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Coulisses & Cie

Les "Hors-Scène", une initiative du Théâtre de la Contrescarpe pour que le spectacle demeure vivant !

L'adaptation, voilà le maître mot de cette nouvelle période de confinement. Le Théâtre de la Contrescarpe, comme d'autres, l'a bien compris. Ici, l'opération s'intitule les "Hors-Scène". Les artistes actuellement à l'affiche de ce théâtre du Ve arrondissement, se sont donné le mot pour créer des capsules vidéo à suivre sur les réseaux sociaux du théâtre et sur sa chaîne Youtube. Proposant poésie, anecdotes, entretiens, etc., de chez eux, ils s'invitent chez vous, afin que le spectacle et les artistes puissent continuer à exister.



"Mais du soleil que reste-il ?" d'après Maurice Genevoix, saison 2020 du Théâtre de la Contrescarpe © DR.
"Mais du soleil que reste-il ?" d'après Maurice Genevoix, saison 2020 du Théâtre de la Contrescarpe © DR.
Les vidéos sont enregistrées par les artistes eux-mêmes puis elles sont montées par l'équipe du théâtre, accompagnées d'une musique originale d'Hélios Azoulay (dont le spectacle "Moi aussi j'ai vécu" est programmé au Théâtre de la Contrescarpe). Elles seront publiées du mardi au dimanche sur les comptes Instagram, Facebook, Twitter, Youtube du Théâtre de la Contrescarpe ainsi que sur une page dédiée du site internet.

"Ce projet est né de l'initiative d'Emmanuelle Benhaim qui fait partie de l'équipe d'accueil du Théâtre de la Contrescarpe ! Le théâtre étant fermé, les artistes confinés, elle avait envie que l'histoire du Théâtre de la Contrescarpe continue !
J'ai été emballée par sa proposition et les artistes programmés cette saison ont tous répondu avec grand enthousiasme ! Même séparés, même loin de la scène, les artistes sont ainsi rassemblés et l'esprit de la famille du Théâtre de la Contrescarpe vibre et rayonne toujours !
Hors-Scène est une véritable œuvre artistique, collaborative et généreuse ! Nous avons hâte de vous la faire découvrir !"
Maud Mazur, Directrice artistique du Théâtre de la Contrescarpe.

Les "Hors-Scène" ont démarré hier, mardi 10 novembre, avec Pierrette Dupoyet (à l’affiche de la Contrescarpe avec son spectacle "Dreyfus, l’affaire") qui partage une anecdote issue d'une de ses tournées.

"Pourquoi Blanche-Neige ne se réveille pas ?", saison 2020 du Théâtre de la Contrescarpe © Fabienne Rappeneau.
"Pourquoi Blanche-Neige ne se réveille pas ?", saison 2020 du Théâtre de la Contrescarpe © Fabienne Rappeneau.
Les artistes - comédiens(nes), auteurs(es), metteurs(es) en scène - sont invités(es) à intervenir dans le cadre de cinq rubriques.

"Le ¼ d’heure littéraire"
L'artiste sélectionne un texte, un extrait d'une œuvre littéraire qui le touche, le lit et le commente.

"La poésie"
Ici est choisi un texte poétique ou un poème que l'on souhaite partager.

"La tirade"
L'artiste propose sa tirade préférée et explique son choix.

"L'anecdote"
Il s'agit pour les artistes de livrer aux "spectateurs" l'une de leurs plus belles anecdotes théâtrales. Cela pourra être la plus drôle, la plus touchante ou la plus marquante…

"L'entretien"
Pour cet échange, l'invité répondra aux questions posées par les internautes via les réseaux sociaux. L'entretien filmé sera mené par Emmanuelle Benhaim.

"Moi aussi j'ai vécu", saison 2020 du Théâtre de la Contrescarpe © Fabienne Rappeneau.
"Moi aussi j'ai vécu", saison 2020 du Théâtre de la Contrescarpe © Fabienne Rappeneau.
Les intervenants prévus sont les artistes des spectacles suivants :
"Jeanne d'Arc", "À la recherche du temps perdu" de Marcel Proust, "Le voisin de Picasso", "La Chute" d'Albert Camus, "Le temps qui nous sépare de la foudre" d'après Jacques Prévert et J.-M. G. Le Clézio, "Moi aussi j'ai vécu" d'Hélios Azoulay, "Pourquoi Blanche-Neige ne se réveille pas ? La fantastique enquête écolo", "Mais du soleil que reste-t-il ?" d’après Maurice Genevoix, "Dreyfus, l'affaire".

>> Vidéos Hors-Scène
>> theatredelacontrescarpe.fr

Gil Chauveau
Mercredi 11 Novembre 2020

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Maria Casarès et Albert Camus se retrouvent pour une heure dans un nouveau théâtre de Poitiers

Ouverte en septembre 2023, cette nouvelle salle finit sa saison en rendant hommage à celle qui lui a donné son nom : Maria Casarès. Une salle citadine née de la volonté des deux codirecteurs de la Maison Maria Casarès, Matthieu Roy et Johanna Silberstein. C'est dans les anciennes écuries de la caserne de Poitiers que deux grandes salles voûtées abritent maintenant ce nouveau lieu destiné à présenter au public tourangeau une programmation hivernale (et donc plus confortable) qui vient en complément des activités de la maison mère d'Alloue.

© Solotiana.
Cette dernière fut la demeure que Maria Casarès acheta après la mort de Camus. Une grande propriété du nom de Domaine de Lavergne, léguée par sa propriétaire à la petite commune d'Alloue, qui abrite depuis quelques années un lieu de résidence pour les compagnies de théâtre de la région et d'ailleurs. Un festival estival est également proposé dans ses immenses jardins, au mois d'août. Cette année, le Festival d'Été aura lieu du 22 juillet au 16 août.

En 2017, les éditions Gallimard, avec l'accord de la fille d'Albert Camus, publiaient la Correspondance entre ces deux artistes. Une correspondance amoureuse de plus de 800 lettres, écrites du début de leur relation (la première est datée du 6 juin 1944) jusqu'au 30 décembre 1959. Cinq jours plus tard, Camus décédait dans un accident de voiture. Ces lettres, Catherine Camus les avait collationnées des années auparavant, ayant racheté celles que possédait Maria Casarès. Cette dernière les lui avait cédées par besoin d'argent, pour réparer le toit de sa maison d'Alloue…

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"Mon Petit Grand Frère" Récit salvateur d'un enfant traumatisé au bénéfice du devenir apaisé de l'adulte qu'il est devenu

Comment dire l'indicible, comment formuler les vagues souvenirs, les incertaines sensations qui furent captés, partiellement mémorisés à la petite enfance. Accoucher de cette résurgence voilée, diffuse, d'un drame familial ayant eu lieu à l'âge de deux ans est le parcours théâtral, étonnamment réussie, que nous offre Miguel-Ange Sarmiento avec "Mon petit grand frère". Ce qui aurait pu paraître une psychanalyse impudique devient alors une parole salvatrice porteuse d'un écho libératoire pour nos propres histoires douloureuses.

© Ève Pinel.
9 mars 1971, un petit bonhomme, dans les premiers pas de sa vie, goûte aux derniers instants du ravissement juvénile de voir sa maman souriante, heureuse. Mais, dans peu de temps, la fenêtre du bonheur va se refermer. Le drame n'est pas loin et le bonheur fait ses valises. À ce moment-là, personne ne le sait encore, mais les affres du destin se sont mis en marche, et plus rien ne sera comme avant.

En préambule du malheur à venir, le texte, traversant en permanence le pont entre narration réaliste et phrasé poétique, nous conduit à la découverte du quotidien plein de joie et de tendresse du pitchoun qu'est Miguel-Ange. Jeux d'enfants faits de marelle, de dinette, de billes, et de couchers sur la musique de Nounours et de "bonne nuit les petits". L'enfant est affectueux. "Je suis un garçon raisonnable. Je fais attention à ma maman. Je suis un bon garçon." Le bonheur est simple, mais joyeux et empli de tendresse.

Puis, entre dans la narration la disparition du grand frère de trois ans son aîné. La mort n'ayant, on le sait, aucune morale et aucun scrupule à commettre ses actes, antinaturelles lorsqu'il s'agit d'ôter la vie à un bambin. L'accident est acté et deux gamins dans le bassin sont décédés, ceux-ci n'ayant pu être ramenés à la vie. Là, se révèle l'avant et l'après. Le bonheur s'est enfui et rien ne sera plus comme avant.

Gil Chauveau
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Toute la puissance créative du comédien déborde de sincérité et de vérité avec ces deux éléments. Nul besoin d'une couronne ou d'un crucifix pour interpréter un roi ou Jésus, il nous le montre en utilisant un large spectre vocal et corporel pour incarner son propre personnage. Son rapport à l'espace est dans un périmètre de jeu réduit sur toute la longueur de l'avant-scène.

Safidin Alouache
12/03/2024