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Théâtre

"C'est Noël tant pis"… Et tant mieux pour nous !

"C'est Noël tant pis", Théâtre du Rond-Point, Paris

C'est l'époque des fêtes de fin d'année. Dans la pièce de Pierre Notte, Noël est renvoyé aux calendes grecques avec une dinde transformée en poulet, autour d'une famille qui oublie parfois de s'aimer et où la mort, pour la fête de la natalité du Christ, est au rendez-vous. Bref, tout est inversé.



© Giovanni Cittadini Cesi.
© Giovanni Cittadini Cesi.
Une famille pas aussi banale que cela. Qui se déteste jusqu'à ce qu'un événement, aussi inattendu que brutal, aille faire remonter du plus profond de chaque personnage, un amour indélébile, lié aux relations de sang que l'on a entre membres d'une même famille, même si celui-ci peut être marqué par les tracasseries et les coups de gueule de la vie.

C'est Noël où il n'y a ni dinde, ni sourire, ni fête, ni cadeau, juste quelques guirlandes autour d'un sapin garni de boules.

La pièce débute par une proposition sexuelle surprenante de la mère plus très jeune à son mari du même tonneau. Le ton est donné, accompagné d'engueulades aux comportements vifs, directs et sans "poésie". Sauf que celles-ci sont sauvées par des chansons qui viennent se mêler à ce monde où tout est tiré à boulets rouges, comme une atmosphère de chants grégoriens, de poésie lunaire, de romantisme à rebrousse-poil. Elles sont comme des bulles d'oxygène qui donnent une certaine quiétude à l'ensemble.

© Giovanni Cittadini Cesi.
© Giovanni Cittadini Cesi.
Il y a cette grand-mère qui va franchir la porte de la mort, la mère entourée de sa belle-fille, de son mari et de ses deux garçons d'une trentaine d'années, dont l'un époux de la belle. Les dialogues sont tissés de propos qui sont plus proches des règlements de comptes que des amabilités familiales.

Ils sont "violents" d'humour, parfois de gros mots. Les rudoiements font partie de l'univers de cette famille où les sentiments, jusqu'à ce qu'ils se mettent à nu, sont enrobés d'une bonne dose de mépris. Chacun avec son solo de récrimination et son tour de chant au propre comme au figuré. Le texte est très humoristique même s'il est souvent cruel et assassin pour décrire ces relations taillées à l'emporte-pièce.

Nous sommes au théâtre… Tout le monde le sait bien sûr, et surtout les personnages qu'ils le font remarquer par des allusions bien senties. Ce spectacle est un Noël qui a été occulté et qui devient, à coup sûr, bien plus qu'un cadeau de Noël pour les spectateurs.

"C'est Noël tant pis"

© Giovanni Cittadini Cesi.
© Giovanni Cittadini Cesi.
Texte, mise en scène et chansons : Pierre Notte.
Avec : Bernard Alane, Brice Hillairet, Silvie Laguna, Chloé Olivères, Renaud Triffault (du 13 au 24 décembre) en alternance avec Romain Apelbaum (du 29 novembre au 11 décembre et du 27 décembre au 30 décembre).
Costumes : Colombe Lauriot Prévost.
Lumières : Marc Torrente, Aron Olah.
Régie plateau : Guillem Picq.
Régie lumière et son : Stéphane Chrisodoulos.
Habillage : Camille Testa.
Durée : 1 h 30.

Du 29 novembre au 30 décembre 2016.
Du mardi au samedi à 21 h, dimanche à 15 h 30. Relâche : lundis 1er et 2 décembre.
Théâtre du Rond-Point, Salle Jean Tardieu, Paris 8e, 01 44 95 98 00.
>> theatredurondpoint.fr

Safidin Alouache
Mardi 20 Décembre 2016

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© Alexandre Pupkins.
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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