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Lou Casa CD "Barbara & Brel" À nouveau un souffle singulier et virtuose passe sur l'œuvre de Barbara et de Brel

Ils sont peu nombreux ceux qui ont une réelle vision d'interprétation d'œuvres d'artistes "monuments" tels Brel, Barbara, Brassens, Piaf et bien d'autres. Lou Casa fait partie de ces rares virtuoses qui arrivent à imprimer leur signature sans effacer le filigrane du monstre sacré interprété. Après une relecture lumineuse en 2016 de quelques chansons de Barbara, voici le profond et solaire "Barbara & Brel".



© Alicia Gardes.
© Alicia Gardes.
Comme dans son précédent opus "À ce jour" (consacré à Barbara), Marc Casa est habité par ses choix, donnant un souffle original et unique à chaque titre choisi. Évitant musicalement l'écueil des orchestrations "datées" en optant systématiquement pour des sonorités contemporaines, chaque chanson est synonyme d'une grande richesse et variété instrumentales. Le timbre de la voix est prenant et fait montre à chaque fois d'une émouvante et artistique sincérité.

On retrouve dans cet album une réelle intensité pour chaque interprétation, une profondeur dans la tessiture, dans les tonalités exprimées dont on sent qu'elles puisent tant dans l'âme créatrice des illustres auteurs que dans les recoins intimes, les chemins de vie personnelle de Marc Casa, pour y mettre, dans une manière discrète et maîtrisée, emplie de sincérité, un peu de sa propre histoire.

"Nous mettons en écho des chansons de Barbara et Brel qui ont abordé les mêmes thèmes mais de manières différentes. L'idée est juste d'utiliser leur matière, leur art, tout en gardant une distance, en s'affranchissant de ce qu'ils sont, de ce qu'ils représentent aujourd'hui dans la culture populaire, dans la culture en général… qui est énorme !"

© David Manzic.
© David Manzic.
La respiration, parfois émotionnellement haletante, donne, suggère les émois que génèrent les bouleversements décrits par Brel, notamment dans "Mathilde" ou "Jojo". La voix se fait plus douce, calme, presque murmurée pour porter les mots d'amour, de passion, de "Parce que (je t'aime)" de Barbara, soutenue par un délicat accompagnement au piano (Stéphane Gasquet) et une ligne de basse (Julien Aellion) soutenue, très présente, se glissant, se fondant dans le phrasé de l'interprète.

Jouant sur les rythmes, les cadences et la durée plus ou moins longue des silences, Marc Casa insuffle, suggère les fêlures de Barbara ("L'amoureuse", "La solitude"), les fragilités - derrière des façades masculines - de Brel. Pour ce dernier, cela est perceptible dans "Fernand" où Lou Casa, dans un rythme saccadé d'un orgue faussement enjoué, donne toute la densité de la tristesse ressentie, mais retenue quand on est un homme.

Enfin, sans tout dévoiler, "Gauguin (Lettre à Jacques Brel)" - un hommage de Barbara à Jacques Brel et à Paul Gauguin qu'elle ne chanta que sur scène - et "Jaurès" sont aussi deux grands moments empreints d'une grande sensibilité, d'une lecture puisée à la force de convictions - artistiques pour l'une, plus politique pour l'autre, poétiques pour les deux - partagées entre l'interprète et ses auteurs.

La force indéniable, indestructible de Lou Casa (Marc Casa, Stéphane Gasquet et Julien Aellion), réside dans les interprétations proposées sur disque ou bien en concert qui n'appartiennent qu'à eux, uniques et inédites, et en même temps tellement respectueuses !

● Lou Casa "Barbara et Brel - des échanges, de présences et d'absences".
Label : Les soirs imprudents.
Distribution : InOuïe Distribution.
Sortie : 16 novembre 2020.

Concert
26 janvier 2020 à 20 h.
Bal Blomet, Paris 15e.
>> balblomet.fr

Marc Casa : chant, percussions, orgue, direction artistique.
Stéphane Gasquet : piano, orgue, tom bass, chœurs.
Julien Aellion : basse électrique, chœurs.
Bastien Peralta : création/régie lumière.

© Stéphane Gasquet.
© Stéphane Gasquet.
Tournée 2021
22 janvier 2021 : Argenton-sur-Creuse (36).
23 janvier 2021 : Marly-le-Roi (78).
5 février 2021 : Loctudy (29).
24 et 25 février 2021 : Bayonne (34).
26 février 2021 : Jurançon (64).
27 février 2021 : Castelginest (31).
11 mars 2021 : Biarritz (64).
12 mars 2021 : Montignac (24).
13 mars 2021 : Pavaillac (24).
9 avril 2021 : Saint-Cyr-sur-Loire (37).
10 avril 2021 : Champigny-sur-Veude (37).
11 avril 2021 : Centre culturel Culturel, Kastell'do , Uzel (22).
14 avril 2020 : Salle du Citoyen, Lognes (77).
17 avril 2021 : Maure-en-Bretagne (35).
24 avril 2021 : Cannes (06).
07 mai 2021 : Claye-Souilly (77).
11 mai 2021 : Dax (40).
NB : au vu des bouleversements liés au Covid 19, dates et horaires peuvent évoluer.

Gil Chauveau
Jeudi 3 Décembre 2020

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© Alexandre Pupkins.
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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