ridicule.
Le récit se poursuit avec l'arrivée de la Seconde Guerre mondiale, la participation de Norma Jeane à l'effort de guerre et ses débuts de mannequin après avoir été remarquée par un photographe alors qu'elle pliait des parachutes dans une usine, puis ses rêves d'actrice, ses premiers pas à Hollywood, sa transformation en Marilyn (teinture en blonde comme son idole Jean Harlow, opérations du nez, du menton et des dents, son travail acharné pour devenir une bonne actrice…).
Prenant toujours le public à partie, la comédienne enchaîne les changements de costumes à vue, évoquant sa filmographie à travers ses tenues, désormais mythiques : la robe rose de "Niagara", la rouge des "hommes préfèrent les blondes", la blanche de "Sept ans de réflexion", la noire de "Certains l'aiment chaud" ou encore le jean et le chemisier blanc de "Rivière sans retour" et le pull violet du "Milliardaire", mais aussi la robe qu'elle porta au Mocambo Club pour soutenir Ella Fitzgerald ou encore celle pour l'anniversaire de Kennedy…
Un défilé tout en couleurs et souvenirs cinématographiques au cours duquel Alice d'Arceaux enchaîne chansons ("River Of No Return", "My Heart Belongs to Daddy", "I Wanna Be Loved by You"…), scènes de films, confidences et anecdotes. Le tout s'avère aussi plaisant qu'émouvant, la comédienne faisant montre d'une belle palette de jeu, soutenu par un partenaire qui ne démérite pas en endossant, l'espace d'un bref instant, une multitude de rôles, d'un Joe DiMaggio macho et bas du front à un Arthur Miller intello coincé en passant par un Montant caricatural à souhait.
Prenant toujours le public à partie, la comédienne enchaîne les changements de costumes à vue, évoquant sa filmographie à travers ses tenues, désormais mythiques : la robe rose de "Niagara", la rouge des "hommes préfèrent les blondes", la blanche de "Sept ans de réflexion", la noire de "Certains l'aiment chaud" ou encore le jean et le chemisier blanc de "Rivière sans retour" et le pull violet du "Milliardaire", mais aussi la robe qu'elle porta au Mocambo Club pour soutenir Ella Fitzgerald ou encore celle pour l'anniversaire de Kennedy…
Un défilé tout en couleurs et souvenirs cinématographiques au cours duquel Alice d'Arceaux enchaîne chansons ("River Of No Return", "My Heart Belongs to Daddy", "I Wanna Be Loved by You"…), scènes de films, confidences et anecdotes. Le tout s'avère aussi plaisant qu'émouvant, la comédienne faisant montre d'une belle palette de jeu, soutenu par un partenaire qui ne démérite pas en endossant, l'espace d'un bref instant, une multitude de rôles, d'un Joe DiMaggio macho et bas du front à un Arthur Miller intello coincé en passant par un Montant caricatural à souhait.
À travers le texte et la mise en scène enlevée de Sophie Forte surgit une Marilyn aussi talentueuse qu'attachante, dont la trajectoire, la personnalité et la volonté forcent l'admiration. Nous ressortons de ce spectacle émus, des robes plein les yeux, une chanson sur le bout des lèvres, ravis d'avoir passé 1 h 20 en compagnie de Marilyn, la vraie.
◙ Isabelle Fauvel
Vu le 5 juillet 2026 au Théâtre Essaïon Avignon.
◙ Isabelle Fauvel
Vu le 5 juillet 2026 au Théâtre Essaïon Avignon.
"Encore une Marilyn, mais cette fois-ci la vraie !"
Texte : Sophie Forte.
Mise en scène : Sophie Forte.
Avec : Alice D'Arceaux, Guillaume Nocture (en alternance avec Alexandre Bierry).
Compositions musicales : Guillaume Nocture.
Costumes : Nadège Buflay.
Production Les Passionnées du rêve.
Durée : 1 h 20.
•Avignon Off 2026•
A été représenté du 3 au 25 juillet 2026.
Tous les jours à 10 h. Relâche le jeudi.
Théâtre Essaïon, Avignon.
Du 2 octobre 2026 au 20 février 2027.
Vendredi et samedi à 19 h.
Du 25 février au 3 avril 2027.
Jeudi, vendredi et samedi à 19 h.
Relâche les 25 décembre 2026 et 1ᵉʳ janvier 2027.
Théâtre Essaïon, 6, rue Pierre-au-Lard, Paris 4ᵉ.
Téléphone : 01 42 78 46 42.
>> Billetterie en ligne
>> essaion-theatre.com
Mise en scène : Sophie Forte.
Avec : Alice D'Arceaux, Guillaume Nocture (en alternance avec Alexandre Bierry).
Compositions musicales : Guillaume Nocture.
Costumes : Nadège Buflay.
Production Les Passionnées du rêve.
Durée : 1 h 20.
•Avignon Off 2026•
A été représenté du 3 au 25 juillet 2026.
Tous les jours à 10 h. Relâche le jeudi.
Théâtre Essaïon, Avignon.
Du 2 octobre 2026 au 20 février 2027.
Vendredi et samedi à 19 h.
Du 25 février au 3 avril 2027.
Jeudi, vendredi et samedi à 19 h.
Relâche les 25 décembre 2026 et 1ᵉʳ janvier 2027.
Théâtre Essaïon, 6, rue Pierre-au-Lard, Paris 4ᵉ.
Téléphone : 01 42 78 46 42.
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>> essaion-theatre.com

























