La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
CédéDévédé

"Ah!"… Trad attack fort !

Avec la nouvelle réédition hivernale de leur album "Ah!", le groupe Trad Attack nous mène dans un nouvel univers musical où le folk rural estonien se découvre dans un style qui ne trahit ni ses origines, ni sa culture.



© Jelena Rudi.
© Jelena Rudi.
Une musique d'Estonie qui aborde heureusement les rives du rock 'n' roll a de quoi surprendre. Inspiré de leur folklore national, le premier album de Trad Attack, "Ah!" (2015), a une atmosphère particulière, presque indéfinissable, repérable à une sonorité très personnelle. Le son est comme emmitouflé avec une voix légèrement voilée qui scande, chante, murmure, parle.

L'album peut être considéré comme une véritable revendication artistique opérée avec les armes de la musique. Tout en poésie et mélodie. Nos trois artistes, Sandra Sillamaa, Jalmar Vabarna et Tõnu Tubli dépoussièrent la musique folk rurale du vingtième siècle en reprenant, entre autres, des chants traditionnels de Liisa Kümmel (1888-1967), Emilie Kõiv (1894- ?) ou Emilia Naarits (1916-2008).

L'acte est quasi fondateur en soi, car trop peu popularisé, même s'il participe à tout un mouvement de l'édition musicale qui inscrit les folklores musicaux dans le paysage "pop" moderne. Et ça bouscule avec le son du torupill, cornemuse estonienne, qui se marie à la guimbarde, à la guitare et à une batterie. Et c'est très efficace.

© Jelena Rudi.
© Jelena Rudi.
Sandra Vabarna utilise sa voix tel un instrument dans sa manière d'interpréter les chansons comme des balades musicales. Batterie et guitares la cisèlent dans "Paistude sonad" qui débute par un chant entonné de façon enfantine. Le rythme est très appuyé sur un tempo régulier avec quelques changements de cadence menés par la batterie.

Quelques chansons, comme "Unes", relèvent du pur folklore estonien avec le torupill appuyé par des percussions accompagnées de chœurs. La batterie est parfois dans un rythme décalé par rapport aux instruments à vent comme pour "Peale päeva" ou "Kuukene" qui a tout l'air d'un single avec une flûte en instrument principal.

Le deuxième album, "Kullakarva/Shimmer Gold", est prévu fin mai et est déjà en prévente sur le site du groupe. Et nous l'attendons avec beaucoup d'impatience.

© Jelena Rudi.
© Jelena Rudi.
Paroles et musiques : Sandra Sillamaa, Jalmar Vabarna et Tõnu Tubli.

Jalmar Vabarna : guitare.
Tõnu Tubli : percussions.
Sandra Sillamaa : chant, cornemuse torupill, guimbarde, sifflets, flûte.
>> tradattack.ee

Tournée
27 avril au 30 avril 2017 : 37e Shetland Folk Festival, Shetland, Ecosse.
8 mai 2017 : National Geographic Concert, Tallinn, Estonie.
20 mai 2017 : "Kullakarva/Shimmer Gold" Tour, King’s Lynn Hanse Festival, King's Lynn, Royaume-Uni
26 mai 2017 : "Kullakarva/Shimmer Gold" Tour, Club Tonne, Dresde, Allemagne.
Plus de dates sur le site.

● Trad Attack "Ah!".
Réédition hivernale de l'album sortie en 2015.
Label : Nordic Notes.
Distribution : en digital sur toutes les plates-formes.
CD et vinyl sur le site du groupe.

Safidin Alouache
Jeudi 13 Avril 2017

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


PUB


    Aucun événement à cette date.
Publicité



À découvrir

"Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité

"Kanata", Théâtre du Soleil, Paris

Mais que sont devenus les Hurons, la Grande Forêt, les canoës ? Tous ces rêves de Canada des petits garçons et petites filles ? Quand Ariane Mnouchkine et Robert Lepage, avec les comédiens du Soleil, envisagent de monter un spectacle sur le Canada et son Histoire, personne n'imaginait l'hostilité, la violence des réactions qu'engendrerait là-bas ce projet*.

Que l'ambition affichée de montrer le sort des Amérindiens dans le monde moderne aboutirait à une contestation brutale du droit à les représenter. Face aux insultes anonymes, forcément sur Internet, venant de tous les bords, la troupe du Soleil (dont les comédiens appartiennent au monde entier) a réagi de la meilleure façon. En montant le premier épisode de "Kanata" sur la controverse. La troupe intègre, intériorise tous les tenants de la querelle.

La pièce prend pour fil conducteur un couple de jeunes Français primo immigrants naïfs qui s'installant à Vancouver, découvrent les réalités cachées sous les cartes postales. Les rues sordides, la misère, la drogue, la prostitution, les Amérindiens déchus, le crime, l'impuissance d'une police, la déforestation, la disparition des traces du passé. Un melting-pot qui n'est qu'un agrégat de souffrances travaillées pourtant par l'instinct de survie et l'espoir de s'en sortir.

Jean Grapin
07/02/2019
Spectacle à la Une

"Botéro en Orient"… tout en rondeur !

C'est un voyage où le physique et l'esthétisme ont une place prépondérante et dans laquelle les rondeurs sont revendiquées et montrées. Autour d'une création picturale qui l'a guidé, Taoufiq Izeddiou place l'identité au centre de sa création.

Le titre du spectacle est dû au fait que Taoufiq Izeddiou a été inspiré par l'œuvre autour d'Abou Ghraïb (Irak) de Fernando Botero, peintre et sculpteur colombien, où l'artiste s'était insurgé. Il avait en effet dessiné de superbes planches où la torture, l'humiliation et la violence s'étalaient. Les personnages des œuvres de Botero sont toujours des êtres ronds et épais. C'est dans ce rapport aux volumes que le chorégraphe a bâti son spectacle.

À l'entame de la représentation, le silence habille le plateau puis des ombres se détachent d'une demi-obscurité. Les déplacements sont séparés, la gestuelle des trois danseurs est propre à chacun, ceux-ci perchés sur un bloc de bois. La scénographie est déplacée tout au long du spectacle, les blocs changeant de lieu, bousculés et balancés sur scène. C'est une œuvre de construction et de reconstruction où les chorégraphies se suivent dans des thématiques où l'identité de chaque interprète est posée par rapport à son corps, rond, "volumétrique" selon les propos de Taoufiq Izeddiou.

Safidin Alouache
28/02/2019
Sortie à la Une

Roukiata Ouedraogo intègre avec une facilité déconcertante les facettes de l'art du comédien et du clown

"Je demande la route", Théâtre de l'Œuvre, Paris

Roukiata Ouedraogo présente son spectacle "Je demande la route". Difficile de ne pas lui répondre que la route est droite et belle en saluant tout le talent dont elle fait preuve sur scène.

Roukiata Ouedraogo intègre avec une facilité déconcertante les facettes de l'art du comédien et du clown
Roukiata Ouedraogo est pour ainsi dire une princesse qui, ayant découvert le secret des griots et leur art de raconter, donne corps et parole à tous les personnages qui ont marqué sa vie. Elle fait ainsi cadeau de l'humour africain et le fait savoir dans la joie de jouer.

Allant bien au-delà d'un soliloque moqueur ou sarcastique, Roukiata fait œuvre picaresque. En faisant vivre toutes ses ombres, en partant du village, quittant son enfance, sa famille : partant à la conquête du monde. Le public l'accompagne dans le rire.

Les récitations ânonnées à l'école communale, les conseils du grand frère, son arrivée en France, son grand-père ancien de la guerre, sa hantise du froid, son premier appart au dernier étage avec vue sur les chéneaux. De la bureaucrate de l'état civil aux femmes du salon de coiffure à Château-rouge, des métiers de gardienne d'enfants à celui de comédienne, tout fait conte, conte moderne, conte initiatique.

Jean Grapin
08/02/2019