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Théâtre

Dans la brume du souvenir... apparaît la figure émouvante de la Mouette de Tchekhov

"Opening night(s)", Théâtre des deux rives - CDR de Haute-Normandie, Rouen

Hors la scène, au mitan de leur vie, un spectre hante la vie des comédiennes. Dorothée Zumstein, avec la complicité active d’Élizabeth Macocco, en dévoile avec beaucoup d’humour et d’efficacité les aspects cauchemardesques. Il est celui de la crainte de la vieillesse et de l’échec.



© Arnaud Bertereau.
© Arnaud Bertereau.
Dans "Opening night(s)" joue la comédienne submergée par la peur. Elle pense à la vie des grands rôles, des vies rêvées donc qu’elle n’aura plus. Traqueuse, suspicieuse, coléreuse, abattue, elle voit dans toute jeune femme (Clémentine Verdier) à la fébrilité à fleur de peau, à l’ambition tendue un double, une rivale, qui, elle, a une chance de réussir, de rejoindre la lumière sans se brûler.

Le dispositif conçu par Élisabeth Macocco fait tourbillonner, de manière spectaculaire, les fragments de mémoires. À partir du mythe de la star du cinéma hollywoodien et de la Diva en Maria Callas, la mise en scène exerce une forte tension entre l’image cinématographique et le jeu, crée des effets de leitmotivs, accompagne le spectateur, lui présentant sa part de vérité.

© Arnaud Bertereau.
© Arnaud Bertereau.
Le rythme ne fléchit pas, le récit filmique entre en résonance avec le jeu et le spectateur assiste à rebours à un exercice de style des plus réjouissants. Dans cette proposition, le théâtre se joue de la machine sacrificielle qui sait si bien fabriquer des icônes et détruire les vies. Le théâtre joue avec le théâtre et, dans sa durée, la pièce réussit à inscrire dans la conscience du spectateur la figure émouvante de Tchekhov, Nina : la mouette qui se meut à la recherche de la poésie et se fond dans la brume du souvenir à l’horizon de sa vie. "Opening night(s)" retrace le voyage initiatique de la pièce de Tchekhov.

Et c’est formidable.

"Opening night(s)"

© Arnaud Bertereau.
© Arnaud Bertereau.
Texte : Dorothée Zumstein sur une idée d'Élizabeth Macocco.
Conception et mise en scène : Élizabeth Macocco.
Assistante à la mise en scène : Marie-Hélène Garnier.
Avec : Élizabeth Macocco, Clémentine Verdier et, en alternance, Zia Garcia-Duclaye, Louise Eymery.
Avec la participation de : Patrick Michäelis et de Stanislas Roquette.
Scénographie et costumes : Laurence Bruley.
Création vidéo : Laurent Mathieu, assisté de Frédéreic Saouter.
Création sonore : Christophe Séchet, assisté de Alain Lequesne.
Création lumières et régie : Michel Tartrat.
Piano : Philippe Davenet.

Du 12 novembre au 29 novembre 2013.
Théâtre des deux rives - CDR de Haute-Normandie, Rouen (76), 02 35 70 22 82.
>> theatre2rives.com

Jean Grapin
Mardi 26 Novembre 2013

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© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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