La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Théâtre

"Le jardin des amours enchantées"… La Commedia del Arte au rendez-vous de l'Amour

"Le jardin des amours enchantées", La Comédie Italienne, Paris

Dans une scénographie très colorée où costumes et décors habillent avantageusement le spectacle, la Commedia del Arte se met en scène autour d'un canevas sur l'Amour où simplicité et complications s'imbriquent.



© DR.
© DR.
Derrière un rideau coloré apparaît un décor aéré composé d'arbres bien feuillus. La scénographie est assez angélique, comme celui d'un conte de fées. Apparaissent ensuite les personnages derrière un rideau rouge. Tout est théâtral, autant dans la mise en scène, que dans le préambule, les décors et le jeu. Tout est apprêté, joué. Aucun naturel ne se glisse car la Commedia Del Arte décline pour chaque personnage, une gestuelle, une voix et des attitudes spécifiques. Dans la pièce, celles-ci sont déclinées plus ou moins fortement selon les personnages. Arlequin est dans une dynamique où les acrobaties sont peu marquées avec uniquement des jeux de bascules de pieds sur lesquelles il se repose essentiellement.

Chaque personnage délimite son jeu par une voix, un costume, un maintien et des déplacements spécifiques. Les décors et les costumes sont très colorés et apportent une touche presque féérique à la pièce. Le jeu des comédiens est satiné d'une couche de légèreté et de gravité "humoristique", gravité dans la voix, une voix qui peut être grave ou haut perchée. Cette gravité apparaît aussi dans la tension des gestes, contrebalancée par un jeu théâtral très marqué. Ce mariage entre gravité et théâtralité apporte paradoxalement une touche de légèreté, un peu décalée et comique dans un canevas, basé autour de l'amour, qui ne manque pas de rebondissements et de "raccourcis" scéniques.

La scénographie est agréablement "chargée" avec un jeu des comédiens très marqué qui contrebalancent la simplicité du canevas et des situations. La "mayonnaise" prend car le décor, le jeu et l'histoire font que les comiques de situation sont nombreux, le "fantastique" présent, un "fantastique" appuyé par un décor, des costumes et des masques habillant la scène de couleurs très vives et d'une touche de malice et d'espièglerie.

"Le jardin des amours enchantées"

© DR.
© DR.
Texte : Goldoni.
Adaptation et mise en scène : Attilio Maggiulli
Assistante à la mise en scène : Claudine Simon.
Avec : Hélène Lestrade, Davis Clair, Jean-Jacques Pivert, Alexis Long, Hélène Defline, Côme Grévy.
Composition musicale : Michaël Roux.
Décors  : Stéphane Vuarnet.
Lumières  : Gilles Thomas.
Costumes  : La Sartoria Teatrale Farani (Rome).

Du 6 novembre 2014 au 29 mars 2015.
Du mardi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h 30.
La Comédie Italienne, Paris 14e, 01 43 21 22 22
>> comedie-italienne.fr

Safidin Alouache
Jeudi 29 Janvier 2015

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives | Avignon 2021 | Avignon 2022 | Avignon 2023 | Avignon 2024 | À l'affiche ter


Brèves & Com



















À Découvrir

•Off 2024• "Momentos" Créativité à l'honneur avec des chorégraphies où s'exprime parfois une poésie intime et universelle

Le Flamenco est une force brute et pure qui nous touche en plein cœur, car il est l'art dans lequel le chant, la musique et la danse se questionnent, se répondent et se mêlent dans une totale intimité. Pour l'essentiel, le répertoire du flamenco a été codifié au cours du dernier tiers du XIXe siècle et du premier tiers du XXe. De cette époque, la guitare est son instrument emblématique, à la fois pour l'accompagnement du chant, de la danse et pour le concert soliste. Depuis, son évolution a été marquée par quelques grandes tendances esthétiques.

© Sandrine Cellard.
La musique et la danse flamencas sont basées sur des "palos" (formes) prescrivant pour chacune un mode et un cycle métrique avec accents ou "compas" (accents obligés) spécifiques. Une mécanique de précision qui convoque malgré tout une dimension artistique forte et étourdissante.

Sur scène, une danseuse, deux danseurs, trois musiciens et un chanteur-musicien envoûtant le public dès les premiers instants du spectacle. Que vous soyez novice ou aficionado du flamenco, vous vous laisserez embarquer dès les premiers instants du spectacle et impossible de ressortir déçu de cette éblouissante prestation flamenca de Valérie Ortiz.

Certes, le flamenco est sensiblement ancré dans la culture espagnole et d'aucuns diront que ce dernier ne les interpelle pas, qu'ils n'en perçoivent pas les codes, n'en mesurent aucunement les mouvements dansés à leur juste valeur. Ça peut être exigeant, en effet, de suivre "à la lettre" une prestation flamenca, comme le jazz aussi, par exemple, et ça demande une certaine phase d'initiation. Ceci n'est pas faux. Difficile d'entendre cette possible réticence, néanmoins… le flamenco revêt une portée universelle réunissant à lui seul un large éventail de situations allant de la tristesse à la joie, en passant par l'amour ou la souffrance. Alors, comment y rester indifférent ?

Brigitte Corrigou
27/05/2024
Spectacle à la Une

•Off 2024• Lou Casa "Barbara & Brel" À nouveau un souffle singulier et virtuose passe sur l'œuvre de Barbara et de Brel

Ils sont peu nombreux ceux qui ont une réelle vision d'interprétation d'œuvres d'artistes "monuments" tels Brel, Barbara, Brassens, Piaf et bien d'autres. Lou Casa fait partie de ces rares virtuoses qui arrivent à imprimer leur signature sans effacer le filigrane du monstre sacré interprété. Après une relecture lumineuse en 2016 de quelques chansons de Barbara, voici le profond et solaire "Barbara & Brel".

© Betül Balkan.
Comme dans son précédent opus "À ce jour" (consacré à Barbara), Marc Casa est habité par ses choix, donnant un souffle original et unique à chaque titre choisi. Évitant musicalement l'écueil des orchestrations "datées" en optant systématiquement pour des sonorités contemporaines, chaque chanson est synonyme d'une grande richesse et variété instrumentales. Le timbre de la voix est prenant et fait montre à chaque fois d'une émouvante et artistique sincérité.

On retrouve dans cet album une réelle intensité pour chaque interprétation, une profondeur dans la tessiture, dans les tonalités exprimées dont on sent qu'elles puisent tant dans l'âme créatrice des illustres auteurs que dans les recoins intimes, les chemins de vie personnelle de Marc Casa, pour y mettre, dans une manière discrète et maîtrisée, emplie de sincérité, un peu de sa propre histoire.

"Nous mettons en écho des chansons de Barbara et Brel qui ont abordé les mêmes thèmes mais de manières différentes. L'idée est juste d'utiliser leur matière, leur art, tout en gardant une distance, en s'affranchissant de ce qu'ils sont, de ce qu'ils représentent aujourd'hui dans la culture populaire, dans la culture en général… qui est énorme !"

Gil Chauveau
19/06/2024
Spectacle à la Une

•Off 2024• "Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles…

… face aux normalisations sociétales et idéologiques

Si l'art de générer des productions enthousiastes et inventives est incontestablement dans l'ADN de la compagnie L'Éternel Été, l'engagement citoyen fait aussi partie de la démarche créative de ses membres. La présente proposition ne déroge pas à la règle. Ainsi, Emmanuel Besnault et Benoît Gruel nous offrent une version décoiffante, vive, presque juvénile, mais diablement ancrée dans les problématiques actuelles, du "Chapeau de paille d'Italie"… pièce d'Eugène Labiche, véritable référence du vaudeville.

© Philippe Hanula.
L'argument, simple, n'en reste pas moins source de quiproquos, de riantes ficelles propres à la comédie et d'une bonne dose de situations grotesques, burlesques, voire absurdes. À l'aube d'un mariage des plus prometteurs avec la très florale Hélène – née sans doute dans les roses… ornant les pépinières parentales –, le fringant Fadinard se lance dans une quête effrénée pour récupérer un chapeau de paille d'Italie… Pour remplacer celui croqué – en guise de petit-déj ! – par un membre de la gent équestre, moteur exclusif de son hippomobile, ci-devant fiacre. À noter que le chapeau alimentaire appartenait à une belle – porteuse d'une alliance – en rendez-vous coupable avec un soldat, sans doute Apollon à ses heures perdues.

N'ayant pas vocation à pérenniser toute forme d'adaptation académique, nos deux metteurs en scène vont imaginer que cette histoire absurde est un songe, le songe d'une nuit… niché au creux du voyage ensommeillé de l'aimable Fadinard. Accrochez-vous à votre oreiller ! La pièce la plus célèbre de Labiche se transforme en une nouvelle comédie explosive, électro-onirique ! Comme un rêve habité de nounours dans un sommeil moelleux peuplé d'êtres extravagants en doudounes orange.

Gil Chauveau
26/03/2024