La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Paroles & Musique

Isabelle Aubret, entre légèreté et puissance, une voix au cœur de l'émotion

Le week-end des 15-16 décembre 2012, le cabaret de L'Escale à Migennes recevait, pour deux concerts, Isabelle Aubret. Salle comble dans ce cabaret mythique qui organisera une grande fête en mars 2013 liée à son incroyable histoire : celle d'une ancienne salle de music-hall qui a vu passer les plus grands noms de la chanson en son temps. Ces festivités seront aussi l'occasion de fêter les cinquante ans de carrière d'Isabelle Aubret : un parcours hors du commun, engagé et poétique... comme un ode à la vie !



Isabelle Aubret, entre légèreté et puissance, une voix au cœur de l'émotion
Salle comble pour ces deux concerts, un public tout acquis et enthousiaste est présent, certains venant avec des fleurs et prêts pour les dédicaces (préparant affiches et feutre) ! "La boîte à chanson", c'est ainsi qu'Isabelle Aubret nomme le cabaret de l'Escale - lieu de référence en matière de chanson française (50 % de sa programmation) -, fait un accueil chaleureux à la grande artiste qui est, en quelque sorte, une habituée des lieux.

En effet, Isabelle Aubret fit ses débuts sur cette même scène les 21 et 22 avril 1962 ainsi qu'un certain Jean Ferrat. Une date importante puisqu'elle remporte le Grand Prix de l'Eurovision avec "Un premier Amour" et rencontre Ferrat dont elle assure la première partie de sa tournée cette année-là... Ce dernier deviendra l'un de ses plus fidèles amis (avec Jacques Brel).
Isabelle Aubret était venu également à L'Escale en décembre 2006 pour fêter les 25 ans de la radio locale Triage FM.

Isabelle Aubret, entre légèreté et puissance, une voix au cœur de l'émotion
Tout en légèreté sur scène, une voix puissante - sûr et sans hésitation -, des textes sus par cœur, pas de set-liste, pas de bla-bla inutile, accompagnée par Jacky Delomme au piano électrique, Isabelle Aubret offre un récital emplie de passion, de douceur et de poésie. Elle interprète les chansons de Claude Lemesle, Jean Ferrat, Jacques Brel, Aragon... des êtres importants dans sa vie professionnelle, qui l'ont marqué tant par leurs engagements que par leur aura artistique. Deux heures de chansons sans entracte ! Un florilège de succès, repris en cœur par le public.

Son tour de chant ressemble à une ode à la vie mais aussi à la mort, une grande émotion passe... ("Je suis comédien", "La Quête", "Ma France", "Deux enfants aux soleil", "Des Cornouailles à l'Oural" et... "La Fanette" dont Jacques Brel lui céda les droits. Magnifique également sa version du "Petit bal perdu" (titre officiel "C'était bien" de Robert Niel/Gabrielle Vervaecke), chanson rendue célèbre par Bourvil.

Le rappel : "La Source" a capella ! Pour la petite histoire, c'est cette chanson, interprété par Isabelle Aubret qui donnera la 3e place à la France à l'Eurovision en 1968.

Isabelle Aubret, entre légèreté et puissance, une voix au cœur de l'émotion
La belle dame en noir, aux yeux d'un bleu profond et à l'éternel silhouette de jeune fille, a gardé sa voix (voie), celle des poètes ; et a offert un récital digne de celle qui appartient au club très fermé des grandes interprètes de la chanson française.

• Isabelle Aubret "L'Arche de Noël".
CD sorti le 2 novembre 2012.
Productions Gérard Meys. Distribution : Sony Music.

Concerts :
16 janvier 2013 : Espace Albert Camus, Bron (69).
20 janvier : Cathédrale Saint-Étienne, Toul (54).
24 janvier : Église Saint-Matthieu, Colmar (68).
25 janvier : Église Saint-Jacques, Lunéville (54).
26 janvier : Collégiale Notre-Dame-en-Vaux, Chalons-en-Champagne (51).

Gil Chauveau et Laurence Navarro
Mardi 15 Janvier 2013

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives | Avignon 2021 | Avignon 2022




Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Das weite Land" d'Arthur Schnitzler à Vienne… Purgatoire collectif et laboratoire des âmes

"Le vaste pays", dans le titre de la pièce d'Arthur Schnitzler, se réfère aux âmes humaines. Barbara Frey saisit cette métaphore à la plénitude dans sa nouvelle mise en scène à l'Akademietheater de Vienne. Une disposition parfaite pour une distribution de premier rang où figure, entre autres, Michael Maertens (Friedrich Hofreiter), Katharina Lorenz (Génia), Itay Tiran (le docteur Mauer), Bibiana Beglau (Aigner) et l'acteur vétéran Branko Samarovsksi (le banquier Natter).

© Matthias Horn.
"Das weite Land" d'Arthur Schnitzler, parut en 1911, a été rapidement apprécié à Paris. Tombé sous le charme de la pièce, le feuilletoniste Henry Bidou a consacré un article pour louer "le talent incisif et net de l'auteur" et encourager une adaptation française. Un projet d'adaptation suivit en 1912, avec le titre traduit "Le Pays mystérieux", qui ne connut malheureusement aucune suite. Qualifiée de tragi-comédie, la pièce présente un portrait d'une société viennoise de la première moitié du XXe siècle qui se trouve dans l'entre-deux entre l'héritage du tournant de siècle et des nouveaux codes socio-culturels émergeant de la modernité.

Le drame se déroule autour du couple Hofreiter, l'industriel Friedrich et sa femme Génia, dont le mariage s'est depuis longtemps refroidi et est marqué par des infidélités mutuelles. Friedrich est récemment sorti d'une liaison avec Adèle, la femme de son banquier Natter et on suspecte Génia d'être la cause du suicide soudain du célèbre pianiste russe Korsakov, fou amoureux d'elle. Après une confrontation, Friedrich décide à l'improviste de rejoindre son ami, le docteur Mauer, dans son voyage.

Vinda Miguna
30/11/2022