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Avignon Off 2013 : Vincent Roca "Vite, rien ne presse !"

"Vite, rien ne presse !", Théâtre des Béliers, Avignon

Il est des artistes que l'on a plaisir à suivre et à redécouvrir à l'occasion d'un nouveau spectacle... Vincent Roca est de ceux-là. Notre première rencontre artistique eut lieu en 1990, pour la création du Festival d'Humour et de Création de Villars-de-Lans où Vincent Roca présentait "Allegro ma non troupeau". Trois ans plus tard, nous le retrouvons dans ce même festival en compagnie de Jaq Dau, Jean-Marc Catella et Pierre Aucaigne pour "Carré d'agneau".



Vincent Roca © Évelyne Desaux.
Vincent Roca © Évelyne Desaux.
Depuis, le talent aidant (et quel talent !), il a fait son chemin, de créations en écritures ("Texte-appeal", "... Et le petit l’a peint", "Moderato cantabudulé", etc.), de complicité scéniques (avec François Rollin) en chroniques radiophoniques (sur France inter). Il a également obtenu en mars 2011 le prix Raymond Devos, prix destiné à "récompenser un artiste dont l’œuvre ou l’action contribue au progrès de la langue française, à son rayonnement et à sa promotion".

Après son succès sur les scènes parisiennes avec son nouveau spectacle "Vite, rien ne presse !", il sera présent à Avignon Off au Théâtre des Béliers... Une bonne raison pour prendre le temps d'écouter sans perdre de temps ce farceur jongleur de mots !

"Il fait gros temps : pluies de secondes, tourbillons de moments, vent de folie, on entend le clapotis dans les bassines. Il y a des courants d’air, et ça fuit de partout. Dans les idées, dans les cintres, par les pores…

"Il y a là un homme qui voudrait à la fois suspendre l'instant et l’avaler cul siècle. Clandestin du temps, il taquine l’horloge, sort les grandes orgues, invite les dieux, brave les empêcheurs en eau trouble, moque joyeusement ceux qui roulent sur la bande d’apeurés d’urgence.

"Vincent Roca, auteur et comédien, humoriste pendant onze ans au "Fou du Roi" sur France Inter, s’interroge, entre laps et perpète, sur ce temps qui ne nous quitte pas d’une semaine. Le futur se prend les pieds dans le présent et culbute dans le passé. Alors… Vite, rien ne presse !"

Avignon Off 2013 : Vincent Roca "Vite, rien ne presse !"
Auteur : Vincent Roca.
Mise en scène : Gil Galliot.
Avec : Vincent Roca.
Lumière : Philippe Quillet.
Musique : Pascal Lafa.
Décor : Niels Zachariesen.
Durée: 1 h 10.

Avignon Off 2013
Du 8 au 31 juillet 2013.
Tous les jours à 10 h 35.
Théâtre des Béliers, Salle 1, Avignon, 04 90 82 21 07.
>> theatredesbeliers.com

Spectacle du 14 mars au 29 avril 2012.
Mardi au samedi à 20 h, dimanche à 17 h.
Théâtre Le Lucernaire, Paris 6e, 01 45 44 57 34.
>> lucernaire.fr

Gil Chauveau
Lundi 26 Mars 2012

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À découvrir

Fred Pallem et Le Sacre du Tympan racontent les Fables de La Fontaine

Excellente idée que celle de Fred Pallem, musicien compositeur aux multiples talents et goûts musicaux, de revisiter avec quelques belles notes revigorantes "Les Fables de La Fontaine", quatorze plus précisément, qui sont racontées par une belle "brochette" d'artistes, des fidèles parmi les fidèles ou des - nouvellement ! - copains et copines.

Concert
En ces temps si particuliers, où nous sommes coincés - petits et grands - dans nos lieux de vie, notre disponibilité pour lire, écouter, songer, affabuler, s'évader sur des histoires anciennes ou nouvelles, est grande. C'est l'occasion aussi de redécouvrir nos classiques, mais en mode inédit, portés par des phrasés mélodiques et des conteurs aux personnalités affirmées et talentueuses.

S'il y a bien un compositeur à qui l'on ne peut pas reprocher de raconter des fables, c'est bien Fred Pallem. En plus de vingt ans de compositions et de concerts, jamais il ne se répète. Depuis son premier album avec sa formation "Le Sacre du Tympan" (en 2002) jusqu'à sa dernière "Odyssée" en 2018, en passant par ses passions cinématographiques - "Soundtrax" (2010), "Soul Cinéma" (2017) -, voire celles aux dessins animés de son enfance - Cartoons (2017) - et à des compositeurs comme François de Roubaix, jamais il n'a cessé d'innover, de créer.

Mais ce que l'on sait moins, c'est que Fred Pallem est également un amoureux des mots. On peut le constater avec les multiples collaborations qu'il a eues avec des chanteurs et chanteuses comme Lavilliers, Barbara Carlotti, MC Solaar, Clarika, etc. Mais aujourd'hui, avec ce nouvel album, les mots prennent le devant. "Tout d'abord, j'avais envie de composer de la musique autour d'une voix parlée ; m'imprégner du rythme des mots et de leurs sons, ressentir le tempo de la diction, puis écrire de la musique à partir de cela. Nous avons donc enregistré les voix en premier et les musiques ensuite."

Gil Chauveau
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"Rabudôru, poupée d'amour" Une expérience intime de théâtre filmé, diffusée en direct via le web

L'incidence de la mise en sommeil de tous les spectacles, en ce mol novembre 2020, n'est pas la seule raison de cette représentation destinée aux internautes à laquelle nous à conviée la Compagnie La Cité Théâtre. Dès la conception du spectacle, Olivier Lopez, auteur et metteur, envisageait une double vision du spectacle : une en contact direct avec le public de la salle, l'autre en streaming par captation en temps réel.

© Julien Hélie.
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Le filmage en direct apporte, dans certaines scènes, une proximité, une intimité avec les personnages sans le filtre de la déclamation théâtrale. Les expressions en plans rapprochés semblent plus fortes. Les cadrages permettent d'oublier un temps le reste du décor plateau et s'immerger plus profondément dans la scène, passer d'un lieu à un autre avec souplesse et précision.

Bruno Fougniès
16/11/2020
Sortie à la Une

"Zaï Zaï Zaï Zaï" Road movie déjanté… Tout ça pour un poireau !

Ne devoir son salut qu'à un légume à bulbe blanc et à longues feuilles vertes, brandi sous le nez d'un vigile expert en roulade arrière dissuasive, marque le point de bascule de ce jeune homme - peu recommandable, il est auteur de BD - venant de commettre l'impensable : ne pas avoir été en mesure de présenter sa carte de fidélité à la caissière ! Telle est l'origine de la folle cavale du "héros" échappé de l'album éponyme de Fabcaro pour être porté sur la scène par Angélique Orvain, réalisant là une prouesse propre à rendre lumineuse toute grisaille.

© Romain Dumazer.
Dans un dispositif immergeant le spectateur au cœur de l'action effrénée - pas moins de quatre podiums disposés en cercle, éclairés tour à tour, incluent le public dans des tableaux vivants -, l'épopée du fuyard décrété ennemi numéro 1 par la vox populi reprenant en chœur les voix des médias et des représentants de l'ordre va être vécue de manière haletante. L'occasion pour l'auteur et la metteure en scène, fins observateurs des travers contemporains, de croquer à pleines dents les errements hilarants des conduites dites "ordinaires".

En effet ces "arrêts sur images", joués superbement par huit acteurs tirant parti avec intelligence des ressorts du théâtre de tréteaux et des ralentis cinématographiques, passent au scanner les dérives de la pensée commune érigée en système de pensée. Aucun milieu n'y échappe. Pas moins les complotistes avachis devant leur téloche, les bobos contents d'eux-mêmes lisant Les Inrocks ou Le Monde Diplomatique, les artistes charitables réalisant un album de soutien à l'auteur de BD à la dérive, les forces de l'ordre au képi bas, et encore moins les journalistes des chaînes d'infos en continu commentant en boucle l'absence d'infos.

Éberlué par tant de perspicacité bienveillante mais non moins mordante, on jubile… Rien ne nous est épargné du grotesque qui sous-tend les comportements de la meute de ces (braves) gens commentant avidement la cavale du dangereux mécréant ayant bravé l'interdit suprême des fidèles du "Temple de la consumation". Et si le trait est grossi à l'envi, il déforme à peine la réalité des travers.

Yves Kafka
29/10/2020