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Théâtre

"Constellations", une trajectoire humaine commune et partagée à la fois intime et universelle

"Constellations", Théâtre de l'Aquarium, Paris

Dans sa pièce "constellations", l'auteur de théâtre Nick Payne imagine la rencontre improbable entre une physicienne immergée dans la théorie des cordes et un apiculteur plongé dans l'examen du vivant. Deux personnages que tout sépare, animés seulement par une maladresse de conversation réciproque. Le récit est à la fois virtuose et plein de malice, méthodiquement fragmenté et parsemé d'indices dans une belle tradition anglo-saxonne de l'énigme.



© Bruno Dewaele.
© Bruno Dewaele.
Dans une méthode toute expérimentale, l'auteur, par approches réitérées, par la force des mots et des gestes plus ou moins ajustés, met en place les éléments d'une rencontre amoureuse cocasse et très vite attachante. Il explore comment les personnages rompent l'isolement, s'arriment l'un à l'autre, découvrent les différentes voies ou de l'échec ou du rebondissement ou de l'épanouissement des situations qui les réunit. Ils cheminent vers l'union, vers la fusion. Ils cheminent aussi vers la chute, vers l'oubli. Vers la mort et le souvenir. Vers l'amour.

C’est que l'histoire, construite par un désir silencieux et tenace de happy end, est perpétuellement contrariée. Des impasses aux continuations, elle est parsemée d'embûches. De tâtonnements en mots fourchés, la bifurcation… Entre fatalités et destin, le récit passe par tous les stades de la comédie et du drame.

La mise en scène d'Arnaud Anckaert se développe dans espace resserré, ouvert en biseau. Le cadre de bois clair, à l'américaine, crée un effet de diorama serré qui intensifie les rapports entre les personnages. Regardés. Comme encagés. Poussés à l'engagement.

© Bruno Dewaele.
© Bruno Dewaele.
Ce dispositif est un vrai terrain de jeu. Les comédiens s'en donnent à cœur joie. Pris de plein pied dans les péripéties amoureuses, les silences et les pauses du texte, ils font preuve d'une belle vitalité et d'un talent certain à moduler les effets. Ils sont formidables dans leurs variations autour d'un "m'aime, t'aime, moi non plus", ou d'un "même thème pour que toi et moi encore".

Le spectacle épouse comme un rythme naturel, dessine une trajectoire humaine commune et partagée à la fois intime et universelle. Celle tenue par le désir de réconfort. Cette force unificatrice qui rassemble deux êtres vivants homme et femme dans un même monde qui vibre avec eux. Ce point de fusion symbolique et réel qui est le propre du théâtre réussi. Dans sa forme de destin ironique et plein d'humour.

"Constellations"

© Bruno Dewaele.
© Bruno Dewaele.
Texte : Nick Payne.
Traduction : Séverine Magois (première création française).
Mise en scène : Arnaud Anckaert.
Assistanat à la mise en scène : Anna Dewaele.
Avec : Noémie Gantier et Maxence Vandevelde.
Scénographie Arnaud Anckaert, en collaboration avec Olivier Floury.
Lumière Martin Hennart.
Musique Benjamin Collier.
Costumes Alexandra Charles.
Régie générale Olivier Floury.
Compagnie Théâtre du Prisme.
Durée : 1 h 20.

© Bruno Dewaele.
© Bruno Dewaele.
Du 30 janvier au 18 février 2018.
Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.
Théâtre de l'Aquarium, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 74 99 61.
>> theatredelaquarium.net

Jean Grapin
Jeudi 8 Février 2018

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"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

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