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Coulisses & Cie

Le Théâtre de la Ville fait don de ses archives à la BnF

La Bibliothèque nationale de France et le Théâtre de la Ville marquent leur engagement mutuel en faveur de la mémoire du spectacle vivant par le don des archives de ce lieu majeur de la création contemporaine.



La Rotonde des Arts du spectacle © Jean-Christophe Ballot/BnF/Oppic.
La Rotonde des Arts du spectacle © Jean-Christophe Ballot/BnF/Oppic.
Des milliers de photographies, l'intégralité des programmes, affiches, dossiers de presse et archives du service de la communication ainsi que des centaines d'heures d'enregistrements rejoignent les collections du département des Arts du spectacle.

Couvrant la période de 1968 à nos jours, cet ensemble restitue la mémoire de la programmation foisonnante de ce lieu en théâtre, en danse comme en musique.

On y croise les grands noms de la danse contemporaine d'Alwin Nikolais à Pina Bausch en passant par Carolyn Carlson, Merce Cunningham, Christian Rizzo, Jan Fabre, Anne Teresa De Keersmaeker, du théâtre avec les oeuvres d'Eugene Ionesco, Edward Bond et Bernard-Marie Koltès et des mises en scène de Jean Mercure, Lucian Pintilié, Edward Bond, Patrice Chéreau, le Berliner Ensemble, Robert Wilson, Guy Cassiers mais aussi le mime Marcel Marceau, la chanteuse Juliette Greco, le musicien Nusrat Fateh Ali Khan et de nombreux compositeurs et musiciens venus du monde entier.

En parallèle, Anna Birgit, la photographe officielle du théâtre pendant plus de trente ans, a donné la totalité de son fonds de négatifs, planches-contacts et de tirages au département des Arts du spectacle.

Sarah Bernhardt par Jules Masson, 1889 © Jean-Christophe Ballot/BnF/Oppic
Sarah Bernhardt par Jules Masson, 1889 © Jean-Christophe Ballot/BnF/Oppic
Ces deux dons prestigieux vont compléter les collections que la BnF conserve sur l'histoire de ce théâtre depuis sa construction en 1862, notamment sur les directions de Sarah Bernhardt et de Charles Dullin ainsi que sur le Théâtre des Nations. Le magnifique manteau que portait Sarah Bernhardt en 1902 au moment de la reprise de Théodora sur la scène du Théâtre de la Ville est exposé au centre de la nouvelle Rotonde des Arts du spectacle du site Richelieu de la BnF, inauguré le 11 janvier 2017.

Communiqué de presse du 19 janvier 2017 de la BnF/Théâtre de la Ville.

La Rédaction
Jeudi 26 Janvier 2017

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Entendre le théâtre… Un voyage sonore dans le théâtre français au XXe siècle

Le théâtre, au-delà de la scène, du plateau, de l'expression et des mouvements de ses protagonistes, de la représentation imagée, symbolique, imaginée des décors, c'est le texte, les sons, la musique et la voix, les voix… Le théâtre peut donc être écouté… et a été écouté ! Dans l'exercice de son rôle patrimonial, la BnF (associée au CNRS) crée un site et une série de podcasts dédiés à la dimension acoustique de cet art.

Entendre le théâtre… Un voyage sonore dans le théâtre français au XXe siècle
Le théâtre est bien évidemment un art évolutif, en perpétuelle mutation. La manière dont on le perçoit a changé quand lui-même bouleverse en permanence ses manières de représentation, ses codes, ses modes internes d'expression. Mais quel était-il au XXe siècle ? Comment l'a-t-on écouté ? Comment l'entendait-on ? Comment y parlait-on ?

La Bibliothèque nationale de France et le CNRS s'associent donc pour explorer, grâce à des archives exceptionnelles et souvent inédites, la diversité des voix et des sons du théâtre, ainsi que leurs évolutions dans la seconde moitié du XXe siècle. De Jean Vilar à Rosy Varte, en passant par Habib Benglia, Antoine Vitez ou encore Maria Casarès, on y découvre ou redécouvre les voix puissantes, profondes et singulières de celles et ceux qui ont marqué les différentes scènes françaises.

Sous l'influence de la radio, du cinéma, ou encore du cabaret, les scènes françaises se sont mises, dans les années cinquante-soixante, à exposer de nouvelles façons, plus accessibles, de dire les textes dramatiques, tandis qu'étaient explorés de nouveaux territoires de l'oralité. Ce sont ces différents aspects, novateurs à l'époque, que permet de découvrir le site "Entendre le théâtre".

Gil Chauveau
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"Vies de papier" Un road-movie immobile, une épopée de l'autodérision

Leur tournée passe peut-être pas loin de chez vous. Il faut aller voir Benoît Faivre et Tommy Laszlo et leur manière de rendre palpitant l'examen d'un album-photos anonyme et intrigant trouvé dans une brocante belge…

Dans "Vies de papier", ces documentaristes, ces nouveaux Dupond et Dupont mènent une enquête qui, par étapes, avec ses impasses, ses indices, ses objets déconcertants, toutes ces miettes d'un passé inconnu voit s'ajuster des miettes de mémoire et se constituer en une histoire allemande, une destinée. Celle d'une femme allemande pendant la guerre.

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Scéniquement, tous les codes convergent vers la réalité avec, en prime dans la présence des comédiens, cette dimension de passion délivrée par des enquêteurs devenus de magnifiques conférenciers. Qui, dans leur manière de faire la liaison entre les images et les objets, cèdent à une touchante tendance à l'auto-célébration. Comme une joie, une satisfaction, une fierté à faire partager.

"Vies de papier" est un road-movie immobile, une épopée avec ce sens de l'autodérision qui fait douter jusqu'au bout et tiens les rennes du rire. Alors cet album-photos ? Cette femme, on y croit ou on n'y croit pas ? C'est la question d'un spectateur comblé.

Jean Grapin
08/01/2020
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C'est un petit bijou que ce spectacle. Le mariage réussi de deux grandes écoles apparemment éloignées : la tragédie élisabéthaine et l'art du clown. Politiques, conflits historiques, guerres et meurtres d'un côté, dérision, naïveté lumineuse, enfance et poésie de l'autre. Les deux mêlés font exploser le drame de Macbeth en feu d'artifice, entre rire et effroi.

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Bruno Fougniès
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