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Théâtre

Le Goujon Folichon, un cabaret à l'âme espiègle et libertine

"Le Goujon Folichon", Théâtre du Marais, Paris

Petit voyage en chansons dans le passé, sur les bords de Seine et à la Belle Époque, à la découverte du Goujon Folichon, une guinguette accueillante et pécheresse... Balade et ballades pleines de fraîcheur coquine et de fantaisie burlesque grâce à deux artistes, Julien Fanthou et Gérald Elliot, composant avec malice, inventivité et jovialité un "Cabaret de Maison Close" !



© DR.
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Ah ! Les charmes de la Belle Époque et ses échappées libertines, ses bords de Seine ou de Marne et ses guinguettes canailles... Ça guinchait, ça se dévergondait, voire ça fricotait avec les petites vertus… Et ça se nourrissait de fritures de goujons et de bisques de homard… Tout cela vous paraît désuet ? C'est sans compter sur la verve enthousiaste et burlesque de Julien Fanthou qui ressuscite pour nous l'histoire, en couplets dûment signés, du Goujon Folichon, une aimable auberge sise à Juziers (Seine-et-Oise à l'époque) que tint un temps Mémère Jeannine, son arrière-grand-mère.

Et quel plus joyeux chemin de traverse peut-on prendre pour y aller que celui des ritournelles quand elles sont peuplées de marlous ou de maquereaux, de filles de joies ou de belles de nuit, de créatures nocturnes ou venimeuses, de mômes équivoques, funambules ou androgynes. Et si ces chansons sont de Jacques Datin, Yvette Guilbert, Vincent Scotto, Jean Lorrain, Bernard Dimey, Gainsbourg, Juliette, etc., alors la promenade promet d'être divertissante et légèrement épicée.

© DR.
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Promesse tenue avec Julien Fanthou qui réussit avec humour et enthousiasme à nous conduire dans cet univers à la fois poétique, réaliste et un rien bohème. Ses interprétations, avec juste la pointe d'emphase nécessaire dans les chansons les plus "dramatiques", sont expressives tout en jouant d'une réelle subtilité dans les nuances vocales utilisées pour exprimer les différents sentiments ou rendre vivantes les tranches de vie à la forme quasi cinématographique.

Gérald Elliot à l'accordéon (et à la scie musicale) est plus qu'un compagnon accompagnateur, apportant aussi sa présence corporelle en miroir ou en opposition du jeu de Julien Fanthou. N'étant pas en reste vocalement, Gérald interprète un magnifique "Dans ma rue" de Jacques Datin.

La voix de Julien comme un cœur qui bat, celui du cabaret et de son histoire ; l'accordéon de Gérald comme une respiration, celle qui faisait gonfler les poitrines, pas toutes angevines.

"Le Goujon Folichon"

Cabaret de Maison Close
Mise en scène : Caroline Loeb.
Avec : Julien Fanthou, baryton et Gérald Elliott, accodéon.
Lumière : Anne Coudret.
Compagnie Le Banket.

Jusqu'au 25 mai 2016.
Mercredi à 19 h.
Théâtre du Marais, Paris 3e, 01 71 73 97 83.
>> theatredumarais.fr

Gil Chauveau
Mercredi 11 Mai 2016

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© Alexandre Pupkins.
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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