Quantcast
La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Pitchouns

"Elle pas princesse, Lui pas héros" Un premier spectacle… Enfin ! Au Théâtre 14

Tant espérée, tant rêvée, la réouverture des théâtres et des salles de spectacles est encore soumise à une coloration fruitière, l'orange, qui impose d'attendre le 22 juin pour que les portes de nos antres cathartiques soient totalement ouvertes. Mais un théâtre parisien va sans doute être pionnier dans la capitale en offrant dès le 2 juin un spectacle jeune public pour 10 spectateurs… "Elle pas princesse, lui pas héros"… Et c'est au Théâtre 14 !



© DR/Théâtre 14.
© DR/Théâtre 14.
Respectant les règles strictes mises en place dans le cadre du déconfinement, cette (re)création du texte de Magali Mouget- mis en scène par Johanny Bert - a été répétée en suivant les recommandations de la DGCA et de la ville de Paris pour éviter toute propagation du virus : désinfection des outils partagés, masques et gel à disposition du personnel, des comédiens et des techniciens, gestion du flux de toutes personnes, distanciation physique, loges individualisées, etc.

Pour sa présentation au public au Théâtre 14 (trois représentations par jour), Johanny Bert a proposé d'inverser les attentes en plaçant dix spectateurs sur le plateau et les comédiens dans le gradin. Cette solution permet de conserver l'intimité de la proximité. Elle permet aussi d'observer les gestes barrières, tant côté artistes que côté public. Les chaises seront installées sur le plateau à un mètre minimum de distance. Le sens de la circulation dans le lieu a été lui aussi revu : l'entrée et la sortie se feront par le jardin où une billetterie extérieure sera installée. Les flux seront gérés de façon à ce qu'aucun contact d'au moins un mètre ne soit possible.

© DR/Théâtre 14.
© DR/Théâtre 14.
Le Théâtre 14 fournira gratuitement à chaque spectateur un masque "grand public" et du gel hydroalcoolique. La salle sera désinfectée chaque jour tout en bénéficiant d'une aération naturelle (arrêt du système de ventilation mécanique). Le Théâtre 14, par ses différentes actions - sanitaires et artistiques -, met tout en oeuvre pour remplir sa mission de service public.

L'histoire. Leïli et Nils sont dans la même classe. Elle aime les jeux d'aventure et rêve d'aller chasser des oiseaux dans le ciel. Sa mère l'habille pratique : pas de robes, pas de ballerines, mais tous les ans, elle a droit à de nouvelles chaussures de rando montantes. Nils, quant à lui, n'aime que les petites choses : les poussières petites, les miettes petites, les histoires petites. Son père se fait du souci pour lui : "il est maigre comme un bout de fil de fer, il est coiffé comme une petite fille".

À l'occasion d'un jeu de piste, leur rencontre va servir de révélateur. Leïli et Nils vont comprendre qu'ils se complètent parfaitement. Nils se découvre Tarzan et Leïli s'identifie à la princesse Pocahontas. Au point que nos deux enfants deviennent inséparables : "Leïli et moi, nous sommes tombés en amour. Tellement en amour l'un pour l'autre que nous ne nous sommes jamais séparés. Leïli. C'est bien la vie avec elle". Le texte donne la parole à deux enfants qui ne s'attachent pas aux représentations traditionnellement dévolues au petit garçon et la petite fille. Prenant à rebours son point de départ, l'histoire se conclut sur la remise en cause des représentations traditionnelles du héros et de la princesse.

"Elle pas princesse, lui pas héros"

Création jeune public.
Texte : Magali Mougel.
Mis en scène : Johanny Bert.
Avec (en alternance) les artistes associés au Théâtre 14 : Yuming Hey, Estelle N'tsendé, Olga Mouak, Mathieu Touzé.
À partir de 8 ans.

Du 2 juin au 28 juin 2020.
Du mardi au dimanche à 11 h, 14 h et 17 h.
Théâtre 14, Paris 14e, 01 45 45 49 77.
>> theatre14.fr

Gil Chauveau
Vendredi 29 Mai 2020

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives


Brèves & Com


Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






    Aucun événement à cette date.



À découvrir

Fred Pallem et Le Sacre du Tympan racontent les Fables de La Fontaine

Excellente idée que celle de Fred Pallem, musicien compositeur aux multiples talents et goûts musicaux, de revisiter avec quelques belles notes revigorantes "Les Fables de La Fontaine", quatorze plus précisément, qui sont racontées par une belle "brochette" d'artistes, des fidèles parmi les fidèles ou des - nouvellement ! - copains et copines.

Concert
En ces temps si particuliers, où nous sommes coincés - petits et grands - dans nos lieux de vie, notre disponibilité pour lire, écouter, songer, affabuler, s'évader sur des histoires anciennes ou nouvelles, est grande. C'est l'occasion aussi de redécouvrir nos classiques, mais en mode inédit, portés par des phrasés mélodiques et des conteurs aux personnalités affirmées et talentueuses.

S'il y a bien un compositeur à qui l'on ne peut pas reprocher de raconter des fables, c'est bien Fred Pallem. En plus de vingt ans de compositions et de concerts, jamais il ne se répète. Depuis son premier album avec sa formation "Le Sacre du Tympan" (en 2002) jusqu'à sa dernière "Odyssée" en 2018, en passant par ses passions cinématographiques - "Soundtrax" (2010), "Soul Cinéma" (2017) -, voire celles aux dessins animés de son enfance - Cartoons (2017) - et à des compositeurs comme François de Roubaix, jamais il n'a cessé d'innover, de créer.

Mais ce que l'on sait moins, c'est que Fred Pallem est également un amoureux des mots. On peut le constater avec les multiples collaborations qu'il a eues avec des chanteurs et chanteuses comme Lavilliers, Barbara Carlotti, MC Solaar, Clarika, etc. Mais aujourd'hui, avec ce nouvel album, les mots prennent le devant. "Tout d'abord, j'avais envie de composer de la musique autour d'une voix parlée ; m'imprégner du rythme des mots et de leurs sons, ressentir le tempo de la diction, puis écrire de la musique à partir de cela. Nous avons donc enregistré les voix en premier et les musiques ensuite."

Gil Chauveau
15/11/2020
Spectacle à la Une

"Rabudôru, poupée d'amour" Une expérience intime de théâtre filmé, diffusée en direct via le web

L'incidence de la mise en sommeil de tous les spectacles, en ce mol novembre 2020, n'est pas la seule raison de cette représentation destinée aux internautes à laquelle nous à conviée la Compagnie La Cité Théâtre. Dès la conception du spectacle, Olivier Lopez, auteur et metteur, envisageait une double vision du spectacle : une en contact direct avec le public de la salle, l'autre en streaming par captation en temps réel.

© Julien Hélie.
"Le "ciné live stream" est un autre regard sur l'histoire de "Rabudôru". Accessible en ligne, cette "dématérialisation" interroge l'expérience théâtrale, la place du(de la) comédien(ne), entre l'image et le plateau. (Olivier Lopez/Dossier de presse).

Le plateau de théâtre devient également plateau de cinéma, avec cadreurs, techniciens et cabine de réalisation intégrée. Le but est de rechercher d'autres rapports à la scène que cet éphémère "ici et maintenant" dont le spectacle vivant a toujours été fier et dépendant. C'est un ici au ailleurs que propose Olivier Lopez mais pas seulement.

Le filmage en direct apporte, dans certaines scènes, une proximité, une intimité avec les personnages sans le filtre de la déclamation théâtrale. Les expressions en plans rapprochés semblent plus fortes. Les cadrages permettent d'oublier un temps le reste du décor plateau et s'immerger plus profondément dans la scène, passer d'un lieu à un autre avec souplesse et précision.

Bruno Fougniès
16/11/2020
Sortie à la Une

"Zaï Zaï Zaï Zaï" Road movie déjanté… Tout ça pour un poireau !

Ne devoir son salut qu'à un légume à bulbe blanc et à longues feuilles vertes, brandi sous le nez d'un vigile expert en roulade arrière dissuasive, marque le point de bascule de ce jeune homme - peu recommandable, il est auteur de BD - venant de commettre l'impensable : ne pas avoir été en mesure de présenter sa carte de fidélité à la caissière ! Telle est l'origine de la folle cavale du "héros" échappé de l'album éponyme de Fabcaro pour être porté sur la scène par Angélique Orvain, réalisant là une prouesse propre à rendre lumineuse toute grisaille.

© Romain Dumazer.
Dans un dispositif immergeant le spectateur au cœur de l'action effrénée - pas moins de quatre podiums disposés en cercle, éclairés tour à tour, incluent le public dans des tableaux vivants -, l'épopée du fuyard décrété ennemi numéro 1 par la vox populi reprenant en chœur les voix des médias et des représentants de l'ordre va être vécue de manière haletante. L'occasion pour l'auteur et la metteure en scène, fins observateurs des travers contemporains, de croquer à pleines dents les errements hilarants des conduites dites "ordinaires".

En effet ces "arrêts sur images", joués superbement par huit acteurs tirant parti avec intelligence des ressorts du théâtre de tréteaux et des ralentis cinématographiques, passent au scanner les dérives de la pensée commune érigée en système de pensée. Aucun milieu n'y échappe. Pas moins les complotistes avachis devant leur téloche, les bobos contents d'eux-mêmes lisant Les Inrocks ou Le Monde Diplomatique, les artistes charitables réalisant un album de soutien à l'auteur de BD à la dérive, les forces de l'ordre au képi bas, et encore moins les journalistes des chaînes d'infos en continu commentant en boucle l'absence d'infos.

Éberlué par tant de perspicacité bienveillante mais non moins mordante, on jubile… Rien ne nous est épargné du grotesque qui sous-tend les comportements de la meute de ces (braves) gens commentant avidement la cavale du dangereux mécréant ayant bravé l'interdit suprême des fidèles du "Temple de la consumation". Et si le trait est grossi à l'envi, il déforme à peine la réalité des travers.

Yves Kafka
29/10/2020