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Théâtre

"Les monstrueuses", un hymne à la vitalité, une confidence faite au public

"Les monstrueuses", Maison des Métallos, Paris

Dans "Les monstrueuses" de Leïla Anis (et joué par elle-même), une jeune femme décrit le choc qui est le sien à l'annonce de sa grossesse. Son état de confusion. Un chaos des souvenirs qui fondent sa lignée. En butte à une malédiction venue de la nuit des temps. Ces enfantements qui l'ont précédé…



© Pierre François.
© Pierre François.
Enfantements qui, de la mère à la mère, transmettent l'épreuve du mauvais sort, du mal amour. Don de ses aïeules, en héritage. Qui la hante. De mémoire vive, la mort est apportée.

Et pourtant, avec malgré tout le miracle de l'enfant dont elle est la preuve. Qui sonne comme une superstition nécessaire. Qu'elle soit de terres de France et de Sheba, portée par une môme Piaf ou un conte persan.

Leïla Anis porte tous les personnages dans leurs diversités et leurs continuités. C'est, dans l'alternance des époques, une lignée paradoxale qui prend corps. Concentrée sur elle-même, la comédienne entre dans un dialogue contrasté, donne corps et vie.

Le spectacle affiche une fiction de réalisme : celle d'une chambre de repos "hospitalière". Un homme attentif, un médecin (qui est aussi le metteur en scène), approfondit l'écoute, amortit le choc de la résurgence des peurs refoulées, accompagne la remontée à la confiance, amplifie le dialogue à l'évidence de sa simplicité.

Dans ce spectacle, Leïla Anis replie méthodiquement les peurs et les souvenirs dans cette boîte à raconter qu'est le théâtre. Elle est une mutante heureuse qui, en mettant fin à une généalogie du malheur, offre au public un hymne à la vitalité. Une confidence faite au public. Qui apprécie profondément.

"Les monstrueuses"

© Pierre François.
© Pierre François.
Dans le cadre de Focus "Femmes !"
Texte : Leïla Anis.
Mise en scène : Karim Hammiche.
Avec : Leïla Anis, Karim Hammiche.
Création musicale : Clément Bernardeau.
Créatrice lumière : Véronique Guidevaux.
Régie son : Pierre-Emmanuel Jommard.
Production de la Compagnie Œil Brun.
Durée : 1 h 10.

Du 21 novembre au 2 décembre 2017.
Mardi, mercredi, vendredi à 20 h, sauf vendredi 24 novembre à 14 h,
jeudi, samedi à 19 h et dimanche à 15 h.
Maison des Métallos, Paris 11e, 01 47 00 25 20.
>> maisondesmetallos.paris

Jean Grapin
Mercredi 22 Novembre 2017

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© François Vila.
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© Christophe Raynaud de Lage.
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