La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
La Revue du Spe La Revue du Spe

La Revue du Spectacle, le magazine de tous les arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle




Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Festivals

31e Festival Transnational des Artistes de la Rue • Chalon dans la rue ou la morsure des Toulousaines • Épisode 2

Chalon 2017

De 11 h à 1 h du matin, la Toulousaine de Cirque et de Rue était en émoi au milieu d’odeurs de cuisine qui sentaient bon la Méditerranée. Ce collectif recevait pour cette 31e édition de Chalon dans la rue pas moins de treize compagnies. Deux sortaient nettement du lot : Le Petit Théâtre d’Outre-Tombe et son spectacle "La Mort sûre" ; et la Cie Saseo avec son "Cabaret de poche". L’empreinte est nette. On en rit encore !



Le Petit Théâtre d’Outre-Tombe, "La Mort sûre"

"La Mort sûre" © DR.
"La Mort sûre" © DR.
Cette toute nouvelle compagnie d'Outre-tombe achève sa première création autour d'un premier texte signé Mathieu Vidard et Pierrick Stéphant. De Rilke à Nietzsche, en passant par Chateaubriand et Baudelaire, ils se sont plongés à corps perdu "dans la poésie vénéneuse des grands auteurs des siècles passés". Dans ce théâtre du Grand Guignol revisité, ces deux vampiro-clowns récitent des vers "lugubres" et mettent (littéralement) le feu à la scène. Ici, les trouvailles (macabres) mêlées d'illusions (ténébreuses) foisonnent, le (mauvais) ridicule et le rire (mortel) fusent !

Le personnage est fantasque et le spectateur plonge dans un folklore gore outrancier où le sang gicle à tout bout de champ au milieu des rires. Franchement… on en redemande ! Ce qu'on aime le plus ? Ce clown mort-vivant a tout de même réussi à trouver un soutien trouvé auprès de l'école de Prothésie dentaire de Toulouse… Il fallait y penser !

La Cie Saseo, "Cabaret de poche"

"Cabaret de poche" © DR.
"Cabaret de poche" © DR.
Quatre très drôles circassiens, absolument improbables, revisitent le cirque cabaret en version poche. Mais les prouesses circassiennes ne sont pas pour autant délaissées, au contraire, dans ce petit format (la piste fait deux mètres de diamètre), elles deviennent encore plus difficiles à réaliser… en plus de devenir savoureusement ridicules. Du fil au tissu aérien, en passant par des danses acrobatiques tribales, les numéros s'enchaînent ou se répètent sous l'œil amusé de ces jouisseurs de vie.

La mine mi-ahurie mi-amusée, ils nous laissent repartir avec un éclat dans la voix et le point d'exclamation un peu plus haut qu'à l'accoutumée. De cette "verve en fusion", c'est le rire (absolument gratuit et jouissif) qui surgit comme un "volcan en éruption". Le tour qu'on a le plus aimé ? Le passage où les humains deviennent des fauves à apprivoiser au milieu d'un dresseur qui perd la boule. Comme ils disent si bien, c'est "la douche glacée", c'est ce qui fait tache, "qui dépasse et qu'on ne veut plus cacher".

"Chalon dans la rue" 31e édition

"Cabaret de poche" © DR.
"Cabaret de poche" © DR.
Du 19 au 23 juillet 2017.
L'Abattoir - Centre National des Arts de la Rue.
Accueil public, Parc Lapray, Chalon-sur-Saône (71).
>> Renseignements et réservations.
Réservations : 03 85 90 94 70.
>> La Toulousaine de Cirque et de Rue à Chalon 2017

"La Mort sûre" par le Petit Théâtre d’Outre-Tombe.
Spectacle nocturne et fixe en rue.
À partir de 6 ans.
Texte : Mathieu Vidard et Pierrick Stéphant.
Avec : Mathieu Vidard.
Régisseur technique : Pierrick Stéphant.
Durée : 55 minutes.
Tél. : 06 17 52 08 04.

"Cabaret de poche" © DR.
"Cabaret de poche" © DR.
"Cabaret de poche" par la Cie Saseo.
Cirque frénétique et tout terrain.
Tout public.
De et par : Camille Fiorile, Léo Mounier, Florian Carrié, Olivier Rodier.
Durée : 1 h.
Tél. : 06 71 35 76 12.
>> saseo.org

Sheila Louinet
Jeudi 27 Juillet 2017

Nouveau commentaire :

Théâtre | Avignon 2017 | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


Partenariat


    Aucun événement à cette date.
Publicité



À découvrir

"Une chambre en Inde"… contre tous les intégrismes !

"Une chambre en Inde", Théâtre du Soleil, Paris

Reprise Ariane Mnouchkine traite de la place du théâtre dans un monde marqué par les guerres, le terrorisme et un populisme d'exclusion qui rend service à celui-ci. Et elle y répond avec humour et passion.

Cornélia (Hélène Cinque) fait partie d'une troupe dont le directeur, M. Lear, a été appréhendé par la police indienne après être monté, nu, sur la statue du Mahatma Gandhi et avoir crié "Artaud". Il avait "pété les plombs" suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Du personnage, de son nom et de son acte, tout est passé à travers le prisme du théâtre ainsi que ses coulisses et ses questionnements.

Cela se passe dans une chambre en Inde où se trouve Cornélia, souvent allongée. Difficile de démêler ce qui est en dehors, de ce qui est en dedans, de ce qui est de l'imagination ou de la réalité. Tout est imbriqué. Monde et événements s'y logent faisant de ce lieu une incarnation de l'esprit du personnage.

La pièce est une œuvre collective construite autour d'improvisations. Mnouchkine se demandait "comment aujourd'hui raconter le chaos d'un monde devenu incompréhensible ? Comment raconter ce chaos sans y prendre part, c'est-à-dire sans rajouter du chaos au chaos, de la tristesse à la tristesse, du chagrin au chagrin, du mal au mal ?".

Safidin Alouache
03/12/2017
Spectacle à la Une

Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara

Il n'est jamais aisé de s'approprier et d'interpréter des chansons créées, portées, sublimées par des artistes tels que Barbara. Mais là où beaucoup échouèrent, Lou Casa et son chanteur Marc Casa relèvent le défi avec brio et donne une lecture étonnante, poignante et incroyablement juste de six morceaux choisis de la Dame en noir.

Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara
Lou Casa, c'est deux frères, l'un au chant (Marc), l'autre au piano (Fred) et un bassiste (Julien Aeillon)… issus d'un collectif (à géométrie variable : 3 à 10 membres) qui travaillent sur des créations tant musicales (chansons, musiques improvisées) qu'expérimentales où peuvent s'associer danse, slam, poésie, vidéo, etc. Ici, après différentes productions, dont "Barbara, Quinze ans" en novembre 2012 qui initiera en 2014 le projet "Chansons de Barbara", ils décident de coucher six interprétations sur un CD intitulé "À ce jour" dont on espère que d'autres suivront.

Marc Casa donne une intonation particulière aux mots de Barbara (1), de Brel (2), de Françoise Lo (3) ou de Georges Bérard (4), portant avec élégance une certaine fêlure dans la voix qui amplifie l'émotion exprimée, la fragilité sous-tendue. En même temps, le grain légèrement rugueux donne la force et l'énergie au chant, imprimant la trame musicale soutenue par la basse toute en rythmique associée au piano percussif, notamment dans le sublime "Perlimpinpin" presque guerrier, revendicatif… Le clip est d'ailleurs très révélateur et significatif de l'interprétation choisie, exprimée par Lou Casa. Voix parlée chuchotée, prenant doucement de l'amplitude. Derrière le piano roule les notes en une rivière sautillante mi-tango mi-reggae, appuyant certains mots scandés par Marc Casa.

Gil Chauveau
04/12/2017
Sortie à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre de la Contrescarpe, Paris

Reprise Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016