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Coulisses & Cie

Espace des Arts de Chalon-sur-Saône… Attention travaux !

Chalon-sur-Saône fait partie de ces villes malmenées par la désindustrialisation qui n'abandonnent pas complètement une politique culturelle de qualité. Et pas uniquement en souvenir de Nicéphore Niepce ou de Vivant Denon, enfants de la ville.



Nouveau Théâtre du Port Nord © DR.
Nouveau Théâtre du Port Nord © DR.
C'est ainsi qu'à l'occasion de la rénovation de son vaisseau amiral (l'Espace des Arts, un magnifique bâtiment "brutaliste" classé monument historique) qui abrite de nos jours une scène nationale, les saisons culturelles de 2016 à 2018 vont s'appuyer, le temps des travaux, sur un petit bijou de théâtre à l'italienne (le Théâtre Piccolo) en centre-ville et une salle permanente sous un chapiteau (nommée Théâtre du Port Nord) installé au milieu de la friche industrielle de l'ancien port. L'inauguration a été effectuée en grande pompe ce samedi 24 septembre 2016.

Il est opportun, en ces temps de crise, de se remémorer les origines d'un bâtiment qui abrita une maison de la culture et qui, à sa manière, a rendu Chalon mondialement connue dans le milieu select du cinéma d'art et d'essai même si cela est trop ignoré.

Tous les spectateurs de Jean-Luc Godard connaissent cette scène de "La Chinoise" (1967) dans laquelle le professeur de philosophie parle à son étudiante, dans un train de banlieue, de la nouvelle aventure de l'intellectuel engagé. L'aventure de la décentralisation. En Bourgogne.

© DR.
© DR.
Ce qu'ils ignorent, c'est que Francis Jeanson, philosophe essayiste et journaliste, joue à l'époque son propre rôle et qu'il rend compte de sa rencontre avec le ministre de la culture d'alors, André Malraux, qui cherchait une nouvelle dynamique pour ses maisons de la culture.

Francis Jeanson lui avait proposé d'ouvrir une nouvelle voie en direction du "non public", comme on disait à l'époque, que les pionniers de la décentralisation théâtrale approchaient depuis les années cinquante, voire trente.

L'expérience sera en effet conduite à Chalon-sur-Saône qui était une puissante ville d'industrie lourde et ouvrière mais qui offrait, de par sa tradition de Carnaval et la forte présence d'associations, une forme de garantie de réussite. En effet, la ville connaît les expériences de Lise Visinand et de Jacky Baillart avec le petit théâtre de Saône-et-Loire mais aussi, plus anciennement, Jacques Fornier à Beaune qui crée le théâtre de Bourgogne en 1955, en suivant les traces des "Copiaus" à Pernand-Vergelesses, ou même d'Alphonse de Lamartine à Cormatin.

Jorge Lavelli, tout jeune, y avait même présenté Witold Gombrowicz en 1965 dans la salle Marcel Sembat aujourd'hui démolie.

Les succès de Chalon dans la rue (Festival Transnational des Artistes de la Rue) et de la scène nationale témoignent encore de la qualité du pari effectué par Francis Janson.

>> Programme Espace des Arts Hors les Murs
Tél. : 03 85 42 52 12.

Port Nord, rue Denis Papin, Chalon-sur-Saône (71).

Jean Grapin
Mardi 27 Septembre 2016

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"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

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De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
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La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

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C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
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"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

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C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

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Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018