La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Coulisses & Cie

Concerts, festoù noz, théâtre et spectacles de rue dans les territoires bretons… Soutien à l'emploi des artistes

Cet été, la Région va aider des organisateurs occasionnels à employer des artistes.
Alors qu'un déconfinement progressif et prudent a été annoncé, l'horizon s'éclaircit pour les acteurs culturels. Afin d'aider les artistes à "se remettre en scène", la Région Bretagne propose à toute personne morale désireuse d'accueillir un spectacle une aide financière pour l'embauche d'artistes et de techniciens(nes), dans le respect des mesures sanitaires en vigueur.



Groupe "Sulfate de cuivres" sur le port de Paimpol (22), août 2019 © Gil Chauveau.
Groupe "Sulfate de cuivres" sur le port de Paimpol (22), août 2019 © Gil Chauveau.
Avec le concours du GIP Cafés Culture, ce coup de pouce (100 000 € au total) permettra aux associations, petites communes, commerces ou professionnels du tourisme, de contribuer à la relance d'un secteur culturel durement touché par la crise et privé de public depuis de trop longs mois.

Une expérimentation unique en France

À l'exception des particuliers, des collectivités de plus de 3 500 habitants et des entreprises de spectacle dont c'est le métier, toute personne morale volontaire pourra dès cet été accueillir des spectacles et voir une partie des coûts salariaux des artistes pris en charge par la Région.

Ce dispositif original, réservé à l'emploi d'intermittents(es) du spectacle (plus de 10 000 en Bretagne), s'appuie sur un outil, actif en Bretagne depuis 2017 : le GIP Cafés Cultures. Il permettait déjà aux bars et cafés d'obtenir cette aide à l'embauche d'artistes et techniciens(nes) pour des concerts et autres spectacles occasionnels. En juillet 2020, le périmètre des organisateurs éligibles avait été élargi, mais l'initiative avait été stoppée net dès l'automne par le deuxième confinement et la fermeture des lieux de culture…

C magnigfique Orchestra sur l'esplanade de la place du bourg à Tréveneuc (22) en 2018 © Yvon Botcazou.
C magnigfique Orchestra sur l'esplanade de la place du bourg à Tréveneuc (22) en 2018 © Yvon Botcazou.
Un outil simple, des versements rapides

Pour être accompagné, l'employeur occasionnel devra recourir au Guichet Unique du Spectacle Occasionnel (GUSO) et en faire la demande sur le site du GIP Cafés Cultures après avoir réglé salaires et cotisations.
>> gipcafescultures.fr
Quelques minutes lui suffiront à se faire connaître et l'aide lui sera versée sur son compte, quelques jours après le dépôt de son dossier.

Plus le nombre d'artistes et techniciens(nes) embauchés(es) sera important, plus l'aide sera généreuse. Calculée sur la base d'un cachet générant un coût employeur d'environ 160 €, l'aide pour l'emploi d'un artiste sera de 62 €. Et pour l'embauche de cinq artistes ou techniciens, elle atteindra plus de 100 € par salaire !

Une riposte pour relancer le spectacle vivant

L'objectif de la Région est triple : relancer l'emploi artistique, inciter les structures de proximité à animer leur territoire et contribuer à ce qu'en Bretagne, l'été soit théâtral, musical et dansant !

Au-delà des arts de la scène, elle souhaite que le fest-noz et les arts de la rue, en particulier, parce qu'ils ont été frappés de plein fouet par la crise, y trouvent un soutien immédiat et réconfortant.

En savoir plus sur les modalités du dispositif sur >> bretagne.bzh

Pour mémoire : depuis mars 2020, la Région a maintenu toutes les subventions habituellement versées aux manifestations, quelles soient annulées ou reportées, afin qu'elles survivent à la crise et rémunèrent leurs équipes. Les acteurs et actrices culturels(les) ont pu aussi faire appel à un fonds d'urgence dédié aux associations (5 M€) ou aux prêts à taux zéro du fonds COVID Résistance.

Source : La Région Bretagne.

Gil Chauveau
Mardi 4 Mai 2021

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives | Avignon 2021 | Avignon 2022




Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022