La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Cirque & Rue

Flip Fabrique… Humour et facétie au service d'acrobaties

"Transit", Espace Chapiteaux, La Villette, Paris

Pour le dernier spectacle du festival "Le Québec à la Villette", Flip Fabrique présente le monde du cirque au travers de ses coulisses et de numéros où l'acrobatie et le monde de l'aérien sont le socle fondateur d'une création mettant à l'honneur les artistes québécois.



© Cie Flip Fabrique.
© Cie Flip Fabrique.
L'année touche à sa fin et le cirque reste souvent lié, notamment à Paris, à cette période. Dans le cadre du festival "Le Québec à la Villette", la compagnie Flip Fabrique nous fait découvrir le monde circassien, toujours aussi magique même s'il a sacrément évolué. Le spectacle est très sobre dans son originalité. Autour d'acrobaties, de banquine, de sauts à la corde, de diabolos, de roue Cyr, la troupe déploie un jeu où les arrêts sont peu nombreux et où l'humour reste le compagnon de chaque numéro.

Le fond de scène est composé d'un assemblage de caissons (flight case). Autour du thème du voyage et de la vie d'une troupe, Flip Fabrique joue sur les fondamentaux du monde circassien. La compagnie fait montre d'un beau dynamisme tout en mettant en exergue ses interrogations. Lesquelles ? Celles qui concernent la vie d'un artiste de scène, avec les différents événements qui la ponctuent, ceux de tomber enceinte, d'avoir une famille ou de faire avec une vieillesse qui viendrait affaiblir le corps. C'est par le biais du comique que toutes ses questions sont posées, sans verser dans un sentimentalisme qui n'aurait pas sa raison d'être.

© Cie Flip Fabrique.
© Cie Flip Fabrique.
Le corps est l'outil de l'artiste circassien et il doit faire avec le média de l'air ou plus rarement celui de la terre. Faire avec son corps, jouer avec les éléments pour dessiner dans un espace de jeu des courbes, des figures où pesanteur et apesanteur semblent se lier pour s'échapper du sol et jouer avec l'aérien.

Les acrobaties déroulent tout un univers où les numéros, autour de sauts à la corde, de cerceaux, sont porteurs de facéties. Il s'agit de faire avec les éléments sans pour autant que ceux-ci puissent être considérés comme extérieurs aux interprètes.

La musique pop accompagne le spectacle avec entrain, rythme et tempo. Tout y est. Dynamisme, joie, facétie, le monde du cirque reste encore et toujours une valeur sûre et riche d'émotions, de plaisir.

"Transit"

© Emmanuel Burriel.
© Emmanuel Burriel.
Idée originale : Flip Fabrique.
Direction artistique : Bruno Gagnon.
Direction : Alexandre Fecteau.
Avec : Bruno Gagnon, Jérémie Arsenault, Hugo Ouellet Côté, Francis Julien, Christophe Hamel, Jade Dussault.
Scénographie : Ariane Sauvé.
Chorégraphie : Annie Saint-Pierre.
Costumes : Geneviève Tremblay.
Son : Antony Roy.
Lumières : Bruno Matte.
Compagnie Flip Fabrique.
Durée : 1 h 15.

Du 21 au 31 décembre 2017.
Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.
Espace Chapiteaux, Parc de La Villette, Paris 19e, 01 40 03 75 75
>> lavillette.com

Safidin Alouache
Jeudi 28 Décembre 2017

Théâtre | Avignon 2018 | Avignon 2017 | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives



Brèves & Com


Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


PUB


    Aucun événement à cette date.
Publicité



À découvrir

"Dévaste-moi"… Persuasion et précision artistique… Pour une nouvelle façon de percevoir un spectacle

"Dévaste-moi", Tournée 2018/2019

Airs célèbres d'opéra, chansons rock, romances populaires. Dans son dernier spectacle "Dévaste moi"*, Emmanuelle Laborit chante et danse, livre des confidences à son public, elle fait le show. Avec ses musicos, (ses boys), tout le tralala et ses effets, les surtitrages qui ponctuent avec humour le tour de chant.

Elle met en place avec le soutien de Johanny Bert (qui met en scène) une forme éclectique de théâtre-danse et de music-hall mêlés. Le spectacle est à bien des égards vertigineux.

C'est que, au cas présent, l'artiste ne peut parler ni entendre les sons. Les mots et le sens ne peuvent pas sortir de la bouche. Tout le spectacle est en langage des signes. Interprété, pas traduit. En chantsigne.

Ce qui donne quelque chose de déroutant d'étonnamment maîtrisé qui dépasse très largement la notion de mimodrame et oblige le spectateur qui fait parti des "entendants" à reconsidérer sa manière de percevoir un spectacle.

Car à l'inverse des repères traditionnels qui élaborent un espace scénique dans lequel le sens circule entre les deux bornes de l'indicible : celles de l'obscène et du sublime, la prestation d'Emmanuelle Laborit passe par le bout des doigts et se transmet à tout le corps sans tabous avec la seule force de la persuasion et de la précision artistique. C'est toute la personne qui exprime le poids des sensations, la raison des sentiments ainsi que les effets de style.

Jean Grapin
20/09/2018
Spectacle à la Une

Le retour en grâce des "Huguenots" à Paris

Le retour des "Huguenots" de Meyerbeer sur la scène de l'Opéra de Paris est un des événements marquants de la commémoration des 350 ans de la noble maison. En dépit de contrariétés dues à des défections de dernière minute, le spectacle tient son rang et fait sonner de nouveau (à juste titre) les trompettes de la notoriété d'un compositeur longtemps oublié.

Le retour en grâce des
Le grand opéra à la française - un genre à la charnière de deux styles, celui du Bel Canto et du Romantisme - a fait les délices du public de la Monarchie de Juillet et bien au delà. Les opéras de la période française de Giacomo Meyerbeer ont en effet été parmi les plus joués et acclamés au XIXe et au début du XXe siècle.

Ouvrant la voie aux triomphes des Verdi, Offenbach, Gounod et autres Wagner, l'œuvre du compositeur allemand a par la suite subi un effacement presque total des scènes - nonobstant quelques rares reprises dont celle des "Huguenots" à l'Opéra national du Rhin (1), il y a un peu plus de cinq ans. On peut s'interroger à l'infini sur les raisons d'une telle désaffection (coût des productions, difficultés à trouver les chanteurs compétents, entre autres), mais on peut être assuré d'une chose : le nouveau spectacle de l'Opéra de Paris redonne aujourd'hui ses lettres de noblesse à une œuvre qui n'est pas sans attraits.

D'abord l'opéra lui-même est une sorte de super production d'avant l'invention du cinéma avec ses quatre heures de musique dédiées à un sujet historique (La Nuit de la Saint-Barthélémy en août 1572), une intrigue implexe trahissant sans vergogne la grande Histoire, avec ses chœurs impressionnants et ses sept rôles principaux nécessitant de solides chanteurs - sans oublier les nombreux figurants et un ballet ornant des tableaux qui doivent impressionner ou charmer. Et les bonnes surprises ne manquent pas à la (re)découverte de ces "Huguenots", qui furent le deuxième triomphe parisien d'un compositeur qui régna de son vivant sur Paris sans partage (2).

Christine Ducq
08/10/2018
Sortie à la Une

Une forme de miroir contemporain avec ses diaboliques bobards… façon fake news

"Le Maître et Marguerite", Tournée 2018/2019

"Le Maître et Marguerite" de Mikhaïl Boulgakov, c'est Dostoïevski, Gogol et Tchekhov réunis. Un roman qui est un désir de théâtre. Désir qu'Igor Mendjinsky exauce avec talent dans l'adaptation qu'il propose.

Une forme de miroir contemporain avec ses diaboliques bobards… façon fake news
C'est une nuit de pleine lune, une nuit de plein été, et dans Moscou, certains, nombreux, rencontrent des chats qui parlent. Un homme meurt décapité par un tramway, une jeune femme meurt à l'autre bout de la ville. Un écrivain voit son œuvre raillée et censurée. Une jeune femme à la tête romanesque quitte son mari et son ennui à la recherche d'un maître. Un dramaturge qui a écrit une pièce sur Jésus et Ponce Pilate, témoin de tout cela, se trouve enfermé chez les fous. Une sorcière chevauche un balai.

Les récits se choquent, cahotent et s'amplifient jusqu'à l'absurde, jusqu'à l'inquiétude.

C'est que c'est le diable qui mène la danse, sème le désordre, installe une autre réalité, la Sienne, qui dissout toutes les autres. Le Surnaturel s'impose. Ce qui est des plus réjouissant.

Et dans cette nuit de pleine lune, l'ombre d'un pouvoir s'étend sur la ville. Comprenne qui pourra.

Jean Grapin
21/05/2018