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Pitchouns

Tourne tourne jolies berceuses

À quoi reconnaît-on une berceuse ? Mon fils de trois mois a répondu l’autre jour à cette question… En restant médusé devant les trois premiers morceaux des "berceuses de Mandarine" (9ème album). Là, j’ai compris… Alors que les textes sont totalement originaux, ces berceuses pourraient déjà appartenir au répertoire universel. Une jolie prouesse.



Le Bal de Mandarine © Janguile Carpentier.
Le Bal de Mandarine © Janguile Carpentier.
Ce qu’on apprécie immédiatement, c’est la richesse des accords et des instruments. De la note médiévale avec l’utilisation du luth ("La lune est levée" est féérique) au rythme plus actuel ("Les petits chemins" et "un petit rayon de lune", le piano et la guitare aidant), la variété instrumentale et vocale est impressionnante : en tout, une dizaine d’instruments et chanteurs !

Contrairement à la berceuse traditionnelle française un peu simpliste, les textes ne dénotent pas non plus. Mieux, nous avons été surpris par leur complexité et leur profondeur poétique. À ce sujet, "Mes amis inconnus" restent ma préférée, peut-être parce qu’elle me rappelle la sensibilité et la beauté des chansons de Henri Salvador... "Le soir à ma fenêtre, je regarde la rue, / Et je vois apparaître mes amis inconnus." Bel appel à l’imaginaire qui comblera autant les petits que les grands… enfants.

Melle Mandarine © Musique en Normandie.
Melle Mandarine © Musique en Normandie.
Un joli objet aussi. Délicatement illustré par Elsa Joubert, le livret qui accompagne le CD contient les paroles et les accords. Ainsi, les mamans (même celles comme moi pas très douées en berceuses !) peuvent accompagner par la parole ou par des jeux les belles voix du disque. On ne négligera donc pas la part didactique de certaines de ces chansons.

Voilà donc un album riche et original que l’enfant comme l’adulte auront plaisir à écouter et à réécouter !

1ère de couverture "Les berceuses de Mandarine" © Illustration de Elsa Joubert.
1ère de couverture "Les berceuses de Mandarine" © Illustration de Elsa Joubert.
• Mandarine "Les berceuses de Mandarine".
Sortie le 17 septembre 2012.
Prix conseillé : 16 euros.
Distribué par L'Autre Distribution.
Illustrations : Elsa Joubert.
>> assomandarine.chez-alice.fr

• Spectacles de Mandarine en tournée.
7 octobre 2012 : "M. Mandarine", Paris – La Villette (75).
26 octobre 2012 : Le Bal, Falaise (14).
28 octobre 2012 : Le Bal et "Miniatures...", Angers (49).
25 novembre 2012 : Le Bal, Saint-Malô-du-Bois (85).
12 décembre 2012 : Le Bal, Le Mans (72).
22 décembre 2012 : "M. Mandarine", Caen - cinéma Lux (14).
4 janvier 2013 : "Mlle Mandarine", Caen - cinéma Lux (14).
20 janvier 2013 : "Mlle Mandarine", La Roche s/Yon (85).
6 mars 2013 : "M. Mandarine", Messac-Guipry (35).
6 mars 2013 : Le Bal, Zénith de Caen (14).
16 mars 2013 : "Miniatures...", Tandem - Caen (14).
17 mars 2013 : "Les 4 saisons de Mandarine", Tandem – Caen (14).
29 mars 2013 "Mlle Mandarine", Vernouillet (28).
10 avril 2013 : Le Bal, St Saturnin (72).

Mercredi 5 Septembre 2012

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"La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil

Après déjà plusieurs années d'exploitation et de succès, Sylvie Dorliat reprend le très touchant conte de Philippe Claudel, "La petite fille de monsieur Linh", qu'elle a adapté pour la scène et qu'elle interprète. Une bonne occasion de découvrir ou de revoir ce spectacle lumineux et délicat parlant avec humanité tant de l'exil, de la mort, de la folie que de l'amitié et de l'espoir d'une nouvelle vie.

De la guerre, de la fuite, de l'exil peut naître la folie. Lorsque l'on a vu sa famille, tous ceux que l'on aime se faire tuer, quand on a tout perdu, perdre la raison peut devenir un refuge, un acte de survie, une tentative désespérée de renaissance en s'inventant une nouvelle histoire…

Guerre, mort, fuite inéluctable pour un espoir de survie, triviale association caractérisant chaque jour toujours plus notre monde… Bateau, exil, nouvelle contrée inconnue, centre d'hébergement, accueil pour vieil homme et petite fille. Pays nouveau, pays sans odeur, sans les odeurs colorées et épicées de son Asie natale, peut-être le Vietnam ou le Cambodge.

Tout commença un matin où son fils, sa belle-fille et sa petite fille s'étaient rendus dans les rizières. Cette année-là, la guerre faisait rage. Ils sont tués durant leur travail. Tao Linh récupère sa petite fille, Sang diû (Matin doux) 10 mois - elle a les yeux de son père (son fils), dit-il - et entreprend une épuisante traversée, à l'horizon une terre occidentale. Apprivoiser ce nouveau pays, ces gens inconnus, cette promiscuité dans ce centre d'accueil pour émigrés. Puis, au bout d'un moment, se résoudre, se décider à sortir pour découvrir cette ville qui l'accueille.

Dans un parc, assis sur un banc, et l'arrivée de monsieur Bark. Premier contact, et les prémices d'une nouvelle amitié. Ils parlent de leur femme (mortes). Parle de la guerre, celle à laquelle a participé Bark dans le pays de Linh. Bark l'invite au restaurant, lui offre un cadeau, une robe pour la petite. Tao Linh va être déplacé mais dans la même ville. Se retrouve dans une chambre… Enfermement…

Gil Chauveau
09/09/2020
Spectacle à la Une

"Les Dodos" Virtuoses aux agrès comme aux guitares… pour des envolées poétiques et musicales, sensibles et rebelles !

Quel point commun peut-il y avoir entre un dodo, gros oiseau incapable de voler - et plutôt maladroit - et un acrobate ? L'inconscience naïve pour le premier, qui le conduisit à sa disparition, l'inconscience maîtrisée - avec une peur raisonnée pour la sécurité - qui le mène vers le spectaculaire et la performance virtuose pour le second... C'est en résumé l'étonnante création de la compagnie Le P'tit Cirk qui s'articule autour de la musique et de l'envol avec la guitare comme partenaire privilégié, instrument musical ou agrès des plus surprenants !

Fondé en mars 2004 sur les projets de Danielle Le Pierrès (Archaos, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, Cirque Plume, etc.) et de Christophe Lelarge (Cirque du Soleil, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, etc.)*, le P'tit Cirk est basé dès sa création à Lannion en Bretagne. Cette implantation correspond à une démarche artistique volontaire de long terme afin d'être acteur de la vie culturelle du Trégor, de partager et de transmettre leur passion, et d'aller à la rencontre d'un public qui n'a pas forcément l'occasion ou la demande de découvrir cette forme d'approche de travail envers le cirque. Le spectacle "Les Dodos" est la sixième proposition de la compagnie.

Cette dernière création (en tournée depuis trois ans) confirme, si besoin était, leur statut de compagnie majeure dans le paysage du cirque de création à l'échelle européenne… et leur ouverture permanente à différentes pistes… de cirque. Chez les membres du P'tit Cirk, le sens du collectif, le côté pur, brut et extra-ordinaire de l'exploit sont aussi importants et incontournables que le jeu d'acteur, la mise en piste, la lumière et la scénographie. La performance est là mais n'occulte en rien la trame poétique présente à chaque instant.

Gil Chauveau
17/09/2020
Sortie à la Une

"Cabaret Louise" Cabaret foutraque et jouissif pour s'indigner encore et toujours !

Grandes ignorées de nos scolarités boutonneuses, la Commune et l'une de ses figures majeures, Louise Michel, sont tirées du passé et ici convoquées à une célébration festive et effrontée, bâtie sur des fondations soixante-huitardes bienfaisantes, où se réunissent de manière intempestive, ou pas, Rimbaud, Hugo, Léo et Théophile Ferré, Louise Attaque, Johnny Hallyday, Jules Ferry et Adolphe Thiers, etc., prenant vie grâce aux joyeux jeux virtuoses de Charlotte Zotto et Régis Vlachos.

En une forme de cabaret drolatique, foutraque, jouissif et impertinent, est rendu hommage à la révolte, à l'espérance d'une toujours future révolution, au souvenir de celles qui ont eu lieu - sans malheureusement toujours beaucoup d'efficience -, à celles et ceux - communards ou soixante-huitards - qui les imaginèrent sur le terreau de folles utopies. Régis Vlachos nous offre à nouveau un insolent et hilarant éloge d'une nouvelle rébellion à inventer, nous incitant, dans le respect de nos libertés individuelles, à nous indigner encore et toujours.

Cet hommage audacieux et - forcément - libertaire est associé subtilement, dans un intelligent second plan et en un judicieux contrepoint, à nos désespérantes actualités. Et, tour de force réussi, est généré, en complément inattendu et croustillant, une approche de mise en abyme conjugale du couple tentant de représenter le spectacle tout en l'interrompant de tempétueuses disputes, de tentatives de réconciliation… ou de négociation de définitive séparation... Instillant ainsi dans tous les tiroirs narratifs, une revendication féminine et féministe émanant historiquement de Louise Michel et, dans une contemporanéité militante, celle de la femme d'aujourd'hui que sont les comédiennes Charlotte Zotto et Johanna Garnier.

Gil Chauveau
31/08/2020