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Paroles & Musique

Victoires de la Musique 2013

En direct... Radio Victoires... Les professionnels parlent aux professionnels... Épisode 28 ! Après une édition 2012 marquée par la reconnaissance tardive mais ô combien justifiée de Hubert-Félix Thiéfaine, Jean-Louis Aubert et Catherine Ringer, 2013 semble plus tournée vers les révélations puisqu'on en trouve 8 parmi les 33 artistes "nominées".



Dominique A en concert le 23 octobre 2012, Le Parvis, Tarbes © 2013 - Comment Certains Vivent.
Dominique A en concert le 23 octobre 2012, Le Parvis, Tarbes © 2013 - Comment Certains Vivent.
Cette vingt-huitième cérémonie des Victoires de la Musique est, comme l'année dernière, retransmise en direct sur France 2 et en simultané sur France Inter. Les favoris étaient incontestablement C2C (quasi plébiscité), nommé dans les catégories révélation du public, révélation scène, album de musiques électroniques ou dance, et clip de l’année ; M (artiste masculin de l’année, album de chansons, clip) et La Grande Sophie (artiste féminine, album de chanson, spectacle), tandis que Barbara Carlotti, Françoise Hardy, Benjamin Biolay, Lou Doillon, Tal, Sexion d’Assaut, Camille et Shaka Ponk étaient eux deux fois cités.

Comme l'année dernière, un artiste enfin reconnu... après vingt ans de carrière : Dominique A !

● Artiste interprète masculin
Benjamin Biolay // Dominique A // M // Orelsan.

● Artiste interprète féminine
Céline Dion // Lou Doillon // Françoise Hardy // La Grande Sophie.

● Groupe ou artiste révélation du public
C2C // Barbara Carlotti // Rover // Tal.

● Groupe ou artiste révélation scène
Boulevard des Airs // C2C // Barbara Carlotti // Irma.

● Album chansons
"Vengeance" (Benjamin Biolay) // "L’amour fou" (Françoise Hardy) // "La place du fantôme" (La Grande Sophie) // "Il" (M).

C2C © DR.
C2C © DR.
● Album rock
"Long courrier" (BB Brunes) // "Places" (Lou Doillon) // "Super welter" (Raphaël) // "Can be late" (Skip the use).

● Album de musiques urbaines
"Extra-lucide" (Disiz) // "Roi sans carrosse" (Oxmo Puccino) // "L’Apogée" (Sexion d’Assaut) // "Le droit de rêver" (Tal).

● Album de musiques du monde
"Folila" (Amadou & Mariam) // "aL" (Bumcello) // "Talé" (Salif Keita) // "C’est la vie" (Khaled).

● Album de musiques électroniques ou dance
"By Your Side" (BreakBot) // "Tetra" (C2C) // "Franky Knight" (Emilie Simon) // "Dusty rainbow from the dark" (Wax Tailor).

C2C © DR.
C2C © DR.
● Chanson originale
"Allez allez allez", Camille (auteur/compositeur : Camille Dalmais) // "Avant qu’elle parte", Sexion d’Assaut (auteurs/compositeurs : Maître Gims, Lefa, Mask, JR Ochrom, Doomans, Adams Diallo, Black Mesrines, Stan-E, Wati-B) // "Je descends du singe", Marc Lavoine (auteur : Marc Lavoine, compositeur : Christophe Casanave) // "La Forêt", Lescop (auteurs-compositeurs : Mathieu Peudupin, Gaël Étienne, Johnny Hostile).

● Spectacle / tournée / concert
"Ilo veyou" - Camille à l'Olympia et en tournée (Production UNI-T) // "Silence on tourne, on tourne en rond" - Thomas Dutronc à l’Olympia et en tournée (Auguri Productions) // "La place du fantôme" - La Grande Sophie au Café de la Danse, au Trianon, à l’Olympia et en tournée (Production 3C) // "The geeks tour" - Shaka Ponk à l’Olympia, au Zénith et au Bataclan (Production Zouave Spectacle).

● Vidéo-clip
"FUYA" de C2C (réalisateurs : Sylvain Richard - 20Syl et Francis Cutter) // "Mojo" de M (réalisatrice : Beryl Koltz) // "My lomo & me (Je photographie des gens heureux)" de Olivia Ruiz (réalisateur : Nicolas Hourès) // "Let’s bang" de Shaka Ponk (réalisateur : Frah).

Gil Chauveau
Vendredi 8 Février 2013

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À découvrir

"L'Écume des jours"… Étonnant et détonnant !

C'est une pièce renversante montée par Claudie Russo-Pelosi à partir d'un roman qui l'est tout autant même si, de son vivant, Boris Vian n'a pas connu la popularité et la reconnaissance qu'il obtiendra ensuite. Dans une mise en scène qui s'appuie aussi sur quelques-unes de ses chansons, sur l'un de ses poèmes et sur le jazz de Duke Ellington, bousculé par un rap, l'amour entre Chloé et Colin prend une tonalité presque surréaliste en écho au style de l'artiste.

© Les Joues Rouges.
Boris Vian (1920-1959), l'homme aux mille qualités artistiques et aux mille vies. Scientifique, démarrant sa vie professionnelle à l'AFNOR (Agence Française de NORmalisation), musicien, écrivain, nouvelliste, chroniqueur, chanteur, poète, dramaturge, critique musical, directeur artistique, Satrape du collège de Pataphysique, il a touché, marqué et influencé différents domaines de l'art. Grand animateur de Saint-Germain-des-Prés où il a été l'un des premiers musiciens du célèbre Tabou, il avait pour passion le jazz et a joué un moment en tant que trompettiste dans le groupe de Claude Luter (1923-2006). Il a influencé des artistes comme Gainsbourg (1928-1991) par ses compositions et ses interprétations. Sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, il a écrit aussi des romans, de type américain, dont le plus connu, "J'irai cracher sur vos tombes" (1946), lui a valu autant la célébrité que les ennuis fiscaux.

Mettre en scène un roman est toujours un exercice de réécriture et celui que la troupe "Les Joues Rouges" effectue de "L'Écume des jours" (1946) donne à l'œuvre une lecture théâtrale vive, condensée et musicale. Le roman a eu une reconnaissance tardive, bien après la mort de l'écrivain et bien qu'il ait eu l'appui de Raymond Queneau (1903-1976) et de Jean-Paul Sartre (1905-1980) lors de sa parution. Il a été écrit très rapidement, de mars à mai 1946. C'est une histoire d'amitiés, de désirs, d'amours, de maladie, de mort, de solitude et de couples autour, entre autres, de Chloé (Lou Tilly) et Colin (Ethan Oliel), de Chick (Stéphane Piller) et Alise (Aurore Streich).

Safidin Alouache
04/08/2022
Spectacle à la Une

"L'Alchimiste" Un bien joli voyage théâtral !

Dans une création théâtrale du célèbre roman de Paulo Coelho, le metteur en scène comédien Benjamin Bouzy réussit à créer, dans une simple mais belle scénographie, un voyage autant intérieur qu'extérieur de Santiago, en quête de sa vérité, qui découvre le monde avec ses secrets, ses trésors et ses surprises.

© Matthieu Lionnard.
C'est le mariage d'un conte philosophique, celui de "L'Alchimiste" ("O Alquimista", 1988) de Paulo Coelho et du théâtre, mis en scène par Benjamin Bouzy. À la recherche de sa légende personnelle, pour reprendre les termes de l'auteur brésilien, avec son langage du cœur, ses signes et à la découverte de l'âme du monde, le berger andalou Santiago (Benjamin Bouzy) nous mène du Maroc vers les pyramides d'Égypte en passant par le Sahara. C'est un véritable concentré de poésie et d'actions.

La voix claire, sans tension durant toute la représentation, Santiago porte avec lui le "mektoub", à savoir "ce qui est écrit" comme un parfum de fatalité plein d'espoir. Bien avant qu'il réalise ce que c'est réellement, il l'habite avec quiétude et parfois inquiétude dans les multiples événements qu'il vit. Sa voix, durant ceux-ci, fait l'écho d'une certaine fragilité à la fois poétique et naïve.

L'histoire est racontée au fil de l'eau par deux conteurs, Myriam Anbare et Fabien Floris, qui jouent aussi, à eux deux, tous les autres rôles. Seul Benjamin Bouzy reste dans son personnage. Cette découpe entre conte et actions, récit et situations donnent à la pièce une double dimension avec la parole et l'écrit, le théâtre et le roman. Les actions s'enchaînent dans des tableaux avec, pour chacun, leur décor et leur ambiance. Nous sommes ainsi projetés dans un ailleurs situé dans plusieurs lieux avec un récit qui se décline sous différentes conjugaisons.

Safidin Alouache
06/09/2022
Spectacle à la Une

"Le Dépôt Amoureux" Ou l'art de revisiter de façon tout autant scientifique qu'humoristique le mystère de l'amour et du désamour

Associer avec justesse et inventivité une narration légèrement décalée - du fait de la transposition du traumatisme de la rupture amoureuse d'un patient nommé Noé dans le milieu hospitalier puis dans un centre de rééducation du cœur - et la danse, dont les chorégraphies exprimées peuvent nous mener, selon les interprétations de chacun, dans les méandres du cerveau où s'affrontent les sentiments opposés issus du chagrin d'amour, ou plus exactement de la maladie intitulée ici avec humour… le "Separatus Brutus", telle est la folle création théâtrale, ludique, dynamique et cocasse de la Cie Tout le monde n'est pas normal… Et on veut bien le croire !

© Festival Toi, moi and Co & Ema Martin.
Sur scène, un patient accoutré en mode opératoire d'un linge blanc et entouré de blouses tout aussi blanches qu'on imagine être celles d'une chirurgienne et de quelques autres personnels de santé. L'opéré, Noé, naufragé du cœur après avoir navigué sur l'arche du bonheur, a subi une rupture tout aussi cardiaque que mentale, maladie connue sous le nom évocateur - bien qu'à consonance latine - de "Separatus Brutus".

L'opération chirurgicale est représentée de façon abstraite par le retrait de filaments rouges dans le dos de notre dépité amoureux sous anesthésie. Énumération des actes pratiqués et des suites prévues, envisagés en usant de termes scientifiques propres à consolider la véracité de l'acte médical. C'est la première fois que Noé est atteint de ce mal. Dans son cas, l'annonce de la "fracturation" s'est faite sur l'oreiller avec malheureusement pour lui l'option "rester amoureux" ! Noé, rescapé, survivant, d'un naufrage sentimental.

Diagnostiquer, narrer comme s'il s'agissait d'une opération cardiaque, à cœur "en mal d'amour" ouvert. Après l'intervention vient le temps de la convalescence, direction un centre de rééducation du cœur faisant aussi office d'unité expérimentale de recherche sur le "Separatus Brutus". Dans ce lieu, véritable "dépôt amoureux", on imagine aisément un hangar dans lequel on retrouve des personnages errant comme des âmes en peine. Noé va donc y faire des rencontres nocturnes, issus de son imaginaire… ou pas !

Gil Chauveau
21/09/2022