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Paroles & Musique

Une fin du monde rêvée... avec les Sea Girls

"Les Sea Girls fêtent la fin du monde", La Nouvelle Ève, Paris

Le loufoque et déjanté quatuor féminin, les Sea Girls, est de nouveau sur les routes de France avant de revenir sur la scène de la Nouvelle Ève à Paris en Novembre. Explosive, parfois trash, mais tellement "savoureuses", notre quatre donzelles, grâce à la mise en scène parfaitement réglée de Patrick Hautecœur, domptent la scène avec une efficacité comique débridée et joue malicieusement avec le public dans un show très Music Hall où leurs qualités vocales n'ont rien à envier à leurs talents de comédiennes.



Sea Girls © L'Espion Du Rock.
Sea Girls © L'Espion Du Rock.
Pétillantes comme des bulles de champagnes, changeant de costumes comme on effeuille des pelures (d'oignon), elles naviguent, avec une incroyable complicité et aisance, sur tous les styles musicaux (jazz, rock, samba, berceuse, etc.) et enchainent les numéros, des gags délirants aux démonstrations de magie maîtrisées mais hilarantes.

Ceux qui ont pu assister durant l'été 97, en Bretagne, à la folle équipée du Kabaret Dérézo se souviennent de cette folie baroque "caustico-comique" mariant avec bonheur la dérision à l'humour provoc. Prunella Rivière et Élisa Roche (membres alors du collectif d'artistes créateur de la Cie Dérézo) en faisaient partie. Quelques années plus tard, elles créent avec Judith Rémy et Delphine Simon les Sea Girls et connaissent un véritable succès avec "Chansons à pousse-pousse", un spectacle composé de chansons inédites, pour la plupart de Jean-Max Rivière.

Pour 2011, nos quatre comédiennes-chanteuses sont de retour avec un nouveau spectacle, "Les Sea Girls fêtent la fin du monde" (créé en octobre 2010 au Théâtre Ducourneau à Agen), présentant un répertoire inédit de jeunes auteurs - Fred Pallem, Marie Desgranges, Nicolas Ducron, GildasThomas, Prunella Rivière, Sophie Forte, Laurent Madiot, Juliette Armanet - mais également de leur auteur fétiche, Jean-Max Rivière. Fidèle à elles-mêmes, ce comique quatuor chantant "très féminin" distille une ambiance music-hall décalée, voire déjantée, où costumes excentriques et coiffes hirsutes (de l'ambiance saloon au look pin-up en passant le glamour des années soixante et l'esthétique japonisante) ne sauront effacer leurs silhouettes "de rêve" et leurs envolées lyriques... mais burlesques !

Accompagnées d'un guitariste et d'un percussionniste, les Sea Girls ont décidé de nous faire vivre avec jubilation une éventuelle fin du monde... Et, en leur compagnie, on a bien l'intention d'en profiter... Sans aucune modération ! Dans le monde de l'absurde, les fous sont rois... Reines ? !!!

"Les Sea Girls fêtent la fin du monde"

Sea Girls © L'Espion Du Rock.
Sea Girls © L'Espion Du Rock.
(Vu le 13 janvier 2011)

Conçu et interprété par : Judith Rémy, Prunella Rivière, Élise Roche, Delphine Simon.
Mise en scène : Patrick Haudecœur.
Musiciens : Dan Panama ou Benoît Simon (guitare), Guillaume Lantonnet (percussions).
Arrangements : Fred Pallem. Arrangements vocaux : Lucrèce Sassella.

Reprise du spectacle à partir du 17 novembre 2011.
Jeudi, vendredi et samedi à 21 h.
À la Nouvelle Ève, Paris 9e, 0820 209 092 (0,09 €/min).
Sea Girls © L'Espion Du Rock

>> La tournée des Sea Girls
Septembre 2011
20/09 : La Barbacane, Beynes (78).
22/09 : Palais de la Culture, Puteaux (92).
23/09 : Espace Victor Hugo, Clichy-sous-Bois (93).
24/09 : Centre culturel A. Malraux, Chevilly-la-Rue (94).
27/09 : Théâtre, Montauban (82).

Octobre 2011
01/10 : La Lucarne, Arradon (56).
02/10 : Espace Culturel Scelia, Sarges-les-Le Mans (72).
04/10 : Carré Bellefeuille, Boulogne Rotary Club (92).
06/10 : Salle de l’Ermitage-Compostel, Le Bouscat (33).
07/10 : Centre Brassens, Avrillé (49).
12/10 : Ciné Théâtre, Tournon (07).
13/10 et 14/10 : Théâtre du Vellein, Villefontaine (38).
15/10 : Théâtre Gaston Bernard, Chatillon-sur-Seine (21).
16/10 : Espace Sarah Bernhardt, Goussainville (95).
18/10 : Théâtre, Cournon d'Auvergne (63).
19/10 : Théâtre musical, Besançon (25).
20/10 et 21/10 : Théâtre, Villefranche-sur-Saône (69).
28/10 : Palais des Congrès, Pontivy (56).

www.les-seagirls.com

Gil Chauveau
Lundi 15 Août 2011

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"La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil

Après déjà plusieurs années d'exploitation et de succès, Sylvie Dorliat reprend le très touchant conte de Philippe Claudel, "La petite fille de monsieur Linh", qu'elle a adapté pour la scène et qu'elle interprète. Une bonne occasion de découvrir ou de revoir ce spectacle lumineux et délicat parlant avec humanité tant de l'exil, de la mort, de la folie que de l'amitié et de l'espoir d'une nouvelle vie.

De la guerre, de la fuite, de l'exil peut naître la folie. Lorsque l'on a vu sa famille, tous ceux que l'on aime se faire tuer, quand on a tout perdu, perdre la raison peut devenir un refuge, un acte de survie, une tentative désespérée de renaissance en s'inventant une nouvelle histoire…

Guerre, mort, fuite inéluctable pour un espoir de survie, triviale association caractérisant chaque jour toujours plus notre monde… Bateau, exil, nouvelle contrée inconnue, centre d'hébergement, accueil pour vieil homme et petite fille. Pays nouveau, pays sans odeur, sans les odeurs colorées et épicées de son Asie natale, peut-être le Vietnam ou le Cambodge.

Tout commença un matin où son fils, sa belle-fille et sa petite fille s'étaient rendus dans les rizières. Cette année-là, la guerre faisait rage. Ils sont tués durant leur travail. Tao Linh récupère sa petite fille, Sang diû (Matin doux) 10 mois - elle a les yeux de son père (son fils), dit-il - et entreprend une épuisante traversée, à l'horizon une terre occidentale. Apprivoiser ce nouveau pays, ces gens inconnus, cette promiscuité dans ce centre d'accueil pour émigrés. Puis, au bout d'un moment, se résoudre, se décider à sortir pour découvrir cette ville qui l'accueille.

Dans un parc, assis sur un banc, et l'arrivée de monsieur Bark. Premier contact, et les prémices d'une nouvelle amitié. Ils parlent de leur femme (mortes). Parle de la guerre, celle à laquelle a participé Bark dans le pays de Linh. Bark l'invite au restaurant, lui offre un cadeau, une robe pour la petite. Tao Linh va être déplacé mais dans la même ville. Se retrouve dans une chambre… Enfermement…

Gil Chauveau
09/09/2020
Spectacle à la Une

"Les Dodos" Virtuoses aux agrès comme aux guitares… pour des envolées poétiques et musicales, sensibles et rebelles !

Quel point commun peut-il y avoir entre un dodo, gros oiseau incapable de voler - et plutôt maladroit - et un acrobate ? L'inconscience naïve pour le premier, qui le conduisit à sa disparition, l'inconscience maîtrisée - avec une peur raisonnée pour la sécurité - qui le mène vers le spectaculaire et la performance virtuose pour le second... C'est en résumé l'étonnante création de la compagnie Le P'tit Cirk qui s'articule autour de la musique et de l'envol avec la guitare comme partenaire privilégié, instrument musical ou agrès des plus surprenants !

Fondé en mars 2004 sur les projets de Danielle Le Pierrès (Archaos, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, Cirque Plume, etc.) et de Christophe Lelarge (Cirque du Soleil, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, etc.)*, le P'tit Cirk est basé dès sa création à Lannion en Bretagne. Cette implantation correspond à une démarche artistique volontaire de long terme afin d'être acteur de la vie culturelle du Trégor, de partager et de transmettre leur passion, et d'aller à la rencontre d'un public qui n'a pas forcément l'occasion ou la demande de découvrir cette forme d'approche de travail envers le cirque. Le spectacle "Les Dodos" est la sixième proposition de la compagnie.

Cette dernière création (en tournée depuis trois ans) confirme, si besoin était, leur statut de compagnie majeure dans le paysage du cirque de création à l'échelle européenne… et leur ouverture permanente à différentes pistes… de cirque. Chez les membres du P'tit Cirk, le sens du collectif, le côté pur, brut et extra-ordinaire de l'exploit sont aussi importants et incontournables que le jeu d'acteur, la mise en piste, la lumière et la scénographie. La performance est là mais n'occulte en rien la trame poétique présente à chaque instant.

Gil Chauveau
17/09/2020
Sortie à la Une

"Cabaret Louise" Cabaret foutraque et jouissif pour s'indigner encore et toujours !

Grandes ignorées de nos scolarités boutonneuses, la Commune et l'une de ses figures majeures, Louise Michel, sont tirées du passé et ici convoquées à une célébration festive et effrontée, bâtie sur des fondations soixante-huitardes bienfaisantes, où se réunissent de manière intempestive, ou pas, Rimbaud, Hugo, Léo et Théophile Ferré, Louise Attaque, Johnny Hallyday, Jules Ferry et Adolphe Thiers, etc., prenant vie grâce aux joyeux jeux virtuoses de Charlotte Zotto et Régis Vlachos.

En une forme de cabaret drolatique, foutraque, jouissif et impertinent, est rendu hommage à la révolte, à l'espérance d'une toujours future révolution, au souvenir de celles qui ont eu lieu - sans malheureusement toujours beaucoup d'efficience -, à celles et ceux - communards ou soixante-huitards - qui les imaginèrent sur le terreau de folles utopies. Régis Vlachos nous offre à nouveau un insolent et hilarant éloge d'une nouvelle rébellion à inventer, nous incitant, dans le respect de nos libertés individuelles, à nous indigner encore et toujours.

Cet hommage audacieux et - forcément - libertaire est associé subtilement, dans un intelligent second plan et en un judicieux contrepoint, à nos désespérantes actualités. Et, tour de force réussi, est généré, en complément inattendu et croustillant, une approche de mise en abyme conjugale du couple tentant de représenter le spectacle tout en l'interrompant de tempétueuses disputes, de tentatives de réconciliation… ou de négociation de définitive séparation... Instillant ainsi dans tous les tiroirs narratifs, une revendication féminine et féministe émanant historiquement de Louise Michel et, dans une contemporanéité militante, celle de la femme d'aujourd'hui que sont les comédiennes Charlotte Zotto et Johanna Garnier.

Gil Chauveau
31/08/2020