La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Humour

Guigue et Plo sont sur le même batô... C'est pas du Nô mais c'est rigolô !

Guigue et Plo, Aktéon Théâtre, Paris

Reprise ! Les duos comiques ne sont pas le genre le plus prisé dans le domaine de l'humour. Celui-ci impose souvent la création de personnages solides, bien cadrés, et une écriture, une mise en scène très éloignées du minimalisme du stand-up. Pourtant, c'est à cet exercice que se sont confrontés deux jeunes comédiens... plus connus (mais pas encore assez) sous le nom de Guigue et Plo.



© DR.
© DR.
Comme dans de nombreuses aventures scéniques, cela commence souvent, dans un cours d'art dramatique ou dans une école de théâtre, par une rencontre suivie d'une amitié qui se transforme en "pourquoi est-ce qu'on ne monterait pas un spectacle ensemble ?". C'est peu ou prou ce qui s'est passé pour Alexis Chevalier et Grégoire Roqueplo qui, ne tombant pas dans la facilité, se lancèrent dans l'humour, l'absurde et le burlesque en créant le duo Guigue et Plo !

Le premier contact eut lieu à 11 h 14 un matin de janvier 2010… La décision de créer leur propre spectacle un matin de janvier 2014… Le plus dur restait à faire mais Guigue et Plo étaient nés !

Aujourd'hui, sur la scène de l'Aktéon à Paris, Guigue et Plo déroulent leurs gags de personnages loufoques, rigolos, parfois maladroits comme deux amis qui se taquinent, se parlent sans s'entendre. L'un est plus pataud que l'autre, l'autre est plus idiot que l'un… Au fil des sketches, leurs personnalités se dessinent. Futé et intelligent, presque pontifiant pour Guigue, espiègle et rieur pour Plo…

© DR.
© DR.
La construction de leurs numéros est basée sur le burlesque, mêlé d'absurde et d'élégante cocasserie, teinté parfois d'un stoïcisme so british… que vient conforter leur très britannique chapeau melon. Et au fil du spectacle naît, timidement, presque inconsciemment, une structure quasi clownesque où commence à apparaître les ébauches du clown blanc et de son compère l'Auguste.

C'est l'un des traits les plus intéressants de cette paire naissante, une approche différente du clown tout en en ayant assimilé les composantes essentielles : Guigue est le personnage sérieux, intelligent et rationnel ; Plo est un brin balourd, outrancier et désordonné. Guigue croit avoir un ascendant sur Plo mais il est en même temps son faire-valoir. Plo pourrait n'être que la seule vedette (situation classique dans la confrontation Clown blanc vs Auguste) mais c'est là qu'intervient leur touche personnelle : un subtil et permanent chassé-croisé d'intense loufoquerie dans lequel tous deux distillent rire et délire.

Ce premier spectacle d'Alexis Chevalier et Grégoire Roqueplo n'est certes pas parfait bien sûr, mais il s'agit d'un premier essai prometteur, bourré de générosité, de sincérité et de bonnes idées. Les personnages de Guigue et Plo peuvent être encore approfondis (les gags suivront d'eux-mêmes), peut-être en développant plus leur clown "intérieur"… Mais, en attendant, voilà un vrai duo burlesque à découvrir, exerçant leurs talents dans une discipline où les audacieux sont rares… À suivre donc !

"Ici et là"

© DR.
© DR.
De et par Guigue et Plo
Compagnie Le Saut du Tremplin.
Mise en scène : Alexis Chevalier et Grégoire Roqueplo.
Avec : Alexis Chevalier et Grégoire Roqueplo.
Durée : 1 h.

Du 27 mars au 6 juin 2015.
Vendredi et samedi à 20 h.
Aktéon Théâtre, Paris 11e, 01 43 38 74 62.
>> akteon.fr

Reprise !
Du 2 septembre au 23 octobre 2016.
Vendredi et samedi à 22 h et dimanche à 18 h.
Théâtre Le Guichet Montparnasse, Paris 14e, 01 43 27 88 61.
>> guichetmontparnasse.com

Gil Chauveau
Lundi 5 Septembre 2016

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives | Avignon 2021




    Aucun événement à cette date.
Vidéos les plus récentes



À découvrir

"Les femmes de la maison" L'épopée des luttes féminines sous le prisme d'une maison très spéciale

Voici la dernière pièce de Pauline Sales (écriture et mise en scène) qui a été présentée au Théâtre Paul Scarron du Mans devant un public professionnel restreint. Un privilège que d'assister à cette histoire que l'on sent chevillée au corps de sa créatrice. Il y est question de femmes artistes. Question également des femmes non artistes. Question de la liberté que les femmes ont peu à peu conquis depuis bientôt un siècle. Arrachant bribe après bribe le droit d'agir, de s'exprimer, le droit sur leur corps, leur sexualité, leurs choix. Et trouver enfin la puissance pour se détacher du diktat masculin si bien bétonné.

© Jean-Louis Fernandez.
L'histoire des "femmes de la maison" commence dans les années cinquante et se termine de nos jours. Elle va mettre en jeu une dizaine de personnages féminins sur trois périodes symboliques : les années cinquante, les années soixante-dix et 2022. Pour cela, Pauline Sales invente une maison qui sera le moyen de traverser le temps et l'espace. Cette maison est celle de Joris, un amoureux, par ailleurs cinéaste militant contre les méfaits des guerres. Il achète cette maison par amour pour une photographe, l'amour s'en va, il ne sait qu'en faire, alors il la prête à des artistes. Le hasard veut au départ que ce ne soit que des femmes - peintres, poètes, sculptrices… et cela se transforme en règle : seules des femmes artistes pourront venir un temps pour créer ici.

Première période, maison fermée entourée de bois. C'est l'après-guerre et l'artiste que Joris installe dans la maison dessine. Dessine en mode combat contre elle-même. Contre la pensée que chez elle, son mari, sa fille sont là comme une destinée de femme au foyer qu'elle refuse. Combat contre le mal que cela peut faire.

Bruno Fougniès
25/08/2021
Spectacle à la Une

•Off 2021• Sales Gosses Une approche vertigineuse et bouleversante de la maltraitance à l'école

Harcèlement, maltraitance ponctuelle ou récurrente… à l'école, à la maison, au travail, comment le traiter sur scène, comment prendre ou pas position ? Ici d'ailleurs, pas de prise de position, mais une exposition des faits, du déroulé des événements, en une manière de monologue où la comédienne Claire Cahen habite tous les personnages principaux, offrant l'accès au public à différentes appréciations du drame - victime, tyran, prof, mère - menant à une mise en perspective vertigineuse !

© Théâtre du Centaure.
Pour l'écriture de "Sales gosses", Mihaela Michailov s’est inspirée de faits réels. Une enseignante ligota une élève dans sa salle de classe, les mains derrière le dos, suite à son manque d'attention pour la leçon sur la démocratie qu'elle était en train de donner. Elle exposera ainsi l'enfant saucissonnée en exemple. Les "camarades" de cette petite-fille de onze ans, pendant la récréation, la torturons à leur tour. Elle sera retrouvée sauvagement mutilée… attachée dans les toilettes…

Dans une mise en scène que l'on perçoit nerveuse et précise, millimétrée, visant à l'efficacité, les choix de Fábio Godinho font être immédiatement lisible, mettant en quasi-training sportif la comédienne Claire Cahen et son partenaire musicien chanteur Jorge De Moura qui assure avec énergie (et talent) les multiples interventions instrumentales et/ou vocales. Metteur en scène, mais également performeur, Fábio Godinho joue clairement la carte de l'école "théâtre de la violence", de l'arène/stade où la victime est huée, vilipendée par la foule, cherchant à exprimer la performance telle que demandée sur un ring de boxe. Claire Cahen et Jorge De Moura sont à la hauteur jouant en contre ou en soutien avec le troisième acteur qu'est le décor !

Gil Chauveau
19/07/2021
Spectacle à la Une

•Off 2021• L'Aérien Le fabuleux défi de l'insoupçonnable légèreté de l'être…

Solliciter ressources du corps et de l'esprit unis dans la même entité afin d'affranchir l'humaine condition aux semelles de plomb de la pesanteur la clouant au sol, c'est le prodige réalisé par Mélissa Von Vépy "à l'apogée" de son art. À partir d'une vraie-fausse conférence sur les rapports entre l'Homme et les airs depuis que la Terre est Terre - écrite avec légèreté par Pascale Henry, complice inspirée -, la circassienne rivalise de grâces ascensionnelles. De quoi damer le pion, du haut de son Olympe, à Hermès au casque et chaussures ailées…

© Christophe Raynaud de Lage.
La conférencière au look décontracté étudié, chaussée de lunettes à monture d'écailles et d'escarpins mettant en valeur ses longues jambes, mallette à la main renfermant les planches évocatrices des tentatives humaines pour vaincre la résistance des airs (l'utilisation d'un Powerpoint n'aurait pas été assez daté…), s'emploie avec naturel et humour à survoler cette histoire à tire-d'aile… S'arrêtant cependant sur une reproduction d'Icare, celui par qui la faute advint. Pour avoir voulu voler toujours plus haut, l'intrépide, aux plumes assemblées de cire, s'est brûlé les ailes… et depuis, cette question récurrente : voler est-ce humain ?

Joignant gestes et paroles, elle ôte son blouson libérant des plumes virevoltantes autour d'elle et s'adonne à quelques envolées autour de sa chaise devenant vite le second personnage en scène. D'ailleurs, lorsque, dans le déroulé de sa conférence, elle évoquera les fabuleuses machines volantes nées de l'imaginaire de Léonard de Vinci, on se dit que cette prouesse d'horlogerie fine - que l'on doit à Neil Price - permettant de projeter en douceur ladite chaise jusque dans les cintres, mériterait de les rejoindre au panthéon des créations volantes…

Yves Kafka
26/07/2021