Quantcast
La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Cirque & Rue

Afro Cirkus… Itinéraire d'enfants doués

"Afro Cirkus - Itinéraire d'un continent", Cabaret Sauvage, Paris

Jusqu'à fin février 2018, le festival "Villette en cirques" prend ses quartiers à la Grande Halle et ses alentours (Paris 19e) pour proposer des spectacles circassiens alliant théâtre, mime, magie, acrobatie et marionnette.



© Yann Mambert.
© Yann Mambert.
Après "Deadtown", que nous avions présenté la semaine dernière avec son théâtre de western-spaghetti, voici un spectacle venu du continent africain. Avec le Cirque Mandingue, originaire de Conakry en Guinée, il n'y a pas plus simple que monter un cirque sans faire tout un cirque.

C'est le tour de force que fait cette troupe habillée de leur talent auréolé d'un franc sourire. Ici ni tambour, ni trompette, ni éléphant, ni tigre, ni trapèze. Place aux percussions, aux claviers et à un maître de cérémonie qui ne ressemble en rien à un monsieur Loyal, dans son rôle de conteur et de DJ, avec autour de lui des danseurs, des acrobates et un contorsionniste.

Les mandingues sont un peuple de l'Afrique de l'Ouest, d'une population de dix à vingt millions d'habitants, connue sous différentes dénominations selon le lieu géographique de leur implantation, Bambaras (Mali), Dioulas (Côte d'Ivoire, Burkina Faso) et Malinkés (Guinée, Sénégal, Gambie).

© DR.
© DR.
Ce qui frappe dans cette troupe est la bonne humeur et leur plaisir de jouer. Percussions et acrobaties sont liées comme une branche à son arbre. Musique et contorsions sont entées sur le même tronc. D'ailleurs, le spectacle démarre avec l'homme baobab qui, à l'aide de ses compagnons, monte une cathédrale humaine sur ses épaules.

Un mât chinois est utilisé sur lequel les différents artistes montent, chacun à sa façon acrobatique, au sommet. Dans le monde circassien occidental, les accessoires et les animaux sont très importants et c'est autour d'eux que le numéro se crée. Tous ces à-côtés sont ainsi primordiaux. Ils sont la raison même des numéros, parfois à égalité avec les interprètes qui les font. L'humain, l'animal et les agrès forment une relation à trois où chacun d'eux est un élément indissociable et nécessaire.

Au Cirque Mandingue, le partage se fait entre l'artiste, la musique, la danse et le théâtre. Ce sont les membres qui font la troupe et rien d'autre. Chacun a sa propre identité artistique reliée aux autres. Ils se sont entraînés sur les plages de Conakry. C'est leur aire de jeu, de travail, de création.

Le spectacle est découpé en différentes scénettes avec, entre autres, l'homme baobab, l'homme élastique, qui est un véritable tour de force de contorsion d'Aboubacar Bangoura, et les danseurs Glassius et Fatou Sylla.

Ça danse et ça court. Il y a de la force et de la vie. C'est vif, gai et spontané. Cela finit par un "Bal'Mandingue" ouvert au public en compagnie des artistes. Et on en ressort le sourire aux lèvres.

"Afro Cirkus - Itinéraire d'un continent"

© DR.
© DR.
Cirque Mandingue.
Direction artistique : Meziane Azaiche.
Chef de troupe et direction chorégraphique : Yamoussa "Junior" Camara.
Avec : Aboubacar Bangoura (Bouba - contorsionniste), Philip Diallo (Zagré), Abdoulaye Sylla (Ablo), Mamadouba Koita (Koita), Mohamed Lamine Camara (l'homme Baobab), Mohamed Diare (Glassius), Aboubacar Camara (Dash), Mohamed Lamine Camara (Lamine).
Direction musicale : Orazio Trotta en collaboration avec Jalal Akalay.
Création décors et costumes : Annick Lebedyk.
Maître de cérémonie : David Chazam.
Danseuse : Fatou Sylla.
Durée estimée : 1 h 30.

Du 4 au 29 octobre 2017.
Du mercredi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.
La Villette, Cabaret Sauvage, Paris 19e, 01 40 03 75 75.
>> lavillette.com

Safidin Alouache
Mercredi 11 Octobre 2017


1.Posté par reghenas jacqueline le 11/10/2017 15:24
ça doit être super dommage qu'ils ne se déplacent pas en province !

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives


Brèves & Com


Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.




    Aucun événement à cette date.



À découvrir

"Ma B.O. en couleurs" Silvano Jo… J'ai la mémoire qui chante…

"Et si pour toi, là bas c'est l'paradis Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis C'est ici hum! C'est ici" Jean-Louis Aubert.
Le paradis c'est, un dimanche, rejoindre quelques amis.

© Laurence Guenoun.
Le paradis, c'est passer quelques instants, masqués, oui ! (Monsieur le président !) À échanger des mots avec quelques invités triés sur le volet. Non pas par prétention, mais par précaution puisque le virus circule et qu'il est, paraît-il, plus virulent, en petit comité.
Le paradis c'est, un dimanche pluvieux, se retrouver pour soutenir un artiste talentueux qui, l'espace d'un instant, transforme son loft en café-théâtre pour partager un spectacle bien vivant.

L'artiste s'appelle Sylvain mais son nom de scène est "Silvano". Et il nous offre, sur une heure, un show truffé de bons mots, de chansons d'aujourd'hui et d'avant, puis de costumes délirants.

Quel plaisir d'assister, presque clandestinement, au bonheur d'un comédien désireux de jouer, de se montrer, et de partager ; le tout accompagné par un musicien charmant et classieux.

Le paradis, pour lui, pour les deux, serait de se retrouver dans un théâtre. Vous savez, le théâtre, ce lieu où des individus de tous les horizons, le soir ou la matinée venus, se rejoignent pour entendre, écouter, savourer des textes d'auteurs, morts ou vivants ? Ces lieux dont on ne sait peu de choses en ce moment, excepté les grands… et encore… on se demande parfois qui ils intéressent vraiment ?

Isabelle Lauriou
05/02/2021
Spectacle à la Une

"Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins

L'ombre fantomatique du vieux Roi légendaire n'est pas prête à laisser en paix les générations qui se suivent, tant les interrogations posées par William Shakespeare sont d'une historicité atemporelle. Désirs de pouvoir et de sexe intimement reliés l'un à l'autre pour les rendre consanguins, trahison et fidélité à un moi idéal déposé en soi par les vœux des pères, guerres des sexes et guerres intestines ou intracommunautaires se recouvrant à l'envi, ce magma incandescent parle en nous comme une matière en fusion à jamais constitutive de l'humain.

© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.

Yves Kafka
15/01/2021
Sortie à la Une

J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

Rébecca Dereims, Comédienne
19/02/2021