La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Concerts

Premiers rendez-vous pour un Cycle Brahms au TCE

Les deux premières soirées ouvrant un nouveau cycle de l'intégrale des œuvres de musique de chambre de Johannes Brahms sont fixées aux 14 et 15 octobre au Théâtre des Champs-Élysées. Avec le pianiste Sunwook Kim et des solistes du Berliner Philharmoniker.



Sunwook Kim © DR.
Sunwook Kim © DR.
L'œuvre de Johannes Brahms représente l'apogée d'une époque et sa musique de chambre - aux vingt-quatre partitions publiées - un vrai continent où s'épanouit le meilleur de son inspiration à partir des années 1860.

Le jeune pianiste coréen Sunwook Kim, primé en Suisse (Concours Clara-Haskil 2005) et en Angleterre (Concours de Leeds 2006), s'attaque pour le public français au monument brahmsien pour quatre rendez-vous (octobre 2018 et avril 2019) en compagnie de solistes de l'Orchestre Philharmonique de Berlin.

Pour ce premier rendez-vous (en deux soirées donc), il sera notamment accompagné du clarinettiste Wenzel Fuchs - un instrument si important pour la dernière période de création du compositeur né en 1833 à Hambourg.

L'occasion pour le public de vérifier dans les œuvres programmées le goût des formations instrumentales rares à cette époque, l'attachement jamais démenti à l'architecture des formes classiques héritées de Beethoven (entre autres) et une écriture portant au plus haut l'invention, la science du contrepoint et de la polyphonie du compositeur allemand.

Wenzel Fuchs © DR.
Wenzel Fuchs © DR.
Pour le 14 octobre ont été choisis le Trio pour piano et clarinette opus 114 (créé en 1892 et contemporain de l'opus 115), la Sonate en fa mineur pour clarinette opus 120 (1895) dans une transcription pour l'alto. Sa sœur jumelle (pour clarinette, composée à la même période) en mi bémol majeur sera, quant à elle, donnée le 15 octobre.

Le Quintette en fa mineur pour piano (et cordes) opus 34 créé en 1865 conclura la première soirée, le premier panneau d'un diptyque puisqu'il est prévue une fin de concert parallèle le 15 octobre avec le Quintette (créé en 1892) pour clarinette et cordes (opus 115).

En cette deuxième soirée sera donné également le Trio pour piano, violon et cor (de chasse) opus 40, commencé en 1864 à Baden-Baden alors que Brahms vient de perdre sa mère (créé en 1865). Le goût des formes se marie sans peine avec l'expression lyrique chez Brahms, comme on le vérifiera, avec ces chefs-d'œuvre évoquant force paysages, passions et parfois une authentique mélancolie existentielle.

Sunwook Kim © DR.
Sunwook Kim © DR.
Sunwook Kim revient avec d'autres solistes du Berliner pour la suite de cette Intégrale Brahms les 12 et 13 avril 2019 (Cycle IV), alors que les 15 et 16 janvier 2019 le Cycle III aura été offert par la pianiste Elisabeth Leonskaja, accompagnée du Streichquartett der Staatskapelle de Berlin. Le Cycle V (les 21 et 27 mai 2019) réunira Renaud Capuçon (violon), Edgar Moreau (violoncelle) et Nicholas Angelich (piano).


14 et 15 octobre 2018 à 20 h.
Théâtre des Champs-Élysées.
15 Avenue Montaigne Paris 8e.
Tél. : 01 49 52 50 50.
>> theatrechampselysees.fr
>> piano4etoiles.fr

Wenzel Fuchs © DR.
Wenzel Fuchs © DR.
Sunwook Kim, piano.

Solistes du Berliner Philharmoniker :
Wenzel Fuchs, clarinette.
Guy Braunstein, Christoph Streuli, violon.
Amihai Grosz, alto.
Zvi Plesser, violoncelle.
Radek Baborak, cor.

Christine Ducq
Mardi 9 Octobre 2018

Nouveau commentaire :

Concerts | Lyrique



Brèves & Com


Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


PUB


    Aucun événement à cette date.
Publicité



À découvrir

"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
Spectacle à la Une

"Adieu Monsieur Haffmann"… Rire et émotions mêlés dans une pièce toute en délicatesse… comme une sonate des cœurs purs

Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

Le décor sobre de Caroline Mexme, tout en déclinaisons de gris, sert de fond à cette époque aux couleurs vert-de-gris. D'un côté la cave où se cache Joseph Haffmann, de l'autre l'appartement à l'étage où s'installent Pierre et sa femme, jeune couple en attente d'un enfant qui ne vient pas. Dehors, les persécutions contre les Juifs s'intensifient, dénonciations, expropriations, et puis la rafle du Vél d'Hiv…

C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
Sortie à la Une

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018