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Mathieu Touzé et Édouard Chapot désignés pour prendre la direction du Théâtre 14  22/12/2018

© Lot.
Le duo constitué de Mathieu Touzé et Édouard Chapot a été désigné par le Conseil d’administration du Théâtre 14 et la Ville de Paris pour prendre la direction de l’établissement à l’automne prochain. Ce duo prend la suite d’Emmanuel Dechartre qui a dirigé le théâtre pendant près de trente ans. Le Théâtre 14 rouvrira ses portes en novembre 2019 à l’issue de travaux.

Christophe Girard, adjoint de la Maire de Paris pour la Culture, a annoncé jeudi la nomination de Mathieu Touzé et d’Édouard Chapot pour reprendre la direction du Théâtre 14. Le choix du jury, composé de Carine Petit, maire du 14e arrondissement, de représentants de l’association et de la Ville de Paris et présidé par Bruno Racine, s’est porté sur le projet solide proposé par ce duo.

Leur projet articule exigence artistique et promotion d’une nouvelle génération d’actrices et d’acteurs, garants d’un renouvellement et d’un rajeunissement des publics. Ouvert et novateur, il est également complété par la volonté de mettre en place un modèle économique soutenant l’émergence des jeunes compagnies, ainsi que des actions de transmission à différents niveaux : une université populaire, une radio, des performances hors les murs, etc.

La qualité des projets remis par les candidats dans le cadre de la procédure de recrutement lancée par l’association est aussi à relever, démontrant ainsi l’intérêt pour ce théâtre et l’implication de nombreuses personnalités motivées par la direction d’un lieu parisien.

"Je me réjouis de cette nomination. Mathieu Touzé et Edouard Chapot ont la créativité et l’audace qu’il faut pour le Théâtre 14, reconnu pour la modernité de sa programmation pluridisciplinaire. Leur projet s’inscrit à la fois dans l’héritage de la direction actuelle assurée par Emmanuel Dechartre tout en étant porteur d’une ambition singulière et forte au service d’une création curieuse et des publics variés, à l’image de la politique culturelle que nous impulsons à Paris", salue Christophe Girard, adjoint de la Maire de Paris pour la Culture.

L’association du Théâtre Paris 14 et la Ville de Paris souhaitent saluer chaleureusement l’engagement infaillible d’Emmanuel Dechartre qui a dirigé avec brio et un esprit libre cet établissement pendant près de trente ans, laissant à ses futurs successeurs un outil de diffusion et de création culturelle pleinement reconnu.

Communiqué de presse de la Ville de Paris du jeudi 20 décembre 2018.

Photo : "La Ronde" d'Arthur Schnitzler, actuellement à l'affiche du Théâtre 14 (jusqu'au 31 décembre), mise en scène Jean-Paul Tribout © Lot.
La Rédaction

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"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
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"Adieu Monsieur Haffmann"… Rire et émotions mêlés dans une pièce toute en délicatesse… comme une sonate des cœurs purs

Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

Le décor sobre de Caroline Mexme, tout en déclinaisons de gris, sert de fond à cette époque aux couleurs vert-de-gris. D'un côté la cave où se cache Joseph Haffmann, de l'autre l'appartement à l'étage où s'installent Pierre et sa femme, jeune couple en attente d'un enfant qui ne vient pas. Dehors, les persécutions contre les Juifs s'intensifient, dénonciations, expropriations, et puis la rafle du Vél d'Hiv…

C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
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"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018