La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Théâtre

"La ballade de la geôle de Reading"… ou la dernière ballade poétique d’Oscar Wilde

"La ballade de la geôle de Reading", Le Lucernaire, Paris

Jean-Paul Audrain, dans une mise en scène très musicale, fait revivre la dernière œuvre d’Oscar Wilde dans une élocution et un jeu simple, direct où les émotions, le vécu et la revendication politique cohabitent.



© DR.
© DR.
Le spectacle débute avec Monica Molinaro seule devant son piano. Puis le silence s’installe et un bruit de mer au loin se fait entendre tel un murmure de liberté. Molinaro enchaîne au piano la Gymnopédie N°1 d’Erik Satie plantant ainsi une atmosphérique mélancolique. Oscar Wilde, sous les traits de Jean-Paul Audrain apparaît. La musique est comme un prolongement, un souffle, une pause dans les tourments du personnage. Les musiques choisies sont contemporaines de l’auteur.

La musique accompagne le jeu d’Audrain avec les œuvres de Borodine, Granados, Grieg dans des accents plus sombres, avec Brahms, Chopin ou Rachmaninov dans des accents plus lyriques ou encore dans des tonalités plus mélancoliques avec Haendel, Liszt ou Satie. La musique est un deuxième personnage. Elle souligne et accompagne les états d’âme du personnage.

© DR.
© DR.
"La ballade de la geôle de Reading" est un poème dans lequel sont décrits les derniers jours et l’exécution d’un prisonnier. L’œuvre lie poésie et politique en dénonçant le système carcéral et la peine de mort. Jean-Paul Audrain arrive à donner toute la mesure poétique du vers de Wilde en jouant sur des émotions qui habillent les mots de l’auteur sans les bâillonner.

Côté scénographie, le plateau est nu, seul un bouquet de roses blanches avec une rose rouge au milieu trône à l’avant-scène symbolisant comme une souffrance au milieu de la pureté.

© DR.
© DR.
Le texte est très bien dit avec une élocution et une présence certaines. Le personnage oscille entre la tristesse et la sérénité, entre la revendication et l’émotion, entre le vécu et le conte. Une mise à distance est opérée aussi parfois par le comédien par le biais de sourires ou de silences comme pour faire glisser les mots vers un espace-temps qui appartient plus au conte qu’à la réalité.

C’est la dernière pièce de l’auteur qui a connu un succès rapide très jeune et qui a fini sous l’opprobre et la misère. À cause d’une fin de vie dans l’avanie, la pièce a été publiée sous le matricule C.3.3., matricule de Wilde lors de sa détention.

"La ballade de la geôle de Reading"

© DR.
© DR.
Texte : Oscar Wilde.
Traduction : Henry D. Davray.
Adaptation : Jean-Paul Audrain.
Mise en scène : Grégoire Couette-Jourdain.
Avec : Jean-Paul Audrain, Monica Molinaro.
Musique : Satie, Brahms, Borodine, Rachmaninov, Grieg, Granados, Chopin, Liszt, Fauré.
Lumières : Vincent Lemoine.
Durée : 1 h 05.

Du 30 janvier 2013 au 14 avril 2013.
Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h.
Le Lucernaire, Paris 6e, 01 45 44 57 34.
>> lucernaire.fr

Safidine Alouache
Lundi 18 Mars 2013

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






    Aucun événement à cette date.



À découvrir

"Sabordage" Comme une synthèse de la modernité… une implosion écologique à venir, avenir sombre de notre monde…

Elle fut riche et belle, plaisante et paradisiaque, pays de cocagne… puis devint consommatrice et opulente, industrieuse, minière et calamité écologique, pour finir mendiante et désespérée, à l'avenir destructif d'une future terre qui coule à pic… C'est la "belle" histoire de l'île de Nauru*, miroir de notre prochain anéantissement - au délicat (!) mais définitif intitulé "6e extinction de masse" -, qui nous est contée par le talentueux Collectif Mensuel.

Narration aux allures de débats, de commentaires, d'échanges réalistes… Scénographie en une forme d'actions documentaires, visible au lointain par report vidéo "en direct", en rappel de notre monde de l'image, expression ironique de nos chaînes d'infos en continu pour une structure créative d'un théâtre pédagogique, d'un reportage théâtralisé… Car ici tout est vrai, le drame, les horreurs économiques, le dézingage des ressources et de l'environnement… le sabordage de l'île a vraiment eu lieu, sans parler des perspectives radieuses d'une fin en version sous-marine !

Le récit - dans un préambule exposant un éden de rêve aux allures de paradis touristique, sis à quelques encablures de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (près de 2 700 km quand même !) - se construit sur un montage cinématographique et télévisuel où le collectif puise dans les séries et films des années soixantes-dix quatre-vingt, tous célèbres et ancrées dans nos imaginaires collectifs…

Gil Chauveau
11/10/2019
Spectacle à la Une

FAB 2019 "Concours européen de la chanson philosophique" La philosophie mise en musique dans un dispositif à faire kiffer "l'euro-vision"

Massimo Furlan, performer suisse mâtiné d'Italien, était dans ses jeunes années fan de l'Eurovision, de ses paillettes éblouissantes et de ses bluettes sentimentales réunissant joyeusement sa famille autour du petit écran. Près d'un demi-siècle plus tard, c'est la grande avant-scène du Carré qui le projette sous les sunlights en splendide ordonnateur - flanqué d'une superbe créature en robe lamé - de deux soirées "enchantées" dédiées à une vision de notre Monde. Comme quoi divertissement populaire et réflexion de pointe peuvent rimer ensemble…

FAB 2019
Reconstituant somptueusement le décorum kitsch du concours de l'Eurovision ayant à jamais impressionné ses premières émotions artistiques, le performer semble jubiler en détournant "sérieusement" le répertoire d'origine pour proposer un récital de onze chansons dont l'écriture a été confiée par ses soins à des philosophes, sociologues et autres chercheurs sachant penser le monde. L'interprétation de ces textes métaphoriques revient à des artistes costumés de manière délirante, projetés en direct par un vidéaste décuplant leur truculente présence scénique sur les notes d'un orchestre en live.

Quant au Jury réuni sur une singulière estrade roulante dénotant avec sa "notabilité", il est composé d'éminents professeurs d'université et sommités intellectuelles se prêtant avec grâce et bonheur au jeu de leur interprétation avant d'attribuer leur note. Le public - le genre l'impose - est sollicité en permanence afin de faire entendre également "sa voix" captée par un "votaton" chargé d'enregistrer le volume d'applaudissements attribué à chaque candidat.

Yves Kafka
15/10/2019
Sortie à la Une

"Fake"… Un "Peer Gynt" pour explorer le monde de l'info et de l'intox

"Fake - Tout est faux, tout est fou", Gare de l'Est, Paris

L'homme vagabonde sous les toits ferroviaires, au carrefour des âmes voyageuses… il est conteur. Peer Gynt partit aussi à l'aventure, cheminant entre rêve et réalité. Le narrateur s'en inspire pour démêler le vrai du faux… de notre réalité… Extraire le fake à l'ère des news…

Spectacle déambulatoire, performance de rues (ici intérieure), Fake convoque un conteur, un concepteur compositeur, des musiciens, pour une exploration d'un nouveau type où le spectateur, équipé d'un casque audio, se laisse emmener, au sens littéral comme virtuel dans une promenade découverte entre vraies et fausses informations.

Dans ce périple artistique, ce dernier garde toute liberté d'action, plus précisément de mouvements, déambulant dans l'espace proposé au fil de ses envies, de ses inspirations ou guidé par l'histoire, narration sonore, vocale et musicale, composée en direct et diffusée dans le casque et/ou influencé par la vue, le cheminement de l'acteur, Abbi Patrix, interprétant à sa façon Peer Gynt, exprimant son ressenti du lieu, posant des questions sur la véracité du réel ou interrogeant le badaud passant.

Les éléments sonores audibles dans le casque sont superposés, sans apparente cohérence mais peuvent stimuler ou orienter la perception du spectateur qui fait le choix d'être actif ou passif, ponctuellement ou de manière permanente, redevenant alors un simple observateur.

Gil Chauveau
10/10/2019