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Cirque & Rue

31e Festival Transnational des Artistes de la Rue • Chalon dans la rue ou le Jardin des kids ! • Épisode 1

Chalon 2017

Au festival des arts de rue à Chalon-sur-Saône - et malgré la pluie ! - on sent dans les rues l’envie de profiter de chacune des pépites rencontrées. Il faut dire que la ville a fait fort puisqu’elle reçoit cette année pas moins de 156 compagnies et un millier de spectacles. Pour l’occasion, dans un esprit festif et très convivial, les festivaliers sont largement au rendez-vous. Voici notre revue de presse…



"La danse des sauvages" du Théâtre des Monstres © DR.
"La danse des sauvages" du Théâtre des Monstres © DR.
À commencer par le Jardin des Kids ! Pour la joie des plus petits comme celui des parents qui voient poindre, à chaque détour du parc, l’émerveillement sur la tête de leurs chérubins.

Dès l’arrivée dans ce grand parc revisité pour l’occasion, on est happé par le Théâtre des Monstres et leur grand bal déguisé. Des petits comme des grands sont conviés à porter des costumes totalement loufoques et à participer à une "danse des sauvages". Dans ce théâtre, l’idée est farfelue à souhait. On se croirait dans un univers à la Ibsen, peuplé de trolls et de rêves.

Plutôt que d’emmener son enfant dans le manège Oui-oui, bariolé de couleurs criardes, situé à l’entrée du parc, n’aurions-nous pas envie de redevenir petits et d’essayer le manège enchanté de la Cie la Volière aux pianos ?

Un piano perché à quatre mètres de haut, un manège composé d’instruments de musique sur lesquels les enfants peuvent s’asseoir pour tourner au rythme de ses valses. Cette installation prend un tour poétique et onirique auquel on se laisse facilement emporter. Il suffit de voir la longue attente des enfants devant ce magnifique Piano-manège.

"Le Piano-manège" par le Cie la Volière aux Pianos © Jean-Paul Villegas.
"Le Piano-manège" par le Cie la Volière aux Pianos © Jean-Paul Villegas.
Drôle, et non sans poésie, jetons également notre dévolu sur le "Cirque et Pique" et la Cie Mister Alambic. Bernard, dresseur de puces, nous présente à l’aide de son complice ce nouveau cirque pas comme les autres. Ils dressent et parlent avec beaucoup d’amour et d’humour de leurs protégées dont on s’interroge sur la prouesse.

Théâtre de l’illusion ou performance magique, ce spectacle très théâtral est joué et mis en scène par deux complices (Jonathan Giard et Stéphane Pelliccia) qui endossent leur personnage avec bonhomie et décalage, nous ramenant aussi à une autre époque.

Enfin, un autre coup de cœur avec le Kabaret de poche et son tout petit spectacle "Paname". Un minuscule chapiteau de quarante places accueille le public pour montrer son théâtre de miniatures. Ici, c’est Paris et le Moulin Rouge. Même un peu kitsch, on est séduit par ses maquettes en résine faits de bric et de broc.

Entre "Le Cirque et Pique" de la Cie Mister Alambic, le spectacle "Paname" par le Kabaret de Poche, le Théâtre des Monstres et leur "Danse des sauvages", et la Volière aux Pianos avec leur installation du piano-manège… il y a de quoi s’en mettre plein les mirettes, pour petits et grands.

"Chalon dans la rue" 31e édition

"Paname" par le Kabaret de Poche © DR.
"Paname" par le Kabaret de Poche © DR.
Du 19 au 23 juillet 2017.
L'Abattoir - Centre National des Arts de la Rue.
Accueil public, Parc Lapray, Chalon-sur-Saône (71).
>> Renseignements et réservations.
Réservations : 03 85 90 94 70.

Jardin des Kids :
"La danse des sauvages" du Théâtre des Monstres.
>> Renseignements.
>> Tournée "La Danse des Sauvages"

"Le piano-manège" de la Cie la Volière aux pianos.
>> Renseignements.
>> Site de la compagnie


"Cirque et Pique" par Mister Alambic © DR.
"Cirque et Pique" par Mister Alambic © DR.
"Le Cirque et Pique" de la Cie Mister Alambic.
>> Renseignements.
>> Site de la compagnie

"Paname" par le Kabaret de Poche.
>> Renseignements.
>> Tournée "Paname"

Dimanche 23 Juillet 2017

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Isabelle Lauriou
05/02/2021
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"Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins

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© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.

Yves Kafka
15/01/2021
Sortie à la Une

J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

Rébecca Dereims, Comédienne
19/02/2021