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Théâtre

"Britannicus" L'émancipation par le crime

C'était à Paris, pendant l'effervescence d'Avignon, dans la salle de l'Artistic… Un travail de théâtre comme on l'aime. Dans une mise en scène de Christine Joly, Philippe Lebas endosse tous les rôles de la tragédie romaine de Jean Racine, "Britannicus".



© Marion Duhamel.
© Marion Duhamel.
Britannicus… ce jeune prétendant au trône déchu, qui rêvait d'amour simple, assassiné. Mais aussi dans cette pièce Agrippine, cette femme de la lignée d'Agrippa, qui croyait que l'emprise qu'elle exerçait sur son fils lui assurait l'Empire. Et enfin Néron, son fils nouvel empereur, empêtré dans les contradictions de sa nouvelle charge, qui découvre Sa liberté et Son pouvoir. Par le mensonge et le crime : la monstruosité. Et les serviteurs mesquins, ambitieux… Portraits du pouvoir.

La scène est résolument simple, avec pour seul accessoire ses pendrillons qui, réfléchissant la lumière, s'ouvrent sur un lointain sombre, obscur, et éventuellement avec, au centre, un lectus : signe du Bon Plaisir.

Philippe Lebas est seul. Avec, pour seul accessoire, une pièce de tissu dont le drapé lance le geste, le port et la voix. Il est l'Acteur qui tournoie, s'essaye à tous les personnages. Il est tous les caractères. Il est le Comédien qui les tient tous. Il est comme un Néron. À jardin ou à cour, un lecteur silencieux sur sa chaise (Christine Joly) distribue les rôles. Jusqu'à ce que par attraction, au quatrième acte scène deux, il devienne Agrippine.

© Marion Duhamel.
© Marion Duhamel.
Dans ce spectacle, à l'évidence de sa trajectoire et de son jeu, apparaissent naturellement les Protagonistes de l'Histoire. Antagonistes mais, par des monologues alternés, ils sont unis comme en un légato. Néron et Agrippine. Deux serpents. Le spectateur ébloui assiste à l'ouverture d'un duo, d'un duel d'un moment de fusion, avant le rejet. Le déclin de l'une, l'avènement de l'autre.

Dans cette mise en scène qui met en œuvre une seule image (celle d'une concrétisation, d'une mise en abyme, d'un instant, d'un suspend de beauté), qui confronte un moment de réalisme scénique à son double fantasmatique, se vit un point de bascule impressionnant. L'intrigue remonte à son point de partage qui réunit la cause et l'aboutissement, du rôle-titre au rôle pivot, du rôle pivot au rôle-clef. Britannicus, Agrippine, Néron.

Les deux comédiens s'effacent mangés par les personnages. Le spectateur frémit, assiste à l'enfantement dans la douleur et le mensonge d'un monstre par un monstre. La naissance de Néron empereur.

Le spectateur applaudit à cette véritable leçon de théâtre, ce mouvement racinien.

"Britannicus"

© Marion Duhamel.
© Marion Duhamel.
Texte : Jean Racine.
Mise en scène : Christine Joly.
Avec : Philippe Lebas et Christine Joly.
Décor : François Cabanat.
Lumières : François Cabanat et Cyril Givort.
Création sonore : Jules Jacquet.
Durée : 1 h 45.

A été joué du 11 juin au 31 juillet 2019.
À l'Artistic Théâtre, Paris 11e.

© Marion Duhamel.
© Marion Duhamel.

Jean Grapin
Jeudi 8 Août 2019

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Jean Grapin
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Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine
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Gil Chauveau
06/12/2019
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Bruno Fougniès
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