La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Théâtre

Le Théâtre de la Huchette s'affiche à la BnF

"Théâtre de la Huchette", BnF François Mitterrand, Paris

À l’occasion du don par le Théâtre de la Huchette d’une importante partie de ses archives couvrant la période 1965-2001, la Bibliothèque nationale de France rend hommage à cette petite scène parisienne de la rive gauche - 14 m2 de plateau ! - à la renommée mondiale. Affiches, programmes, photographies, costumes, éléments de décor, archives artistiques et administratives exposés dans la Galerie des donateurs retracent l’histoire singulière de ce lieu mythique.



Intérieur du Théâtre de la Huchette (salle et scène) © Philippe Fresco, BnF, dpt des Arts du spectacle.
Intérieur du Théâtre de la Huchette (salle et scène) © Philippe Fresco, BnF, dpt des Arts du spectacle.
L’aventure du Théâtre de la Huchette et de son "spectacle Ionesco" ("La Cantatrice chauve"et "La Leçon") joué sans discontinuer depuis 1957, est un cas unique en son genre. On totalise à ce jour plus de 17 200 représentations, sans compter des tournées dans le monde entier. Afin de pallier le casse-tête des représentations quotidiennes, les comédiens décident en 1965 de fonder une société coopérative : parodiant le règlement intérieur de la Comédie-Française, les Comédiens Associés se dotent de sociétaires titulaires, de suppléants et de remplaçants, trouvant un mode de fonctionnement qui perdure encore aujourd’hui.

Cependant, réduire l’histoire du Théâtre de la Huchette au destin extraordinaire de cette "Cantatrice chauve" reviendrait à passer sous silence le dynamisme et l’inventivité du dernier théâtre de création du quartier latin. En 1981, les Comédiens Associés créent une Sarl et rachètent le fonds de commerce du théâtre. Jacques Legré en prend la tête. Il a la double ambition de continuer à donner le "spectacle Ionesco", mais également de faire à nouveau de la Huchette un lieu de création, comme du temps de son illustre directeur Georges Vitaly. C’est ainsi que naît le "troisième spectacle", donné tous les soirs à 21 h après le "spectacle Ionesco".

Photographie anonyme noir et blanc de "La Cantatrice chauve" © BnF, dpt des Arts du spectacle.
Photographie anonyme noir et blanc de "La Cantatrice chauve" © BnF, dpt des Arts du spectacle.
Depuis 1981, Jacques Prévert, Roland Dubillard, Georges Perec, Paul Claudel ou encore Jean-Claude Grumberg sont joués, le plus souvent sous la direction des deux metteurs en scène attitrés du théâtre, le duo Nicolas Bataille/Marcel Cuvelier, mais aussi de nombreux metteurs en scène invités.

L’exposition de la Bibliothèque nationale de France dévoile la richesse du fonds donné à son département des Arts du spectacle. L’histoire du théâtre et de son fonctionnement singulier y figure en bonne place, ainsi que le rayonnement mondial du "spectacle Ionesco" qui a valu au Théâtre de la Huchette un Molière d’honneur en 2000.

Théâtre de La Huchette,
23, rue de La Huchette, Paris 5e.
Tél. : 01 43 26 38 99.
>> theatre-huchette.com
Tous les jours du mardi au samedi, à 19 h et 20 h.
"La Cantatrice Chauve" - "La Leçon" d’Eugène Ionesco.
19h : "La Cantatrice Chauve", mise en scène de Nicolas Bataille.
20h : "La Leçon", mise en scène de Marcel Cuvelier.
Avec les comédiens du Théâtre de La Huchette, en alternance.
Décors : Jacques Noël.
Régie : Ider Amekhchoun.

La prochaine lecture :
L'entrée aux lectures est libre, mais il préférable de réserver au 01 42 49 27 97 ;
ou par mail à l'adresse amihuche@free.fr
Lundi 27 février à 14 h 30 : "Cousinade" (à l'initiative du Théâtre de la Huchette).
Texte : Bruno Martet.
Mise en lecture : Véronique Barrault.
Avec : Fred Saurel et Bob Martet.
Histoire : Deux cousins se retrouvent dans une chambre d’hôtel après avoir passé 10 ans sans se voir. Ils doivent enterrer le grand-père qui vient de mourir. Ils se connaissent bien, ayant été élevés, tous les deux, par les grands-parents. Ce fut une jeunesse difficile… Il faut cependant continuer à vivre, et ils sont l’un pour l’autre leur seule famille. Parce que sans amour… A quoi ça sert, tout ça ?

Exposition "Théâtre de la Huchette"

Affiche illustrée pour la 50e année de "La Cantatrice chauve" (graphisme Massin, photographie Henry Cohen) © BnF, dpt des Arts du spectacle.
Affiche illustrée pour la 50e année de "La Cantatrice chauve" (graphisme Massin, photographie Henry Cohen) © BnF, dpt des Arts du spectacle.
Commissaires : Cécile Obligi et Caroline Raynaud, conservateurs, département des Arts du spectacle, BnF.
Du 21 février au 8 avril 2012.
Du mardi au samedi de 10 h à 19 h.
Dimanche de 13 h à 19 h, lundi de 14 h à 19 h.
Fermé lundi matin et jours fériés.
Galerie des donateurs,
BnF I François-Mitterrand,
Quai François-Mauriac, Paris 13e.
Entrée libre.
>> bnf.fr

Gil Chauveau
Lundi 20 Février 2012

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives | Avignon 2021




Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.



    Aucun événement à cette date.
Vidéos les plus récentes



À découvrir

"Les femmes de la maison" L'épopée des luttes féminines sous le prisme d'une maison très spéciale

Voici la dernière pièce de Pauline Sales (écriture et mise en scène) qui a été présentée au Théâtre Paul Scarron du Mans devant un public professionnel restreint. Un privilège que d'assister à cette histoire que l'on sent chevillée au corps de sa créatrice. Il y est question de femmes artistes. Question également des femmes non artistes. Question de la liberté que les femmes ont peu à peu conquis depuis bientôt un siècle. Arrachant bribe après bribe le droit d'agir, de s'exprimer, le droit sur leur corps, leur sexualité, leurs choix. Et trouver enfin la puissance pour se détacher du diktat masculin si bien bétonné.

© Jean-Louis Fernandez.
L'histoire des "femmes de la maison" commence dans les années cinquante et se termine de nos jours. Elle va mettre en jeu une dizaine de personnages féminins sur trois périodes symboliques : les années cinquante, les années soixante-dix et 2022. Pour cela, Pauline Sales invente une maison qui sera le moyen de traverser le temps et l'espace. Cette maison est celle de Joris, un amoureux, par ailleurs cinéaste militant contre les méfaits des guerres. Il achète cette maison par amour pour une photographe, l'amour s'en va, il ne sait qu'en faire, alors il la prête à des artistes. Le hasard veut au départ que ce ne soit que des femmes - peintres, poètes, sculptrices… et cela se transforme en règle : seules des femmes artistes pourront venir un temps pour créer ici.

Première période, maison fermée entourée de bois. C'est l'après-guerre et l'artiste que Joris installe dans la maison dessine. Dessine en mode combat contre elle-même. Contre la pensée que chez elle, son mari, sa fille sont là comme une destinée de femme au foyer qu'elle refuse. Combat contre le mal que cela peut faire.

Bruno Fougniès
25/08/2021
Spectacle à la Une

•Off 2021• Sales Gosses Une approche vertigineuse et bouleversante de la maltraitance à l'école

Harcèlement, maltraitance ponctuelle ou récurrente… à l'école, à la maison, au travail, comment le traiter sur scène, comment prendre ou pas position ? Ici d'ailleurs, pas de prise de position, mais une exposition des faits, du déroulé des événements, en une manière de monologue où la comédienne Claire Cahen habite tous les personnages principaux, offrant l'accès au public à différentes appréciations du drame - victime, tyran, prof, mère - menant à une mise en perspective vertigineuse !

© Théâtre du Centaure.
Pour l'écriture de "Sales gosses", Mihaela Michailov s’est inspirée de faits réels. Une enseignante ligota une élève dans sa salle de classe, les mains derrière le dos, suite à son manque d'attention pour la leçon sur la démocratie qu'elle était en train de donner. Elle exposera ainsi l'enfant saucissonnée en exemple. Les "camarades" de cette petite-fille de onze ans, pendant la récréation, la torturons à leur tour. Elle sera retrouvée sauvagement mutilée… attachée dans les toilettes…

Dans une mise en scène que l'on perçoit nerveuse et précise, millimétrée, visant à l'efficacité, les choix de Fábio Godinho font être immédiatement lisible, mettant en quasi-training sportif la comédienne Claire Cahen et son partenaire musicien chanteur Jorge De Moura qui assure avec énergie (et talent) les multiples interventions instrumentales et/ou vocales. Metteur en scène, mais également performeur, Fábio Godinho joue clairement la carte de l'école "théâtre de la violence", de l'arène/stade où la victime est huée, vilipendée par la foule, cherchant à exprimer la performance telle que demandée sur un ring de boxe. Claire Cahen et Jorge De Moura sont à la hauteur jouant en contre ou en soutien avec le troisième acteur qu'est le décor !

Gil Chauveau
19/07/2021
Spectacle à la Une

•Off 2021• L'Aérien Le fabuleux défi de l'insoupçonnable légèreté de l'être…

Solliciter ressources du corps et de l'esprit unis dans la même entité afin d'affranchir l'humaine condition aux semelles de plomb de la pesanteur la clouant au sol, c'est le prodige réalisé par Mélissa Von Vépy "à l'apogée" de son art. À partir d'une vraie-fausse conférence sur les rapports entre l'Homme et les airs depuis que la Terre est Terre - écrite avec légèreté par Pascale Henry, complice inspirée -, la circassienne rivalise de grâces ascensionnelles. De quoi damer le pion, du haut de son Olympe, à Hermès au casque et chaussures ailées…

© Christophe Raynaud de Lage.
La conférencière au look décontracté étudié, chaussée de lunettes à monture d'écailles et d'escarpins mettant en valeur ses longues jambes, mallette à la main renfermant les planches évocatrices des tentatives humaines pour vaincre la résistance des airs (l'utilisation d'un Powerpoint n'aurait pas été assez daté…), s'emploie avec naturel et humour à survoler cette histoire à tire-d'aile… S'arrêtant cependant sur une reproduction d'Icare, celui par qui la faute advint. Pour avoir voulu voler toujours plus haut, l'intrépide, aux plumes assemblées de cire, s'est brûlé les ailes… et depuis, cette question récurrente : voler est-ce humain ?

Joignant gestes et paroles, elle ôte son blouson libérant des plumes virevoltantes autour d'elle et s'adonne à quelques envolées autour de sa chaise devenant vite le second personnage en scène. D'ailleurs, lorsque, dans le déroulé de sa conférence, elle évoquera les fabuleuses machines volantes nées de l'imaginaire de Léonard de Vinci, on se dit que cette prouesse d'horlogerie fine - que l'on doit à Neil Price - permettant de projeter en douceur ladite chaise jusque dans les cintres, mériterait de les rejoindre au panthéon des créations volantes…

Yves Kafka
26/07/2021